Monfils, sa bataille.

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epa06175703 David Goffin of Belgium reacts after defeating Guido Pella of Argentina on the fourth day of the US Open Tennis Championships at the USTA National Tennis Center in Flushing Meadows, New York, USA, 31 August 2017. The US Open runs through September 10. EPA-EFE/PETER FOLEY

Le match de ce samedi soir, si les deux joueurs sont au point physiquement, pourrait permettre à son vainqueur d’entamer la fin de saison gonflé à bloc. J’espère que ce sera David 😉

4h20.

4h20 d’une intensité incroyable.

Attention, je n’ai pas dit d’un niveau de tennis incroyable, j’ai dit d’une intensité incroyable.

D’un côté, Guido Pella, qui, comme nombre de terriens sud-américains ou espagnols, ne se pose pas de question.

Pella, quand il monte sur le terrain, il joue. Son jeu, du fond. Il court sur tout, il n’abdique jamais. Il ne se sublime que rarement car il a un type de jeu basé avant tout sur la cohérence, la régularité et la répétition des frappes.

Pella, il ne donne pas un quinze, il ne donne pas un jeu.

Il ne donne pas un set et encore moins un match.

Face à Pella et aux joueurs de son style, il faut aller gagner le point, le jeu, puis le set et enfin, le match.

C’est ce que l’on pourrait appeler un maître étalon qui vous permet de jauger votre tennis, votre physique, votre mental.

D’un autre côté, David Goffin.

Dont la confiance a été au moins aussi touchée que la cheville lors de la chute à Roland Garros.

Un Goffin non pas qui doute depuis son retour mais qui, je l’ai déjà dit, se montre impatient, ne comprenant pas pourquoi il n’enchaîne pas les points, les jeux, les sets (etc) avec la même régularité qu’avant Paris.

Rappelez-vous de sa première partie de saison incroyable et merveilleuse.

Depuis, il aimerait bien que son revers soit aussi précis et dévastateur, il aimerait bien retrouver la confiance qu’il avait enfin dans son coup droit.

Mais il faut être patient. Accepter le fait que Dame confiance se refuse à un joueur tant que ce dernier n’est pas prêt.

Et pour être prêt, il faut des matches intenses.

C’est pour cela que je disais avant hier que, oui, évidemment, Steve Darcis devait jouer contre… Pella. Car ce n’est qu’en compétition que l’on progresse mentalement.

J’en ai connu des joueurs jouant au niveau de série b négative à l’entraînement mais qui était incapable de battre un C30 en match. Il y a des milliers de potentiels meilleurs joueurs que le Top 20 partout dans le monde… A l’entraînement.

Parce que, à l’entraînement, on ose.

En match, seuls les meilleurs osent, tout le temps.

Oser, c’est quoi? Oser, c’est tenter de tirer le même passing sur une balle de match que lors de l’entraînement en club.

Oser, c’est décocher une deuxième balle sur la ligne de couloir quand on est dos au mur.

Oser, c’est aller chercher la victoire, sans avoir peur de perdre, ni de… gagner.

Face à Pella, David a tout connu.

Il n’aurait jamais dû perdre le premier set. Il l’a perdu.

Puis, il a fait appel au kiné. Si souvent que l’on craignait l’abandon.

Il a gagné au tie-break un deuxième set que l’on croyait perdu.

Puis, le combat a commencé. Apre, tendu. Le tennis s’est amélioré. Un troisième set perdu de justesse au tie-break et un quatriième d’un niveau d’intensité de très haute facture.

C’est Goffin qui l’a remporté.

Puis, il y a eu ce cinquième set. Que David a dominé. De la tête et des …

Non, juste de la tête. Il était frais mentalement, il avait envie.

Et, vous savez quoi, on l’a même vu sourire!

Sourire et s’enthousiasmer!

Et éructer son bonheur à la fin du match.

Comme un Rocky Balboa qu’il ne sera jamais.

Mais David, en sortant une fin de match inouïe d’audace, s’est fait plaisir. Il a relâché le poids qu’il traînait depuis des semaines.

C’était un moment d’une intense émotion et on a vu dans les yeux du Liégeois un soulagement. On a entendu un soupir de bonheur, on a vu un regard complice avec son banc, un cri de joie.

Que l’on a partagé.

Un gros match, un très gros match.

Mais la route est longue. Car Pella, si l’est un roc, n’est pas un joueur du Top.

Mais il fallait passer par Pella pour pouvoir, précisément, croiser les joueurs du Top dans de bonnes conditions.

Ce soir, ce sera contre Monfils. Si David et Gaël sont en ordre physique, ce sera une nouvelle grande bataille. Sur le terrain, mais aussi et surtout dans la tête des deux joueurs.

Qui savent qu’ils sont à un tournant. Un tournant de saison pour David, un tournant de carrière pour Gaël.

Donc, rien ne dit que Goffin va gagner. Rien en dit qu’il va perdre.

Mais une chose est certaine, il y a aura un avant pella et un après Pella. Comme il y a eu un avant et un après Nishikori 2015. C’est en effet à Madrid que David a repris confiance, même en ayant perdu le match face au Japonais.

Il y a, dans une carrière, des tournants. Qui ne se confirment pas forcément dans les heures qui suivent le match mais qui ont un réel impact sur un joueur.

Je ne sais pas ce que donnera le match de ce soir face à Gael Monfils mais je suis certain que David Goffin est désormais sur la bonne voie.

Ce match, ce sera Monfils mais sa bataille, à David.

PS: je ne suis pas certain de pouvoir faire un direct commenté, je vous tiens au courant.

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