Johan Van Herck: « Non, je ne regrette pas mes choix de la finale 2017! »

2
1486
Belgian captain Johan Van Herck waves during a doubles tennis game between US' Ryan Harrison and Jack Sock versus Belgians Sander Gille and Joran Vliegen, the third rubber of the quarterfinals of the Davis Cup World Group tennis between USA and Belgium, Saturday 07 April 2018, in Nashville, United States of America. The Davis Cup meeting is taking place from 6 to 8 April. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Il y a quasi un an que la Belgique jouait la finale de la Coupe Davis. Douze mois après, le capitaine ne regrette rien, sauf le score. Il affirme aussi que tous les joueurs et toutes les joueuses seront disponibles pour la Coupe Davis et la Fed Cup 2019!

Johan, il y a un an, quasi jour pour jour, l’équipe belge jouait la finale de la Coupe Davis face à la France, avec le résultat que l’on sait. Quel est votre sentiment, douze mois plus tard ?

Johan Van Herck : je ne vais pas vous mentir, cette défaite fait toujours aussi mal. Dimanche, j’ai regardé la finale des ATP Finals. Voir Alexander Zverev jouer cette finale m’a évidemment fait repenser à la fin de saison dernière. Avec un David Goffin qui avait vraiment atteint un niveau incroyable, tant à Londres qu’à Lille. C’était dingue de me dire, dimanche, que nous avions eu un joueur belge en finale des ATP Finals 2017 et que nous allions jouer une nouvelle finale de Coupe Davis. Alors oui, très franchement, si la fierté d’avoir été là est réelle, le souvenir est tout de même douloureux car nous sommes vraiment passés juste à côté.

Aucun regret ?

Non, non, je sais très bien que vous allez me parler du double et que vous allez me demander si j’ai fait le bon choix. Ma réponse est on ne peut plus claire : je ne changerais rien dans les choix que j’ai faits il y a douze mois. Si c’était à refaire, je le referais exactement de la même manière. J’ai aligné la meilleure équipe de double dont je disposais.

Mais vous reconnaissez que David était, à ce moment, l’un des trois meilleurs du monde ?

Oui, en simple, oui.

Depuis quelques mois, il jouait aussi plus souvent vers l’avant, et sa volée était devenue tout à fait correcte, non ?

Oui, c’est exact, je ne le nie pas. Mais j’étais dans l’équipe, je savais ce qui se passait et comment étaient les joueurs. Donc non, je ne changerais rien. J’assume totalement mes décisions et mes choix.

Vous dites cela parce que vous êtes encore capitaine et que, donc, vous ne voulez pas donner l’impression que vous pensez vous être trompé ?

Non, pas du tout, je dis cela parce que je le pense.

Dans 40 ans, vous direz exactement la même chose ?

Oui, sans le moindre doute. J’ai, je le répète, aligné la meilleur équipe de double dont je disposais.

Pas de regret non plus par rapport à la sélection de Steve Darcis ?

Non, pas le moindre. Il s’était entraîné sans aucun problème tout au long de la semaine et il n’y avait pas le moindre signe qui aurait pu nous faire croire que son bras ne tiendrait pas. Ni moi, ni le staff n’a perçu le moindre signe. Donc, non, aucun regret, sauf bien entendu le score. Mais, là non plus, je ne ferais pas autrement.

Reste que vous reconnaissez que la Belgique était très proche de la victoire, de sa première victoire. Rien à voir avec la finale de 2015 ?

Rien à voir en effet. En 2015, nous ne sommes pas passé à côté de la victoire, en 2017, oui. Vraiment très proche mais ce n’est la faute de personne, de personne. On a perdu contre une équipe qui a mieux géré les moments clé.

Vu la réforme de la Coupe Davis, pensez-vous que la Belgique ne sera plus jamais aussi proche du Saladier ?

Non, pourquoi dirais-je cela ? Personne ne sait quels joueurs disputeront le tour final en novembre, deux semaines après les ATP Finals. Donc, non, il n’y a pas de raison que la Belgique n’aie plus la possibilité de décrocher le titre.

Parmi les joueurs dont vous parlez, il y a aussi David Goffin.

Oui, en effet, mais le premier objectif de la Belgique, c’est tout d’abord de gagner le premier tour au Brésil, ce qui ne sera pas une mince affaire.

« Je pense que tous les joueurs seront disponibles »

Pour ce match, vous pourrez compter sur qui ?

J’ai le sentiment que tout le monde sera disponible.

Tout le monde, y compris les joueurs qui ont refusé leur sélection en 2018 ?

Oui, j’ai décidé de repartir d’une page blanche, tout le monde est sélectionnable. Même vous, Patrick, si du moins, vous me prouvez que vous êtes en grande forme (rires).

Cela ne risque pas Johan… Tout le monde, dont David Goffin ?

Oui, tout le monde dont David Goffin, j’ai le sentiment que tout le monde sera dispo.

Vous avez eu David au téléphone récemment ?

Oui il y a quelques jours. Il va bien, il m’a donné la sensation d’être très serein et très heureux de sa préparation foncière.

Quel est à votre avis le classement logique de David Goffin ?

Il a tout à fait sa place dans le Top 20, et même dans le Top 15. S’il rejoue comme à Londres et Lille en 2017, il peut retrouver le Top 10 mais vous avez vu le niveau des joueurs du Top 10 ! Il vaut sans aucun doute le Top 15.

Vous lui avez déjà parlé du Brésil?

Non, pas encore, je le laisse d’abord reprendre la compétition. Avant l’Australian Open, je discuterai avec tout le monde. Mais je répète que mon sentiment est que tout le monde sera dispo.

Des nouvelles de Steve Darcis ?

Tout ce qui me revient est que tout va bien pour lui, qu’il est super motivé et qu’il espère revenir à son meilleur niveau.

Parmi les jeunes, il y a votre poulain, Zizou Bergs, qui a atteint son meilleur classement ce lundi (389). Il est en retard par rapport à vos prévisions ?

Non, pas vraiment. Zizou n’a pas fait de grands résultats en juniors et il arrive sans doute un peu plus tard que d’autres joueurs mais il a de vraies armes.

Il y a d’autres jeunes à citer ?

Côté AFT, Bovy, Onclin, Herman jouent vraiment très bien, mais ce sont encore des juniors, il faut attendre car vous savez que le passage au circuit pro est compliqué, très compliqué. Côté Tennis Vlaanderen, Colson était très bien mais a dû s’éloigner des courts pendant un an suite à une opération au genou, mais là, il revient.

Vous parlez du passage au circuit pro. Il y a une réforme de l’ATP Tour et de l’ITF Tour qui risque d’avoir un fameux impact, non ?

Oui, mais ce n’est vraiment pas clair. Il est aujourd’hui impossible de savoir exactement ce que cela va donner. Il va falloir attendre quelques mois pour voir si les joueurs plus âgés vont devoir arrêter ou non. C’est vraiment impossible d’imaginer ce qui va se passer.

On en vient à la Fed Cup. Comme un certain Yannick Noah, vous allez donc être capitaine des deux équipes nationales. C’était un désir ou une obligation ?

Un désir, un vrai désir.

« En Fed Cup aussi, je veux repartir d’une feuille blanche »

Pour quelles raisons ?

J’ai vraiment envie de savoir si les méthodes que j’applique au niveau de l’équipe masculine fonctionneront au niveau de l’équipe féminine. Je suis curieux de voir si je parviendrai à créer la même synergie, la même ambiance, la même confiance, la même attention. J’ai lu et entendu beaucoup de choses mais je suis confiant.

Vous avez pris langue avec le staff précédent ?

Oui, j’ai discuté avec Laurence Courtois.

Pas avec l’ancienne capitaine ?

Non.

Vous ne discuterez pas avec Dominique Monami ?

Non. Comme pour les hommes, je veux partir d’une feuille blanche, donc, non, je ne discuterai pas de ce sujet avec Dominique. Je n’ai évidemment rien vis-à-vis d’elle mais je veux vraiment repartir de zéro.

Quel est votre expérience avec une ou des joueuses ?

J’ai coaché Kirsten Flipkens quand elle était la meilleure juniore mondiale. Et les meilleures joueuses flamandes sont souvent au Centre de Wilrijck. Je connais bien le fonctionnement des joueuses.

Comme pour la Coupe Davis, vous sentez que toutes les joueuses seront disponibles ?

Oui, sans aucun doute. En tous les cas, les cinq pré—sélectionnées – Elise Mertens, Kirsten Flipkens, Alison Van Uytvanck, Yanina Wickmayer et Ysaline Bonaventure – le sont et sont très motivées.

Cela vous amuse de retrouver la France pour votre premier match en tant que capitaine de Fed Cup ?

Oui, d’autant qu’il s’agira du premier match pour Julien Benneteau également.

Un pronostic ?

Ce sera un très beau match, c’est en tous les cas une très belle affiche. Je pense que ce sera une belle fête.

_______________

Les tickets pour la Fed Cup des 9 et 10 février au Country Hall de Liège sont en vente sur www.countrytickets.eu

2 COMMENTS

    • Non, certainement pas un manque d’intérêt, mais il y un an, la paire ‘était pas dans l’esprit de Johan.

LEAVE A REPLY