Marie Benoît: la « chipoteuse perfectionniste »

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07/01/2016 - Mons - Marie BENOIT ©Philippe Buissin / IMAGELLAN

La jeune joueuse francophone (elle aura 18 ans en mars prochain) a réussi deux belles performances au cours des dernières semaines. Née à Verviers, elle vit à Eupen. Je l’ai appelée hier histoire de mieux vous la faire connaître.

Vous êtes née à Verviers mais vivez à Eupen?

Marie Benoît: Oui, depuis que je suis petite, ma famille vit à Eupen. Nous parlons français à la maison mais je parle aussi l’Allemand.

Que font vos parents?

Mon papa est médecin et ma maman dentiste.

Pourquoi avoir commencé à jouer au tennis?

J’ai deux frères plus âgés qui jouaient au tennis, ils ont tous les deux été B négatif, et c’est donc assez naturellement que j’ai commencé à jouer également. J’ai touché à beaucoup de sports mais c’est le tennis que je préférais.

Vous avez des idoles?

J’ai toujours beaucoup aimé le jeu de Justine et la personnailité de Kim.

Quand êtes vous arrivée au Centre AFT de Mons?

Il y a cinq ans.

Cela a été difficile de quitter le giron familial?

Non, pas trop. En fait, je pense que c’est plus compliqué pour les parents… Bien sûr, j’étais contente de retrouver la famille le week-end mais on est très bien au Centre, c’est très chouette et il y a une bonne ambiance. C’est une petite famille aussi.

Vous n’avez que dix-sept ans mais vous avez déjà fini vos humanités?

Oui, j’étais un an à l’avance et j’ai terminé ma dernière en juin dernier.

J’ai l’impression que cela n’a pas été trop difficile?

Non, pas trop (sourire dans la voix)

Vous êtes plutôt du genre à vouloir terminer les études avec une belle moyenne, non?

Oui, je suis assez perfectionniste. Et j’ai assez bien terminé, en effet (Marie est modeste mais sa moyenne était plus proche de 90 que de 80)

Depuis juin, vous vous consacrez donc entièrement au tennis?

Oui, même si je suis quelques cours de médecine à l’unif à Mons. Surtout biologie et anatomie, en élève libre.

Mais vous voulez tout de même être joueuse pro?

Oui, bien sûr. Mais je verrai chaque année quelle est ma progression pour décider ce que je ferai ensuite. Mais oui, le tennis est mon objectif actuel.

Avec quel objectif à long terme?

Mon rêve? Le Top 100. Après, on verra.

Quel est votre type de jeu? Il est assez atypique, non?

Oui, je suis surtout une tacticienne et j’aime beaucoup varier les coups.

On me dit que vous êtes une chipoteuse, gauchère de surcroît?

Oui, on peut dire cela. Depuis que je joue, j’ai toujours aimé ennuyer mes adversaires en distillant des coups que l’on ne voit plus beaucoup sur le circuit. C’est sans doute pour cette raison que j’aime beaucoup le jeu de Justine qui savait elle aussi superbement « chipoter ».

Vous mesurez 1m68, la puissance n’est pas votre atout majeur?

Non, en effet et c’est sans doute aussi parce que je manque de puissance que j’ai développé mon jeu. Cela dit, depuis que je suis à l’AFT, j’ai beaucoup progressé physiquement et en vitesse.

C’est pour cela que vous avez enchaîné de très bons résultats au cours des deux dernières semaines?

Oui, nous avons énormément travaillé physiquement en octobre et novembre et cela a payé. Je me suis sentie plus costaude physiquement et, donc, j’avais davantage confiance en moi. J’ai aussi pu prendre mes chances quand elles se présentaient. Auparavant, j’ai perdu pas mal de matches en ayant raté les occasions qui se présentaient. Cette fois, je les ai prises. C’est dû au travail, que j’accomplis principalement avec Jean Adant, évidemment, mais aussi peut-être au fait que je ne dois plus étudier. Qu’il n’y a pas de pression supplémentaire que celle générée par le tennis.

Lundi, quand vos points du deuxième 10.000 dollars seront comptabilisés, vous devriez être 660ème mondiale…

Oui, ce classement devrait me permettre d’entrer dans le tableau final de quasi tous les 10.000 dollars.

Quel est votre programme?

Entraînement à Mons jusqu’à la mi-janvier, puis on va disputer des 10.000 soit en Turquie, soit en Allemagne. Mais je ne jouerai plus de tournois juniors, je me concentrerai uniquement sur le circuit pro.

Tiens, Marie, vous qui êtes née à Verviers, saviez-vous que Dominique Monami, Verviétoise, avait un papa médecin et qu’elle a terminé également ses humanités avant de se lancer dans la carrière professionnelle avec le succès que l’on sait?

Je savais qu’elle était de Verviers mais je ne savais pas qu’il y avait aussi ces deux points de similitude. Je connais évidemment son nom et sa carrière mais je suis née un peu trop tard pour la suivre. Mais, c’est amusant comme comparaison.

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