Réflexions post Melbourne et pré-Courtrai

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A quelques heures de la rencontre de Fed Cup Belgique – Kazakhstan et alors que David Goffin est en quart de finale à Montpelier, voici quelques réflexions très personnelles.

Novak Djokovic a donc remporté son dix-septième tournoi du Grand Chelem. Heureusement pour moi car mes pronostics étoilés étaient bien médiocres cette fois-ci, surtout en dames 😉 Plus sérieusement, j’ai été très surpris par des commentaires qui ont suivi cette 17e victoire, la 8e à Melbourne. Au lieu d’encenser le Serbe, comme ils l’auraient fait avec Federer ou Nadal, d’aucuns ont reproché l’attitude de Novak. Lequel, en fait, a simplement perdu le contrôle à une ou deux reprises, témoignant de la pression qui est sans cesse sur les épaules des grands champions.

Quand on a un trio comme le Big 3 (arrêtons de parler de Big 4), on ne regarde plus que les chiffres: 20 titres en Grand Chelem pour Roger, 19 pour Rafa et 17 pour Novak. Mais, derrière ces chiffres, il faut rappeler qu’il y a chaque fois 7 matches, en 3 sets gagnants. Que chaque adversaire doit être battu et que, même si cet adversaire est nettement moins bien classé, il est capable, dans un bon jour, de battre n’importe qui. Novak a eu peur, très peur, même, face à un formidable Dominic Thiem. Mais il a gagné. Je ne retiens personnellement que ce titre.

Roger Federer a réalisé un parcours dantesque. Sauvant deux matches que beaucoup d’autres auraient perdu. S’il a gagné, c’est pour deux raisons: son talent et son expérience, évidemment. Mais aussi parce que ses adversaires, quand ils sont proches de la victoire, n’y croient pas assez. Ils se posent cette question, comme faisaient souvent les rivales de Justine Henin « Mais enfin, non, je ne vais quand même pas battre cette légende? » Et le temps de se poser la question, ils voient la légende sauver des balles de match et finalement gagner la rencontre. Certes, Federer a eu un peu de réussite mais la réussite ne sourit qu’aux audacieux et aux talentueux.

Le tennis féminin, quoi qu’en disent certains esprit chagrin, est bien meilleur qu’il ne l’était il y a vingt ans. Mais, par contre, il se cherche encore et toujours une réelle ou plusieurs réelles dominatrices. Depuis quelques années, il n’y a plus une seule joueuse capable de se maintenir au sommet. L’exemple de la Japonaise Naomi Osaka est symptomatique. Alors qu’elle venait de gagner deux Grands Chelems et qu’elle semblait apte à dominer le tennis mondial, elle s’est séparée de son coach et a perdu le contrôle.

A croire que, aujourd’hui, la pression est trop forte pour les joueuses qui donnent l’impression de se saborder elles-mêmes. Mais que l’on ne s’y méprenne pas: ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de leaders que le niveau est mauvais. Loin de là!

David Goffin? J’ai été très étonné par les déclarations du joueur et de son coach après la défaite face à Rublev. En gros, ils disaient qu’ils étaient certes frustrés par cette défaite mais qu’ils étaient satisfaits car le niveau de tennis était là. Mwoui, c’est vrai, le niveau de tennis de David était élevé. Mais, moi, cela me frustre encore plus. Je m’explique.

Quand on perd un match parce que l’on a mal joué, il s’agit d’un jour sans, ou bien d ‘un jour moyen. Par contre, quand on perd un match alors que le niveau de tennis est là et élevé, c’est que ce n’est pas le tennis qui fait défaut. Je ne tire jamais de conclusions après un seul tournoi (c’est pour cela que je n’ai pas commenté outre mesure la victoire de David face à Nadal) mais je reste sur ma faim suite à l’Australian Open de David.

Oui, il jouait très bien. Et, quand il joue très bien, il doit être capable de battre un joueur comme Rublev, même si ce dernier est un excellent joueur. On verra ce jeudi comment David se comportera face à Pierre-Hugues Herbert qu’il retrouve en quart à Montpelier. A Melbourne, il menait aisément deux sets zéro avant de voir le Français le pousser au cinquième set. Une fois de plus, je pense que c’est la constance en intensité qui est la clé de la carrière de Goffin. Il a le tennis, il a le talent, il a la vélocité mais, encore trop régulièrement, il relâche la pression.

J’ajoute tout de suite que je parle de relâchement relatif dans certains matches puisque sa position de Top 10 démontre que, sur la longueur, il est bel et bien l’un des meilleurs joueurs du monde.

Un mot sur la Fed Cup. La Belgique sera favorite face au Kazakhstan mais méfiance tout de même car la différence de classements n’est pas énorme. Reste que je ne vois pas Elise Mertens perdre face à Diyas. Quant à Ysaline Bonaventure, elle est sur un double nuage. Un, elle a gagné la semaine dernière à Andrézieux, deux, elle a un formidable souvenir dans cette même salle de Courtrai où elle a battu Garbine Muguruza il y a un peu moins d’un an.

Kim Clijsters? Mon sentiment est double. Un, je pense que c’était un bon coup médiatique de lui demander de venir à Courtrai. Le match Belgique – Kazakhstan ne déclenche en effet pas un enthousiasme délirant dans les quotidiens. La présence de Kim ne pouvait donc qu’être bénéfique. Par contre, fatalement, la présence de l’ancienne numéro 1 mondiale ne pouvait que faire de l’ombre aux joueuses de l’équipe. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis particulièrement discret sur ce potentiel retour. J’estime que nous avons pour le moment des joueuses qui méritent que l’on parle d’elles plus que d’un deuxième éventuel come back de Kim.

Quand elle reviendra, si elle revient – car je reste dubitatif sur la capacité de son corps à résister aux entraînements, déjà qu’elle se blessait au plus fort de sa carrière – j’accorderai alors la place qu’elle méritera. Mais je ne pense pas qu’elle puisse revenir à un très haut niveau. Comme dit ci-dessus, ce n’est pas parce que le tennis féminin n’a pas de leader, qu’il est mauvais en profondeur.

Dire le contraire serait à la fois stupide et irrespectueux.

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