JO: le bronze de Monami et Callens en 2000 à Sydney (1)

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30/10/2005 - HASSELT - "GAZ DE FRANCE" Tournament- Dominique MONAMI - Els CALLENS - Ivo VAN AKEN - ©Ph. BUISSIN

David Goffin, 8e tête de série!, Kirsten Flipkens et Yanina Wickmayer commenceront ce samedi le tournoi olympique. Il y a seize ans, à Sydney, Dominique Monami (alors Van Roost) et Els Callens remportaient une médaille de bronze historique. Je vais vous proposer une série de trois articles d’ici samedi. Artiles publiés dans La Libre Belgique pour laquelle j’étais envoyé spécial à Sydney. On commence par un entretien réalisé avant le tournoi olympique.

(Septembre 20000, à Sydney)

Dominique Monami (ex-Van Roost) et Els Callens pensent de plus en plus à décrocher une médaille en double dames. Mais la première est aussi motivée pour le simple. Rencontre entre deux entraînements sur le site de Homebush qui accueillera les compétitions tennistiques.

Depuis le mois de janvier qui avait vu le tournoi WTA de Sydney se disputer pour la première fois à Homebush, la végétation a donné au centre tennistique quelques couleurs. Sur le numéro 5, en présence d’Yvo Van Aken et de Bart Van Roost, Els Callens et Dominique Van Roost s’entraînent ferme avec, dans la tête, des pensées en forme de médaille…

Quand vous avez joué votre demi-finale à l’US Open, vous avez parlé de la médaille olympique?
Els Callens: Oui, on s’est dit après le match que si cela avait été les Jeux, on aurait joué pour une médaille.
Dominique Van Roost: On s’est aussi dit, après la défaite, qu’on avait encore une chance de gagner la médaille de bronze. On l’aurait eue d’ailleurs puisque les Williams ont abandonné…
La forme n’est-elle pas arrivée trop tôt?
E.C.: Non, on a gagné le tournoi de Los Angeles et puis on a atteint la demi à l’US Open. Il n’y a pas de meilleure préparation.
Ici, vous faites partie des quatre meilleures paires?
D.V.R. : Les deux Williams sont, je pense, imbattables. Testud-Halard, c’est très fort aussi. Martinez-Sanchez sont à notre portée. Les autres équipes sont bonnes mais pas imbattables.
E.C.: Il ne faut pas sous-estimer les équipes mais c’est vrai que l’on fait partie des meilleures. Sur papier, du moins.
Une médaille, c’est le rêve?
E.C: C’est ce qu’il y a de plus beau à obtenir dans la carrière d’une sportive. Même en tennis.
D.V.R.: J’échangerais un quart de finale en Grand Chelem pour une médaille. Mais je pense que, pour un joueur de tennis, une finale dans un Grand Chelem, c’est plus important.
E.C: Mais les joueurs de tennis sont aussi des athlètes. Une médaille, c’est vraiment superbe, génial.
Si on peut dire qu’en simple, ce sera très difficile, en double, une porte est entrouverte.
D.V.R.: Oui, mais le simple commence tout de même à s’ouvrir. Avec les absences nombreuses, rien n’est impossible.
On pense beaucoup aux Jeux?
E.C.: Quand j’ai appris que j’étais sélectionnée, j’étais vraiment troublée, perturbée. Je trouve qu’il s’agit d’une très grande responsabilité. On ne joue pas pour nous-mêmes mais pour notre pays. C’est tout de même spécial, les Jeux. Pour moi, c’est vraiment très excitant. De plus, je vais jouer aussi le simple, ce qui est une bonne chose pour la préparation du double.
Il y a beaucoup de bonnes joueuses et de bons joueurs qui ont refusé de venir. Vous comprenez leur décision?
D.V.R.: Oui et non. Oui parce que le calendrier est terriblement chargé. Pour certaines joueuses, les Jeux n’ont aucune importance parce qu’il n’y a pas de points et pas d’argent. Mais, personnellement, je ne comprends pas comment on ne peut aimer les Jeux. Cela veut dire qu’à leurs yeux, les J.O. n’ont pas de valeur. De plus, cela est assez négatif pour l’image du tennis. Pour les spectateurs, ce n’est pas sympa. Non, c’est vrai, cela donne une mauvaise image et on risque que le tennis ne soit plus un sport olympique puisque les meilleurs joueurs ont l’air de penser qu’il ne doit pas faire partie du programme des Jeux.
E.C.: Ce devrait être un tournoi obligatoire et on devrait donner des amendes aux absents.
D.V.R.: Ne pas venir ici, c’est vraiment jouer au tennis pour l’argent. Ils vont donner l’impression que les tennismen ne sont que des machines à faire de l’argent.
Vous n’avez jamais pensé ne pas venir?
D.V.R.: Non, tout ce que j’ai demandé il y a plus d’un an, c’est que mon coach soit présent. Je voulais venir aux J.O. en étant dans les mêmes conditions que dans les autres tournois. Je voulais pouvoir être la mieux préparée possible pour disputer simple et double. De plus, Bart (NdlR:Van Roost) est très connaisseur en double.
Au début de l’année, vous aviez fait des Jeux un de vos objectifs. Vous pensiez alors au simple ou au double?
D.V.R.: Aux deux. C’est d’ailleurs en prévision des Jeux que nous avons décidé de jouer ensemble.
Vous allez jouer les deux tableaux à fond?
D.V.R.: Oui, si je joue bien, je peux aller loin en simple. Maintenant, en simple, la médaille, il va falloir aller la chercher. En quarts, je jouerai tout de même contre un gros morceau. Par contre, en double, je pense réellement que l’on a une bonne chance.
Le match le plus stressant, ce serait celui pour la médaille de bronze?
E.C.: Tout est stressant. Un tournoi comme ici, c’est vraiment hyper stressant.
D.V.R.: Moi, je ne trouve pas. Je suis contente d’être ici. Je n’ai rien à perdre. Tout ce que l’on peut faire c’est le maximum pour réussir quelque chose d’extraordinaire.

 

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