Monami et Callens en bronze à Sydney (3)

0
1113
30/10/2005 - HASSELT - "GAZ DE FRANCE" Tournament- Dominique MONAMI - Els CALLENS - Ivo VAN AKEN - ©Ph. BUISSIN

Alors que Yanina Wickmayer et Kirsten Flipkens (repêchées) sont au deuxième tour du doubles dames, je vous propose le troisième et dernier volet consacré à la médaille de bronze décrochée par Els Callens et Dominique aux Jeux de Sydney.

 

“Reste calme!” Bart Van Roost supplie sa femme de rester calme.
Qui le regarde dans les yeux et lui lance: “mais je suis calme”.
En fait, personne n’est calme. Ni les joueuses, qui mènent 5·1 dans ce troisième set décisif, ni le staff belge.
Bart Van Roost, par exemple, a déjà vidé une boîte entière de bonbons à la menthe, sa seule drogue qui l’occupe pendant que Dominique joue.

Tout s’est d’ailleurs joué au stress. Ou, plus exactement, aux nerfs. Diantre, ce n’est que tous les quatre ans que l’on a la possibilité de jouer un match à quitte ou double. Car dans les tournois normaux, quand on perd, on prend des points et de l’argent. Aux Jeux, quand on perd en match de barrage, on ne monte pas sur le podium.

Cinq à un, donc, et les Belges reviennent de loin, de très loin.
Battues dans le premier set, elles sont encore menées 2·1 avec break dans le deuxième. La fougue (inconstante) de Barabanschikova et l’expérience (vieillissante) de Natasha Zvereva dominent pour l’heure la volonté de Van Roost et la difficile mise en route de Callens. Mais les Belges forment une véritable équipe.

A un-deux, elles commencent à se parler davantage. Et Callens se libère. Elle a besoin, l’Anversoise, d’être épaulée, d’être soutenue. La Verviétoise le sait et porte sa partenaire qui, petit à petit, entre complètement dans le match. Jusque-là, elle s’était montrée très efficace du fond de terrain mais pas au filet, sa spécialité. On sent, dans les tribunes, que, dès qu’elle retrouvera un jeu de filet plus performant, elle sera capable de faire changer de sens la vapeur.

Et, de fait, les Belges, soutenues par une grande partie de la délégation, remontent et gagnent le deuxième set.
Et mènent, on l’a dit, 5·1 dans la manche décisive, celle qui montre le chemin du podium.
30·0 puis 30·30.
“Reste calme!” “Je suis calme!”
Balle de match sur un let un rien chanceux.
Dominique Van Roost va servir. Non, elle se retourne, reprend son souffle.
“Cela fait plus d’un an que l’on pense à ce moment. Quand Els et moi avons décidé de former une équipe, c’était dans la seule idée de remporter une médaille olympique. Tout ce que nous avons fait depuis janvier, c’était avec cet objectif: monter sur le podium.”

Van Roost souffle et présente la balle. L’échange est long. Cette balle de match résume la partie, il faudra aller chercher le point, le dernier.

La balle tombe en dehors du terrain.
La Belgique gagne sa cinquième médaille; Van Roost et Callens glanent la première médaille tennistique de l’histoire des Belges aux Jeux.

“C’est un rêve qui se transforme en réalité, confirment les deux associées. Quand on est gosse et que l’on regarde une remise de médailles aux Jeux olympiques, on rêve un jour ou l’autre d’être à la place des champions. Et maintenant, c’est nous qui, demain (ce jeudi) allons monter sur le podium. C’est incroyable, c’est vraiment génial.”

“Avant le match, précise Van Roost, j’ai regardé la cérémonie du double messieurs. Quand j’ai vu Costa et Corretja monter sur la troisième manche, j’en ai eu les larmes aux yeux. Je me suis dit que, moi aussi, je voulais décrocher une médaille. Que moi aussi je voulais vivre ce moment fabuleux.”

Tout, dans cette médaille, est d’ailleurs question de volonté.
“C’est la preuve, explique Yvo Van Aken, coach principal de l’équipe de tennis aux J.O., que quand de véritables athlètes décident de réaliser quelque chose, ils peuvent y arriver. Ici, Els et Dominique, aidées par Bart Van Roost, ont construit une équipe et ont atteint leur objectif. Je suis très heureux pour elles et, aussi, très heureux pour le tennis. Car, dès qu’un excellent résultat survient, c’est l’ensemble du tennis belge qui est gagnant.”

Pour l’heure, cependant, c’est la joie de deux véritables professionnelles que l’on retiendra.
Deux professionnelles qui, habituées au luxe des hôtels des grands tournois, se sont concentrées sur un objectif où l’argent et les points n’avaient strictement rien à voir.

“Dans dix ou quinze ans, quand on aura des enfants, on pourra leur montrer notre médaille et ils comprendront de quoi il s’agit.”

 

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY