Le tennis, ce sport d’opportunité. Exemple avec Ruben Bemelmans

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epa06074079 Ruben Bemelmans of Belgium in action against Kevin Anderson of South Africa during their third round match for the Wimbledon Championships at the All England Lawn Tennis Club, in London, Britain, 07 July 2017. EPA/NIC BOTHMA EDITORIAL USE ONLY/NO COMMERCIAL SALES

La demi-finale de Ruben Bemelmans le démontre une fois de plus: non seulement le tennis est un sport d’opportunité mais sa densité est impressionnante.

Ce n’est ni la première fois, ni sans doute la dernière que je vous le dis: le tennis, quand on n’est pas l’un des dix meilleurs mondiaux, est un sport d’opportunités. La densité de ce sport est tel qu’il est indispensable de profiter le plus souvent des mini-ouvertures qui se présentent devant un joueur.

Par densité, je veux dire que les joueurs classés entre 20 et 250 sont, dans un bon jour, capables de battre quasi tout le monde. Que le niveau de jeu dans un gros Challenger est parfois identique à celui proposé aux premiers tours d’un ATP 250.

Le tout, évidemment, est de pouvoir aligner les matches de bon niveau pour pouvoir entrer directement dans les tableaux finals des ATP 250, ce qui n’est pas simple.

C’est dire l’importance des wild cards. Prenons l’exemple de Ruben Bemelmans.

Ruben, on le sait depuis longtemps, dispose d’un service performant et est capable de bonnes choses mais manque de constance. Sur un ou deux matches, il peut cependant se montrer dangereux.

Avant Anvers, il avait ainsi déjà battu deux Top 30 (Kohlschreiber et Sock) et pas moins de 6 autres Top 50.

Invité à Anvers, il a aligné trois très jolies victoires: Gojowczyk, Kyrgios et J. Sousa!

En se hissant en demi-finale, il a fait coup quadruple:

1. Il améliore son nouveau classement puisqu’il est 84e ce lundi.

2. Il a pu entrer directement dans le tableau final de l’ATP 500 de Bâle en tant que Special Exempt (il s’agit d’un joueur qui devait prendre part aux qualifs du tournoi qui suit celui où il atteint au moins les demis, une demi qui l’empêche physiquement de prendre part aux dites qualifs).

3. Il est en bonne position pour entrer directement dans le tableau final de l’Australian, même s’il a pas mal de points à défendre en novembre.

4. Il arrondit de belle manière son compte en banque de quasi 35.000 dollars si on prend Anvers et Bâle, ce qui, pour un joueur de son niveau, est loin d’être anodin.

Mais, surtout, à 29 ans, Ruben a une bien jolie opportunité de vivre quelques belles saisons. Pour peu qu’il traverse le mois de novembre sur le même niveau que celui qu’il a affiché à Anvers, il pourrait se garantir une présence dans les quatre Grand Chelem de 2018. Car, une fois que l’on est dans le tableau final d’un Grand Chelem, on peut évidemment espérer y passer un ou deux tours car, avec un peu de chance dans les tirages, un premier tour d’un Grand Chelem peut être moins compliqué à gérer qu’un premier tour en ATP 250 (vu le nombre de joueurs).

Bref, s’il poursuit sur sa lancée, Ruben pourrait avoir profité de merveilleuse manière de l’opportunité qui lui a été faite sous forme d’invitation.

Un peu comme quand Elise Mertens, en début d’année, avait profité d’un concours de circonstances dont je vous ai déjà beaucoup parlé.

A noter que, grâce à sa demi-finale à Luxembourg, Elise Mertens est aujourd’hui à son meilleur classement (35). Tout comme Ruben Bemelmans (84).

 

3 COMMENTS

  1. Très bon article comme d’habitude Patrick
    Mike1, je suis d’accord avec vous. Arthur aurait mérité une invitation pour le tableau final.
    Même si la Lotto Arena est une belle salle pour un ATP 250, le catering y est tout à fait deplorable et devrait s’améliorer. je trouve personnellement que le challenger de Mons était mieux organise, mais en un an, il y a eu un peu de progrès à Anvers, et le point noir reste le faible niveau d’assistance

    • Pour donner suite à mon interrogation, je tiens à préciser que j’ai regardé tous les MD en 2017. A part le tournoi de Dubai pour lequel j’ai un doute (joueur invité des EAU), aucun autre tournoi ATP 250 et ATP 500 n’a snobé ses joueurs domestiques.

  2. Je partage parfaitement cette vue. Saisir les opportunités est essentiel dans le sport de haut niveau, et le tennis n’échappe pas à la règle. Ruben s’est superbement bien relancé pour la fin de saison, alors que depuis l’été il était dans un gros creux. Par contre, petit coup de gueule aux organisateurs: pas une WC accordée à un joueur belge (Ruben était bien finalement dans le cut) dans le MD. Certes, inviter des joueurs prestigieux comme Tsonga et Kyrgios rehausse le tournoi, mais snober De Greef alors qu’il s’est dévoué en coupe davis … . Il ne doit pas y avoir beaucoup de tournois ATP 250 dans le monde qui n’octroient aucune WC en simple à des joueurs du pays. Passe encore si De Greef ou Coppejans n’avaient pas du tout le niveau, mais là ce sont de bons joueurs qui auraient certainement apprécié un petit coup de pousse.

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