Niels Desein, individualiste par contrainte, pas par choix

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Wimbledon - 27/06/2005 WIMBLEDON TENNIS CHAMPIONSHIPS Desein Pict by Didier Mossiat

TENNIS - WIMBLEDON - BELGIUMA 26 ans -il en aura 27 en juin prochain – Niels Desein est actuellement le 4ème joueur belge en activité. Il est, aussi et sans doute, le plus méconnu du grand public et, même, des journalistes. Je lui ai donc téléphoné pour qu’il se dévoile quelque peu. L’entretien s’est fait en français qu’il manie nettement mieux que je ne le fais avec le flamand. Mon papa était pourtant Gantois, comme… Niels…

Bonjour Niels, quand avez-vous commencé à jouer au tennis et pour quelles raisons?

Niels Desein: je devais avoir trois ans. Mes parents étaient prof de tennis à Gand et c’est donc assez logiquement que j’ai commencé.

Ils jouaient bien?

Ma maman a été B-4,6, mon père, non, il n’a jamais été très bon, je pense (sourires dans la voix)

Vous avez rapidement été repéré par la VTV?

Oui, quand j’ai eu dix ans, ils m’ont repéré et j’ai été dans le giron VTV de mes 14-15 ans à mes 21 ans. Après, pour différentes raisons, j’ai dû aller dans d’autres structures et je m’entraîne pour le moment avec Danny Vandenbroucke, ce qui est assez facile puisqu’il a un club à Ostende où je réside désormais.

Vous avez obtenu votre meilleur classement en mars 2010, vous étiez alors 164ème mondial. Que s’est-il passé par la suite?

Je me suis blessé à l’épaule fin 2010, j’avais une inflammation des tendons. J’ai subi des infiltrations et j’ai commencé à perdre beaucoup de matches, ce qui m’a valu de redescendre au-delà de la 600ème position en novembre 2011. Heureusement, j’ai continué à y croire et, depuis début 2012, je remonte progressivement et me voilà à nouveau dans le Top 200 (199ème).

Dites-moi, comment faites-vous pour subvenir à vos besoins?

Je voyage quasiment toujours seul, ce qui réduit évidemment les frais. Ma famille m’a toujours beaucoup soutenu mais, là, je parviens à me gérer et à payer ce que les voyages me coûtent. Mais je ne mets évidemment pas d’argent de côté. Je suis donc obligé de tout faire tout tout seul.

Quand Johan Van Herck a dû remplacer au pied levé David Goffin pour la dernière rencontre de Coupe Davis, on a eu l’impression que vous n’étiez pas une option possible.

Il faut le lui demander.

Vous avez eu un contact avec lui?

Non, pas à cette occasion.

On me dit souvent que vous êtes assez individualiste, c’est vrai?

Il est vrai que mon caractère est plutôt individualiste mais c’est surtout le fait d’être obligé de voyager seul et de tout faire tout seul qui fait croire aux autres que je suis renfermé sur moi-même. De plus, le fait d’habiter à Ostende, soit assez loin des centres tennistique, a pour effet que je ne joue pas souvent avec les autres joueurs belges du top car me rendre par exemple à Bruxelles prend beaucoup de temps. Donc, les autres joueurs me connaissent assez peu.  Je suis plus mature aujourd’hui et je sais que ce n’est pas bon d’être tout seul, je ne demanderais donc pas mieux d’être plus introduit dans le milieu et d’être davantage connu par les autres joueurs

Vous aimeriez intégrer l’équipe de Coupe Davis?

Evidemment. Si on m’appelle, je dirais oui tout de suite. Encore une fois, je trouve dommage de ne pas avoir de contacts et j’aimerais réellement en avoir. D’ailleurs, quand Réginald Willems m’a appelé en 2010, pour l’Australie, j’y ai été (Niels était dans l’équipe avec Rochus, Bemelmans et Darcis mais n’a pas joué, la Belgique s’est imposée 2-3).

Que peut-on vous souhaiter pour l’an qui vient?

Pas de blessure et de continuer à monter au classement.

Quels sont vos objectifs 2014?

Je vais commencer par les qualifs de Sydney, puis celles de l’Australian Open.

Fini les 15.000 et les Futures?

Il est temps pour moi, en effet, de jouer des plus gros tournois. Je vais donc davantage jouer des challengers et des grosses qualifs. Mais, si cela ne va pas, je n’exclus pas de revenir dans les Futures pour reprendre confiance en moi. Mais, oui, 2014 sera l’année des tournois plus importants.

Vous avez le potentiel du Top 100?

Le potentiel, je pense l’avoir toujours eu. Tennistiquement, j’ai les qualités nécessaires.

Pourquoi ne pas l’avoir été, alors?

Disons qu’outre ma blessure à l’épaule, je n’ai pas toujours eu le mental suffisant. C’était sans doute mon point faible. Maintenant, je suis plus mature et  mon mental s’est amélioré. Je pense donc pouvoir terminer 2014 dans le Top 150. Après, on verra.

Quels sont vos points forts?

Avec mon mètre 91, mon service est une arme même si ma blessure m’a longtemps empêché de l’utiliser comme je le désirais. J’ai un assez bon coup droit et je n’ai pas réellement de points faibles sauf, peut-être, ma mobilité (du fait que je suis grand) et donc, mon mental, mais je répète que cela va mieux.

Vous vous donnez encore combien de temps sur le circuit?

Disons que tant que je progresse, je continue. Si je commence à régresser, je verrai. Mais je pense faire cela encore 2 ou 3 ans minimum, plus si mon classement et mon jeu progressent.

 

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