Jette toi à l’eau, Kimmer!

1
983

Non sélectionné en Coupe Davis dans SA ville, non invité au tournoi d’Anvers, Kimmer Coppejans est un jeune homme blessé. Qu’il sache que les blessures rendent plus fort. A condition bien entendu de les soigner.

Kimmer Coppejans est un jeune homme plus qu’attachant. Il est charmant. Réellement charmant. Qu’il soit dans une spirale positive ou négative, qu’il ait juste perdu ou juste gagné, qu’il ait réussi une perf ou enregistré une contre, qu’il soit de bonne ou de mauvaise humeur, toujours, lorsqu’il vous croise, il vient vers vous, vous salue, vous dit bonjour, vous demande comment vous allez. Il s’intéresse à vous.

Ce n’est pas un simple et convenu: « ca va? », non, il pose une vraie question car il veut savoir si vous, oui vous, même si vous ne jouez pas au tennis, allez bien.

J’ai la chance de connaître Kimmer depuis plusieurs années et, depuis quelques semaines, je suis triste.

Triste car qu’il vit est loin d’être facile. Il y a d’abord une saison en demi-teinte qui l’a vu descendre de la 127eme place (début d’année) à la 214eme en juillet dernier.

Heureusement, il a enrayé la chute et remonte progressivement au classement puisqu’il occupe aujourd’hui la 159e position.

Mais le plus difficile à gérer n’est pas là. Membre de l’équipe belge de Coupe Davis finaliste l’an dernier, Kimmer pensait à juste titre et malgré ses résultats moyens, être de la partie pour le match de barrage disputé à … Ostende, SA ville, celle où il a grandi et celle où il aime se reposer entre deux tournois.

Mais Johan Van Herck a pris une autre option puisqu’il a fait confiance à Joris De Loore et Ruben Bemelmans qui ont réussi la perf que vous savez en battant les Brésiliens lors du double incroyable de cette rencontre.

Le lendemain de la Coupe Davis, les responsables du tournoi d’Anvers délivraient leurs invitations. Steve Darcis en a reçu une ainsi que… Joris De Loore, moins bien classé que Kimmer mais qui a impressionné lors de ce match Belgique – Brésil.

Eu quelques jours, donc, Kimmer a dû vivre de loin une Coupe Davis qui se déroulait dans son jardin et a vu disparaître une superbe occasion de jouer un main draw d’un ATP 250. Il a dû aussi se rendre compte que les places pour les prochaines rencontres de Coupe Davis alalient être chères, très chères.

C’est évidemment très difficile à digérer quand on a 22 ans (il en aura 23 en février prochain).

Hier, lors de sa conférence de presse d’après défaite face à Daniel Brands, Kimmer a répondu avec sa gentillesse habituelle aux questions de quelques collègues. Lesquels ont été frappés, je l’ai vu, par la tristesse qui se dégageait de ce jeune homme perdu.

Une tristesse qui, cependant, lui a fait tenir des propos d’une maturité incroyable. Kimmer disant entre autres que la position de Johan Van Herck, capitaine de Coupe Davis, mais aussi coach de … Joris et Kimmer, devait être bien plus compliquée que la sienne (sic).

Et d’ajouter, aussi, qu’il avait recours au soutien d’un professionnel pour gérer son mental.

Cette conférence de presse intime m’a fortement émoussé car, je le répète, j’ai vu un jeune homme triste, voire désespéré. A tel point que le sjournalistes ont essayé de lui remonter le moral.

L’un d’entre eux lui a même rappelé à juste titre qu’il venait de réussir un joli come-back au classement. Mais si cette remarque exacte a généré un léger sourire sur le visage de Kimmer, cela ne l’as pas réellement égayé.

Aujourd’hui, en toute amitié, j’ai envie de dire à Kimmer Coppejans que, fatalement, la route va se dégager. Que la vie d’un sportif de haut niveau (oui, de haut niveau, en foot, le 159eme mondial joue dans l’un des dix plus grands clubs du monde) est faite de hauts et de bas. Que, forcément, surtout sur terre, il va retrouver des sensations qui lui permettront de se rapprocher ou d’entrer dans le Top 100 qu’il a déjà atteint puisqu’il a été 97eme.

J’ai aussi envie de lui dire qu’il peut, de temps en temps, comme l’a fait David Goffin à Tokyo, sortir de ses gonds. Que ce n’est pas très grave, de temps en temps, de ne pas être poli. Que l’on peut, que l’on doit, parfois péter un câble.

Que l’on peut, aussi, parfois, sortir de sa zone de confort et oser des choses inhabituelles.

Et cela, sur ou en dehors du terrain.

Je ne lui demande pas de devenir Kyrgios ou un autre sale gamin (même si j’aime bien les sales gamins, cela dit) mais parfois de prendre des chemins de traverse.

Comme il le faisait, j’en suis certain, lorsque, dans sa superbe ville d’Ostende où, au lieu d’aller se baigner où c’était autorisé, il devait parfois prendre un malin plaisir à prendre quelques risques. Mesurés, mais risques tout de même.

Kimmer, tu peux y arriver de nouveau.

Jette toi à l’eau.

Personne ne te laissera tomber.

Ni, bien entendu, te noyer.

fg_161002_ethias_013

1 COMMENT

LEAVE A REPLY