Roland Garros terminé, cap sur le gazon et Wimbledon

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epa04834054 David Goffin of Belgium in action against Stan Wawrinka of Switzerland during their fourth round match for the Wimbledon Championships at the All England Lawn Tennis Club, in London, Britain, 06 July 2015. EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA EDITORIAL USE ONLY/NO COMMERCIAL SALES

Alors que le French résonne encore des coups gauches de Rafaël Nadal et des coups de fusils de Jelena Ostapenko, il est temps de, déjà, se tourner vers le gazon de Wimbledon.

Les « entry lists » du troisème Grand Chelem de l’année ont été publiées.

Cinq Belges sont directement admis dans les tableaux finals: David Goffin et Steve Darcis côté masculin, Elise Mertens, Yanina Wickmayer et Kirsten Flipkens côté féminin.

Pour les qualifs, il y aura 3 joueurs: Ruben Bemelmans, Joris De Loore et Kimmer Coppejans. Arthur De Greef était en ordre utile mais il ne s’est pas inscrit à Wimbledon car il veut rester sur terre pour garantir une entrée directe dans le tableau final de l’US Open. Il s’agit donc d’un choix stratégique.

Yannick Reuter est  pour sa part 7e entrant en qualifs et a donc une petite chance de rejoindre ses trois collègues.

Chez les dames, seules Maryna Zanevska et Alison Van Uytvanck seront dans les qualifs.

L’ensemble des entry lists sont consultables ici.

On notera aussi le fait que deux Belges ont été sacrés champions des Pays-Bas. Il s’agit de Maxime Authom et de Niels Desein qui sont champions des Pays-Bas avec le HLTC Leimonias qui a battu Egeria LTA par 3-3 et 8-7 au nombre de sets. Maxime a gagné son simple face à van der Duim, Niels a perdu le sien face à van der Meer. Ensemble, ils ont gagné le double.

1 COMMENT

  1. Petit retour sur la finale masculine de Roland…
    WARNING: ceci est une analyse subjective nourrie par dix-huit ans de frustration.

    Face à l’ennui mortel qui était le mien tout au long de cette finale, j’ai trouvé de quoi m’occuper, simplement en écoutant les commentateurs suisses romans. D’habitude très pointus et jamais en reste d’un bon mot – plus encore dans la défaite que dans la victoire – Marc Rosset et son comparse ont eu toutes les peines du monde à meubler cette exécution tennistique. Voici quelques phrases récurrentes que l’on a dû entendre sur toutes les chaînes du monde retransmettant ce match:
    « Quel coup droit incroyable!» … « Quelle puissance dans le coup droit! Ça va trop vite pour Wawrinka. » … « Regardez comme Nadal a transformé un coup de défense en coup d’attaque. Incroyable! » … « Encore une erreur de Stan, difficile de contrôler une balle qui tourne si vite. » Etc…
    Pour ces pauvres commentateurs, l’exécution n’était pas le problème, mais bien son absence totale d’intérêt sur le plan tennistique. La vérité, c’est qu’il n’y avait absolument rien à dire. Ils ont bien tenté de meubler en louant la précision de son revers à deux mains et les progrès réalisés au niveau de son jeu au filet, mais aucun amateur de tennis ne sera dupe sur ces points. Le premier n’est qu’un coup de défense destiné à temporiser avant de se remettre sur son coup droit, le deuxième n’intervient qu’après une tonne de frappes qui ont déjà repoussé l’adversaire trois mètres derrière sa ligne de fond.

    On en revient toujours aux mêmes fondamentaux pour décrire l’espagnol: coup droit lifté, condition physique, mental. Les deux derniers aspects sont bien sûr très louables, mais ils n’ont rien à voir avec le tennis. Tennistiquement, il ne nous reste donc plus que ce « banana forehand, » comme disent les anglophones, qui prend de plus en plus d’ampleur à mesure que baisse sa vitesse de déplacement (avec l’âge, c’est inéluctable), ce qui le force à se rapprocher de sa ligne de fond et à jouer « plus agressif » (je n’appellerais pas ça comme ça, ce n’est pas une recherche de coups gagnants mais plutôt l’optimisation d’un bombardement esthétiquement grossier).

    Mais qu’est-ce réellement que ce coup droit banane? La réponse à cette question contient toute ma frustration envers ce joueur: ce n’est qu’une caractéristique physique, certes exceptionnelle, mais encore une fois, sans le moindre intérêt tennistique. Pourquoi? Parce que ce bras gauche et cette épaule gauche sont uniques, on n’en retrouvera jamais de pareils dans les nouvelles générations. Ils n’inspireront jamais personne, et n’apporteront donc jamais rien au monde du tennis. À l’inverse, dois-je vraiment vous dresser la liste des schémas tactiques et des coups géniaux que Roger Federer a semés derrière lui au cours de sa carrière? Aucun de ces éléments ne nécessite un bras gauche monté comme un moteur de tondeuse, et chaque jeune qui débute aujourd’hui trouvera dans cette myriade de coups de quoi l’inspirer tout au long de sa carrière.

    Eh oui… Sur tous les plans, Nadal est un anti-Federer. Bien sûr, cette rivalité est superbe – Nadal dépasse Sampras, la course au titre de meilleur joueur de tous les temps peut, dans une certaine mesure, être considérée comme relancée – heureusement qu’ils existent et qu’ils se complètent. Mais paradoxalement, c’est sur terre battue, là où ce coup droit banane est le plus incisif, que la vacuité du jeu de Nadal fait le plus de mal au tennis. Laissez-moi vous raconter une anecdote: ma passion pour le tennis a commencé en 1999, lorsque mon grand père m’a invité à regarder la finale de Roland Garros avec lui, un dimanche après-midi comme les autres. Quel duel magnifique entre Medvedev et Agassi, quelle variété de tactiques proposées, et que de rebondissements! Aucune des 18 finales qui ont suivi ne m’a apporté le dixième du plaisir de celle de 1999. Vous connaissez déjà le principal responsable. Tant qu’il sera là, les gens qui n’ont pas la patience de regarder un match de grand chelem de bout en bout continueront à dire que son jeu est passionnant, et les commentateurs sportifs continueront à s’extasier devant du vide.

    Comme je le dis chaque année à cette période: vivement Wimbledon!

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