Miroir, mon beau miroir!

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Germany's Alexander Zverev (L) chats to Serbia's Novak Djokovic as they pose with their trophies after the men's singles final match on day eight of the ATP World Tour Finals tennis tournament at the O2 Arena in London on November 18, 2018. - Alexander Zverev shocked Novak Djokovic 6-4, 6-3 to win the ATP Finals on Sunday, denying the Serbian world number one a record-equalling sixth title in London. (Photo by Glyn KIRK / AFP)

Quel régal tactique que cette finale des ATP Finals!

Peu importe de qui est venu l’idée tactique (Ivan Lendl ou un autre membre du staff de l’Allemand) mais, dimanche, à Londres, Alexander Zverev a tissé une toile telle que l’on n’en voit plus beaucoup dans le tennis actuel.

Novak Djokovic, depuis quelques mois, a retrouvé de sa superbe et redevenu un métronome implacable qui, du fond, n’est quasi jamais dépassé et, pire, parvient à trouver des angles qui épuisent ses adversaires.

Contre ce type de joueur régulier, les gros frappeurs commettent souvent l’erreur d’essayer de passer en force. Cela fonctionne parfois mais, le plus souvent, ils se font surprendre tant leur rival est capable de lire le jeu et de profiter de la vitesse de l’envoi pour contrer de maîtresse manière.

Autre option souvent choisie – à tort -: ouvrir le terrain pensant que l’adversaire va s’épuiser. Mais, pourtant, plus on ouvre les angles, plus des joueurs comme Djokovic, parviennent à placer des envois millimétrés.

Dimanche, Alexander Zverev a décidé de ronger son frein et de ne pas y aller à l’unique puissance. Oh, je n’ai pas dit qu’il avait caressé la balle mais, plutôt que de chercher le point gagnant trop rapidement, il a fait jouer Novak Djokovic. Et, très souvent, alors qu’il aurait pu tenter le coup décisif, il a préféré aller sur le corps du Serbe.

Lequel, à plusieurs reprises, s’est senti frustré de ne pas devoir… courir et a même frappé plusieurs fois la balle avec le bord du cadre car il n’a pas pris le temps de se dégager de la balle venant droit sur son ventre.

En réalité, Zverev a joué en miroir. Il s’est senti suffisamment fort pour dire à Djokovic « aujourd’hui, ce n’est pas moi qui vais craquer et faire la faute le premier, mais toi ».

Evidemment, il faut une fameuse confiance en soi pour jouer de la sorte mais, fort de sa victoire en demi face à Roger Federer, l’Allemand savait qu’il était à deux sets de son premier méga-titre.

Pour les joueurs de moins bon niveau, les joueurs de club, il y a beaucoup à apprendre de la gestion de ce match. Souvent, quand vous jouez contre une … rembalette (je ne dis pas que Djoko est une rembalette, l’extrapole son jeu à celui des tournois de clubs), vous commettez l’erreur de vouloir faire le point trop vite et, donc, c’est vous qui commettez la faute. La prochaine fois, si vous êtes en jambes, faites comme Zverev: poussez votre rival à jouer, à ne pas courir. Jouez, comme Alexander, en miroir.

Vous m’en direz des nouvelles.

PS: je commencerai mes bilans de fin de saison la semaine prochaine. Il y a beaucoup à dire 😉

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