Mertens et Goffin dans une situation de repli

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epa06415032 David Goffin and Elise Mertens of Belgium in action during the mixed doubles match between Daria Gavrilova with Thanasi Kokkinakis of Australia and Elise Mertens of Belgium with David Goffin of Belgium on day 5 of the Hopman Cup tennis tournament at Perth Arena in Perth, Western Australia, Australia, 03 January 2018. EPA-EFE/TONY MCDONOUGH AUSTRALIA AND NEW ZEALAND OUT

Ce lundi, les deux meilleurs joueur/euse belges sont classés à la même place: la 21ème.

David Goffin a gagné une seule position alors qu’Elise Mertens, demi-finaliste de l’Australian Open 2018, en a perdu 7.

Cela étant, le classement, faut-il le rappeler, n’est pas le reflet exact du niveau actuel du joueur ou de la joueuse mais un lissage de ce même niveau sur les douze derniers mois.

A la Race, le classement qui ne tient compte que des résultats de 2019, David Goffin est seulement 63eme alors que Steve Darcis occupe une intéressante 51e position. A la Race féminine, Elise Mertens est quant à elle 33ème alors que Greet Minnen est tout bonnement 67eme.

Mais, il ne faut pas non plus trop tenir compte de ce classement car il ne court que depuis un mois. Goffin, par exemple, n’a joué que deux tournois alors que d’autres joueurs n’ont pas arrêté depuis le début de la saison.

Reste que les semaines à venir vont être réellement importantes pour nos deux leaders.

Pour David Goffin, tout d’abord, qui va devoir réagir après la fin de sa collaboration avec son coach Thierry Van Cleemput. Il y a deux options: va-t-il décider d’aller vers un coach le laissant dans sa relative zone de confort ou bien va-t-il au contraire en choisir un qui va le bousculer?

Je m’explique. Depuis plusieurs mois, David Goffin laisse entrevoir dans ses propos une certaine lassitude face aux obligations d’un joueur du top. Il a laissé entendre qu’il préférait être heureux en étant 20 ou 25 que de ne pas l’être en étant Top 10. A 28 ans, il pourrait tout à fait se « contenter » de cette position qui, il est vrai, est moins prenante médiatiquement qu’une position de vainqueur de Grand Chelem potentiel. Avant l’Australian, il a ainsi dit qu’il serait déjà content d’être au deuxième tour, ce qui est tout de même un peu surprenant dans le chef d’un finaliste de Masters.

Un des risques de se « contenter » d’une telle position, c’est que l’on peut rapidement perdre le statut de tête de série dans les grands tournois et, donc, tomber tout de suite sur des ténors quasi imbattables. Mais le vrai risque, c’est de ne plus parvenir à se motiver suffisamment. Un sentiment que le joueur ne perçoit pas toujours mais qui est visible sur le terrain lorsque, par exemple, il – comme David le fait souvent – ne va pas chercher de l’influx vers son banc.

L’option qui me ravirait serait que David prenne un coach qui soit capable de lui redonner l’envie d’être un peu plus extravesti. Pas comme un Kyrgios ou un Tsitsipas, mais tout de même un peu plus qu’il ne le fait aujourd’hui. J’aimerais, par exemple, le voir aussi expressif qu’il ne l’a été – à ma grande surprise – lors de la Rod Laver Cup ou quand il a gagné le double de Doha aux côtés de Pierre-Hugues Herbert.

Réponse dans les jours qui viennent…

Pour Elise Mertens, il s’agit d’une période un peu plus compliquée que depuis deux ans. Elle a en effet aligné des résultats plus que probants pendant de nombreux mois et, là, il y a une petite halte. Il s’agit d’une situation nouvelle qu’elle va devoir gérer. Elle a certainement les moyens d’y parvenir.

Toujours au niveau féminin, on notera le très bon début de saison d’Ysaline Bonaventure qui, après s’être qualifiée pour le premier tableau final de Grand Chelem de sa carrière, vient de se hisser dans le main draw de St Pétersbourg où elle a battu une Top 50.

Voilà qui est de bon augure pour la Fed Cup dont la sélection se fera ce mercredi.

Cette semaine, c »est la Coupe Davis qui occupera (un peu) les esprits.

Sans David Goffin, sans Steve Darcis et sans Ruben Bemelmans, la tâche sera compliquée mais pas tout à fait impossible. Les Brésiliens seront évidemment favoris mais, très franchement, Monteiro et Dutra Silva, s’ils sont mieux classés que les Belges, ne sont pas hors de portée de De Greef et Coppejans.

Le double semble plus compromis, Melo et Soares étant tous les deux Top 10.

J’y reviendrai samedi matin.

 

 

1 COMMENT

  1. Excellente analyse dans le chef de David. Je crois que le risque qu’il veuille se contenter d’une place de joueur bon mais hors top 10 est réel. Une carrière à la Gasquet, Monfils ou Simon. Toujours placés, jamais gagnants. Quelques titres en plus dans des ATP250, quelques coups d’éclat en GC et master 1000 et c’est tout. Ca resterait tout de même plus honorable et de loin le meilleur parcours pour un joueur belge. J’ai des doutes quant à sa réelle volonté de tout remettre à plat et de viser un retour au top. D’autant plus que la jeune génération ne l’a pas attendu. Ce n’est pas une critique car cette vie de joueur pro est usante et bien pesante. Qui sommes nous pour juger ? Comme dirait Henri leconte, si le gars veut rester 30 ième mondial, bien gagner sa vie jusqu’à la fin de sa carrière et se mettre à l’abri, il faut s’incliner. Mais même cet objectif requiert un gros investissement.

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