La poisse, juste la poisse

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epa06005227 David Goffin of Belgium leaves the court injured after falling as he plays against Horacio Zeballos of Argentina during their men?s single 3nd round match during the French Open tennis tournament at Roland Garros in Paris, France, 02 June 2017. EPA/CAROLINE BLUMBERG

Comme tous les amateurs de tennis belge, je suis groggy. Mais il faut raison garder: ce n’est la faute de personne. Juste la poisse.

Je sais que, depuis des lustres, voire même des décennies, notre société évolue et voudrait, à chaque « accident », trouver un coupable. Quoi qu’il advienne, beaucoup ont tendance à rejeter la faute sur un manquement, une erreur, un  dysfonctionnement.

Lesquels existent évidemment à certains niveaux mais, comme disent certains, le risque zéro n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais.

Donc, oui, c’est vraiment pas de bol pour David mais c’est juste la faute à la poisse, à rien d’autre.

Je comprends évidemment que le staff de Goffin et son coach en particulier aient demandé à la direction de Roland Garros de faire la clarté sur la raison de la présence de la bâche sur le Suzanne Lenglen, mais Guy Forget a été très clair: « les bâches font partie du court, elles se trouvent à 9 mètres de la ligne de fond. »

Elles auraient été plus loin encore que David se serait peut-être fracassé sur une chaise d’un juge de ligne, sur le pot de fleur qui embellit le court, sur un photographe mal placé latéralement, sur un ramasseur de balle distrait, ….

C’est juste, je le répète, la faute à pas de chance!

C’est surtout, en fait, une démonstration du jusqu’au-boutisme extraordinaire du premier joueur belge. Qui, sans cesse, tente de ramener la balle de l’autre côté du filet.

Qui n’abdique jamais, qui en veut, qui se bat.

Hier, il voulait prendre ce point et, comme si souvent, il a proposé une défense digne des plus grands. Il a glissé et, d’ailleurs, a remis la balle au bon endroit.

Mais voilà, son pied n’a pas eu de chance.

Sa cheville n’a pas eu de chance.

Son corps n’a pas eu de chance.

David n’a pas eu de chance.

C’était horrible à voir, mais ce n’était pas la faute de Guy Forget.

C’est désespérant, mais ce n’est pas la faute de la bâche.

C’est juste comme cela.

On peut ergoter, en vouloir à la terre (battue) entière, mais c’est comme cela.

C’est pas de bol, c’est vraiment frustrant, décevant.

Mais, encore une fois, c’est la faute à personne, comme disent les enfants.

A personne.

Et David reviendra.

A 100%.

Et se battra encore, comme un damné.

Comme un champion.

Comme un homme qui tend vers l’excellence.

 

6 COMMENTS

  1. En effet, Patrick, ce n’est pas très productif même si cela peut être rentable parfois, de chercher à tout prix un responsable… Les accidents arrivent par des concours de circonstances.

    Maintenant, cela n’empêche pas de s’interroger, lorsqu’un accident se produit, et de voir s’il est possible ou non de prévenir davantage ce type d’accidents à l’avenir… Je veux croire que cette réflexion aura lieu du côté des organisateurs de tournois.

    Et je veux croire aussi que David et son équipe, de leur côté, vont se focaliser sur la guérison et la préparation de la suite de sa carrière.

    C’est ainsi que chacun peut avancer au mieux.

    • Je suis bien d’accord avec bous, Eva, je n’ai pas dit que l’on ne devait pas améliorer la situation si c’était possible mais que, même en l’améliorant, il y aura encore des accident.

      • Hé oui, on est souvent d’accord, c’est bien gai, tout en ayant le goût parfois de le mettre en mots personnels l’un et l’autre…

  2. Avec tour le respect que j’ai pour vous en général, cette fois je ne partage pas votre opinion, pour ne pas dire que je ne suis pas du tout d’accord.
    Pour moi c’est une honte ce qui s’est passé à David, et je comprends parfaitement que le coach et le staff ont demandé des explications.
    Ce n’est pas un secret que les infrastructures de Roland Garros n’ont presque pas changé depuis des décennies, en tout cas pas significativement, pendant que les autres organisateurs de chelem (Open d’Australie, Wimbledon et le US Open) ont investi considérablement et amélioré les leurs infrastructures pour le bien des joueurs et tout le monde concernés (spectateurs, journalistes, sponsors etc…).
    À Roland Garros on attend encore les changements d’infrastructures.
    Par contre, le jeu des pros sur terre battue n’attend pas ces changements.
    Il a évolué considérablement.
    Il suffit de comparer la longueur des échanges sur terre battue (en moyenne) aujourd’hui avec la longueur des échanges il y a 20 ans environ pour se rendre compte qu’on ne parle plus du même type de jeu.
    Il y a 3 raisons principales pour cette évolution à mon estime :
    1) Le matériel avec lequel les joueurs jouent aujourd’hui permet aux joueurs de générer beaucoup plus de « spin » qu’il y a 20 ans, et de tirer des angles plus aigus.
    2) Les balles de tennis ont changé aussi : ils sont fabriqués d’une autre type de matériel et ont moins de pression que dans le temps, ce qui implique que les rebondissements sont moins rapide, et que les défenseurs ont un petit peu plus de temps pour retourner.
    3) La résilience physique ( en anglais « stamina ») des joueurs est en moyenne meilleure qu’avant grâce à un meilleur suivi basé sur des progrès scientifiques dans ce domaine.
    Pour moi, l’espace disponible derrière la ligne de fond dans ce terrain était simplement insuffisante pour pouvoir retoruner cette balle pour un joueur d’une taille comparable à celle de David Goffin.

  3. Bonjour. Je suis d’accord qùl ne faille pas faire un scandale et que c’est à 90% dû à la malchance. Mais cette bâche,ce n’est pas comparable à une chaise un cameraman ou un juge de ligne. C,est hors du champs de vision du joueur et caché sous la terre battue et c’est plus un piège qu’un obstacle. Le staff a eu une réaction mesurée et je parie que l’année prochaine la bâche sera rangée autrement.

  4. Je ne pense pas que les assureurs de David seront de votre avis.
    Et, pour une fois, je serai d’accord avec eux !

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