Un Ruben étincelant pour lancer David

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02/02/2018 - Liège - Davis Cup 1st round World Group- Belgium vs Hungary - Ruben BEMELMANS vs Marton FUCSOVICS ©IMAGELLAN

2-0 pour la Belgique et les quarts de finale sont à un point d’une escouade belge qui est décidément pleine de ressources.

Il y a un an, jour pour jour, ou presque, l’équipe belge se rendait en Allemagne sans son leader incontesté, David Goffin. Malgré cette absence , les Belges se sont joués des frères Zverev grâce, entre autres, à un Steve Darcis époustouflant.

Un an plus tard, jour pour jour, ou presque, le leader est bel et bien là mais Steve Darcis, s’il est investi d’une nouvelle mission, ne peut pas monter sur le court.

Qu’importe: l’équipe belge est solidaire et ce sera donc au tour de Ruben Bemelmans de prendre ses responsabilités en simple.

Oui, en simple. Car, comme il le disait jeudi un rien agacé: « oui, je suis un joueur de simple, il faut arrêter de dire que je ne suis qu’un joueur de double. »

Ben oui, Ruben est un joueur de simple, il a d’ailleurs été Top 100 mondial, ce qui, dans le tennis masculin est tout bonnement prodigieux. Dois-je vous rappeler qu’en football, être Top 100 mondial vous ouvre les portes de l’une des dix équipes les plus prestigieuses?

Bref, Ruben est un joueur de simple mais le grand public attendait sans doute de lui de le démontrer en Coupe Davis.

Et Ruben, à vrai dire, n’attendait que cela. Depuis le début de la semaine, il m’a séduit par sa manière d’être. Lui, si réservé et toujours prêt à rendre service, s’est habillé d’une armure un peu plus solide. Tant sur le terrain qu’en conférence de presse, je sentais qu’il voulait en découdre. Qu’il était prêt à la bataille. Qu’il en avait assez que l’on dise de lui – à raison parfois – qu’il n’arrivait pas à conclure. Que son tennis était costaud mais que sa tête laissait parfois à désirer.

Alors, depuis lundi, Ruben se prépare. Il savait que son premier adversaire serait un joueur en confiance – Marton Fucsovics, huitième de finaliste à l’Australian Open – mais il savait aussi qu’ il était également en pleine confiance.

Il est donc monté sur le terrain, la raquette entre les dents, offensif, volontaire, guerrier.

4-1 pour lui. Puis 4-4, on a eu peur mais il s’en est bien sorti grâce à un très bon mental et un excellent service. 6-4.

Fucsvovics prendra logiquement le deuxième set et le troisième sera déterminant.

Tie-break alors que Ruben a eu des opportunités.

Peu importe, il est bien dans sa tête, sort un très bon jeu décisif et indécis, et plonge la tête du Hongrois sous l’eau.

On aurait pu croire qu’il allait desserrer l’étreinte mais l’occasion était trop belle. Bemelmans ne lâchera rien du tout.

Rien. Oh, bien entendu, il y a encore quelques déchets. Il est parfois encore un peu tendre sur des balles qu’il doit terminer sauvagement. Il a encore besoin évidemment, d’être coaché et surdynamisé.

Mais, hier, Ruben a joué un match d’homme. Un match de Top 100. Un match de joueur mature. Il avait une belle occasion de se rappeler au bon souvenir de tous (et même de ceux qui n’y croyaient pas) et, donc, il a battu le 63eme mondial lors d’un match de Coupe Davis. Une solide performance qui devrait (doit) lui donner pleine confiance.

Jeudi, j’avoue que j’étais quasi le seul journaliste à croire en les chances de Bemelmans. Mais j’avais vu tous ses entraînements et, une fois encore, j’avais découvert dans ses yeux une lueur nouvelle, celle de celui qui sait qu’il peut y arriver, de celui qui sait qu’il doit y arriver, de celui qui sait qu’il va y arriver.

C’est pour cela que, vendredi matin, j’écrivais qu’il pouvait le faire. Qu’il pouvait gagner ce simple si important pour lui.

Il l’a fait.

Il le mérite.

Il a été bon et costaud et cela me fait du bien de l’écrire. Bravo Ruben.

Et après?

Ben, après, le leader a fait le job, encore et toujours.

On me dira qu’il ne jouait que contre le 227eme mondial mais et alors? C’est la Coupe Davis, une seule chose compte: le résultat.

Le résultat? 6-4 6-4 6-0.

Pas un seul doute. Pas un seul moment d’inquiétude. Pas un seul moment de flottement. Certes, de temps en temps un sourire de contentement mais pas de déconcentration. Le travail d’un pro.

D’un ténor, d’un leader, d’un Top 10. 10 victoires en simple d’affilée en Coupe Davis. 10! Coric, Cilic, Monteiro, Seppi, Lorenzi, Millman, Kyrgios, Pouille, Tsonga et, donc, Balazs. Excusez du peu!!!

2-0 pour la Belgique.

La suite?

Ce sera, sauf blessure chez les Hongrois, Bemelmans et De Loore face à Fucsovics et Balazs. Les Belges partiront favoris même si les Hongrois sont assez solides dans la discipline.

Mais l’âme de ce premier tour est belge et je ne pense pas qu’elle va changer de camp.

Donc, que ce soit ce samedi ou ce dimanche, la Belgique se qualifiera pour les quarts de finale.

Sans doute face aux USA (et aux USA) qui mènent 2-0 face à la Serbie.

Ce qui voudrait dire que, en quatre ans, l’équipe nationale aura été deux fois en finale et une fois en quart de finale du championnat du monde.

J’ai beau chercher dans ma mémoire (et sur internet), je ne vois aucune autre équipe nationale belge tous sports confondus qui présente le même palmarès.

🙂

 

9 COMMENTS

  1. Salut Patrick, pas besoin de publier, mais juste corriger une petite erreur dans les résultats :
    1e tour: S. Diez (297) – K. Coppejans (275) 2-6 6-4 6-1

    => Le score est inversé, cela devrait être :
    1e tour: S. Diez (297) – K. Coppejans (275) 6-2 4-6 1-6

  2. juste pour le plaisir de pinailler, l’équipe nationale belge de cyclo-cross vient de remporter pour la 3x d’affilée le titre de champion du monde.

  3. Super contente pour Ruben et pour toute l’équipe… Patrick aura-t-il raison jusqu’au bout? Serons-nous à 3-0 ce soir… L’après-midi le dira. En tous cas, sauf cataclysme, nous serons en qaurt de finale et c’est juste incroyable ce que cette équipe réalise les dernières années. Le quart contre les USA, par contre, ce ne sera pas du gâteau… mais un match à la fois et Impossible is Nothing.

  4. Bonjour Patrick,

    De 1999 a 2002, la France présente un palmarès comparable, et même légèrement supérieur, à celui de l’équipe belge actuelle : finale en 1999, 1er tour en 2000, victoire en 2001 et finale en 2002.

    Laurent

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