Interclubs: quelques trucs et astuces pour les réussir

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Hier, j’ai rejoué pour la première fois dehors depuis belle lurette. Sur mon terrain et le terrain d’à-côté, il n’y en avait que pour le vent, la terre lourde, les conditions. Cela m’a fait penser à ces trucs et astuces que j’ai déjà publiés plusieurs fois mais qui restent d’actualité. Je m’adresse ici aux joueurs classés entre non classé et C30 mais, même pour les autres, ils peuvent se révéler utiles.

1. Le service

La compétition génère un stress qui va vous faire commettre quelques fautes que vous ne comprendrez pas. Le plus dur, ce sera au niveau du service et de cette satanée deuxième balle de service.

C’est là que je vous arrête tout de suite. Vous jouez au niveau des non classés, 30,2, voire 30. Si oui, pourquoi faudrait-il que vous frappiez des deuxièmes services? Croyez-moi, concentrez-vous sur une bonne première, sans plus. Pas pour chercher l’ace. Mais pour simplement commencer l’échange relax.

Votre service n’est pas bon? Et alors? Ce qui compte, c’est de mettre de l’intention. Quel que soit votre niveau, au moment de servir, vous devez prendre quelques secondes, bien appuyer sur votre pied d’appui (gauche pour les droitiers, droit pour les autres) et décider vers quelle partie du carré du service vous allez mettre la balle. Je ne dis pas que vous y arriverez mais en mettant de l’intention dans votre service, vous aurez un pourcentage nettement supérieur que vous si vous n’en mettez pas.

Si, tout de même, vous ratez votre première balle, pas de soucis: frappez la deuxième avec une même intention mais en lui donnant un peu de vie. A savoir un peu d’effet. Comme si vous vous brossiez les cheveux d’arrière en avant, de bas en haut.

Essayez tout de même de vous entraîner une ou deux fois avant les matches? Placez un tube dans un coin du carré, puis dans un autre. Pas pour exploser le tube, mais pour le viser. Que la balle suive votre intention. Tout simplement.

2. Passer de l’indoor (et du dur) à l’outdoor (et à la terre). 

Si vous avez joué sur dur en hiver, il faudra vous refaire au tennis sur terre.

Après le rebond, la balle ne va pas venir toute seule dans votre raquette comme c’était le cas pendant l’hiver sur terre indoor ou sur dur. Ce qui veut dire que allez être surpris et que vous allez boiser régulièrement (oui, on dit encore boiser alors que les cadres ne sont plus en bois). Donc, allez plus à la balle qu’en hiver.

Le meilleur moyen, c’est de vous dire que vous allez monter au filet sur chaque frappe. Pas pour le faire, bien sûr, mais pour donner une impulsion vers l’avant. Cela vous permettra non seulement de compenser le fait que la balle ne vient pas vers vous mais cela vous donnera aussi plus de contrôle et d’assurance.

Sur terre lourde, le slice est mortel. Si vous avez un revers slicé, même mauvais, usez et abusez, vous serez surpris de son efficacité.

Evidemment, de temps en temps une petite amortie peut faire du bien. A votre niveau, pas besoin de la déposer juste derrière le filet (et prendre ainsi le risque de la rater) mais la jouer un mètre et demi derrière le filet est suffisant. Je ne dis pas que vous gagnerez tous les points mais vous allez casser le rythme et fatiguer votre adversaire.

3. La glissade

N’oubliez pas, si vous avez joué sur dur en hiver, que l’on peut glisser sur terre et que c’est même recommandé. Mais, sur terre très lourde, faites attention, elle n’est pas régulière et les glissades peuvent se terminer par une entorse.

Enfin, sur terre (lourde ou pas), dites vous toujours qu’il y a moyen d’attraper l’envoi adverse. Souvent, quand on est dépassé par son rival, c’est parce que l’on n’y a pas cru! Que l’on n’a pas cru pouvoir courir assez vite pour rattraper sa balle alors que, souvent, c’est tout à fait possible. Faites le test en entraînement et vous serez surpris.

4. Le vent

Quand il y a du vent, il y en a pour les deux joueurs (ah bon? ;-)C’est donc celui qui se montrera le plus intelligent (ce qui, en tennis, veut dire le plus calme) qui sera le moins gêné.
Trois types de vent : la bourrasque, le vent latéral, le vent de fond (ou de face selon le côté ou vous vous trouvez).

A. La bourrasque. C’est le plus compliqué car le vent change de direction tout le temps. Là, il faut être très patient et jouer le plus possible en évitant les lignes. Etre régulier dans ce type de conditions est déjà garant d’une bonne chance de victoire. En fonction du vent du moment, voir les conseils suivants.
B. Le vent latéral (qui, évidemment, est latéral de gauche à droite d’un côté du filet et latéral de droite à gauche de l’autre. C’est idiot mais il vaut mieux le rappeler)
Là, il faut être très prudent et ne pas jouer la ligne située du côté où le vent va. Jouez plutôt un mètre (ou plus en fonction de la force du vent) au milieu du terrain.

Ce qui marche très bien, c’est de monter au filet. Je m’explique. Le vent va de droite à gauche. Si vous montez au filet, montez vers le côté droit de votre adversaire (votre côté gauche). Vous suivez la balle au filet en allant légèrement vers le centre gauche pour obliger votre adversaire à tenter un passing shot le long de la ligne. Neuf fois sur dix, le vent poussera sa balle dans le couloir (bien fait). S’il essaye de passer en croisant, le vent ramènera la balle vers vous, dans votre raquette (re bien fait). Il lui reste alors le lob que je vous conseille de laisser retomber.
Oui mais, me direz-vous, et si c’est mon adversaire qui monte ? Allez, je vous donne le truc : jouez le passing sur lui, sur le corps. Vous verrez que cela fonctionne super bien !

C. Le vent de fond (ou de face)

S’il est dans votre dos, ne frappez pas trop fort. L’idéal est de lifter la balle car vous annulez alors en partie l’effet du vent. Mais tout le monde ne sait pas lifter. Le mieux est de jouer milieu de terrain afin de voir la balle être finalement très longue. On peut monter au filet mais je préfère monter quand le vent est de face (voir plus loin). Si vous montez tout de même, faites-le au milieu du terrain afin de ne pas ouvrir d’angles. Votre adversaire sera dès lors obligé de tenter un lob. Or, face au vent, ce lob va revenir tout près du filet et, hop, vous n’aurez plus qu’à conclure (n’hésitez pas à attendre le rebond).

S’il est de face, n’hésitez pas à monter. Car, d’une part, vos balles vont être très courtes et cela énervera votre adversaire. D’autre part, il va tenter de vous passer en force et ses passings sortiront car poussés par le vent.

Toujours en cas de vent, je vous propose quelques trucs pour le service.

Si vous savez un peu slicer, n’hésitez pas à slicer votre service quand le vent va de droite à gauche et que vous servez de droite  gauche.

Si le vent est dans le dos, mettez un peu de lift si vous savez. Sinon, lancez votre balle un peu plus haut que d’habitude et un peu derrière vous (puisque le vent va la ramener) et claquez une grosse première, c’est amusant et va déstabiliser votre adversaire. Mais ne le faites pas trop souvent.

Face au vent, servez également avec beaucoup de slice, cela va clairement énerver votre adversaire.

Mais n’oubliez pas: le plus important, c’est de RESTER PLUS CALME que votre adversaire.

5. Le soleil

Le soleil n’est réellement gênant que sur deux coups : le service et le smash. Pour le service, il suffit bien souvent de lancer la balle un peu moins haut mais, surtout, un peu plus latérale. Sur le smash, il vaut mieux laisser retomber la balle afin d’éviter le soleil. S’il y a du soleil de face et que vous gagnez le toss (quand on tire au sort le joueur qui a le choix du service), refusez le service mais choisissez le côté. Si vous êtes sympa, prenez évidemment le côté avec le soleil de face afin que les serveurs (y compris votre adversaire) soient épargnés le plus longtemps possible. Si vous n’êtes pas sympa, choisissez le côté avec le soleil dans votre dos comme cela votre adversaire servira directement avec le soleil dans les yeux. Mais attention, le jeu d’après, c’est pour vous !

Parfois, avec le soleil, il y a des zones d’ombres sur le terrain et on perd de temps en temps la balle de vue. C’est très irritant et il est impossible de faire disparaître ces zones. Vous devez donc vous concentrer encore plus et fixer la balle.

Sinon, n’oubliez jamais votre casquette. Un coup de chaleur est plus vite arrivé que vous ne le pensez. Je sais que, parfois, la penne de la casquette peut gêner le serveur mais il suffit de la retourner. Mais alors, certains sont gênés parce que la penne touche le dos au moment de la frappe. Moi, pour éviter cela, je coupe la penne ou je joue avec un bob. Ce n’est pas toujours classe mais ce qui compte, sur un terrain, c’est l’efficacité. :-)

N’oubliez pas, aussi, de boire à CHAQUE changement de côté. Pas beaucoup mais un peu. Chaque fois car une fois que vous aurez soif, ce sera trop tard. Sur un terrain, on doit boire mais sans avoir soif.

6. Point par point

Mon papa, qui ne savait pas très bien jouer au tennis mais était observateur, ne me donnait jamais qu’un seul conseil: jouer point par point. Ce qui veut dire qu’il ne sert à rien de se morfondre sur le point que l’on vient de perdre stupidement ni, déjà, de songer au point suivant qui sera peut-être une balle de set ou de match. Essayez, aussi, de ne pas tenir compte du score.

7. Coaching

Petit conseil aux coaches de fortune qui seront sans doute du même niveau que les autres joueurs. Il est inutile de demander à un joueur de faire des choses qu’il est incapable de faire. Ne demandez pas à un joueur de fond qui n’a jamais réussi une volée de sa vie (mon frère par exemple ;-) de monter au filet. Non, votre rôle, c’est avant tout de le motiver, d’essayer de le sortir de ses mauvaises passes. A votre niveau, le plus payant est d’essayer de faire sourire ou rire votre joueur aux changements de côté. S’il est dans une mauvaise passe, le faire rire lui permettra de penser à autre chose. Et, souvent, aussi, dites-lui de prendre son temps! Quand on est stressé, on sort de sa routine et on fait tout de manière plus ramassée, plus nerveuse. Le coach est donc là pour calmer le joueur et aller lui chercher de l’eau.

Allez: bons interclubs à tous!!!!!!!!!! Profitez-en, quand c’est fini, on se dit que cela a été trop vite!

2 COMMENTS

  1. Salut Patrick,

    Merci pour tous ces conseils, bien utiles, même pour les « mieux classés ». Et surtout merci pour la qualité de tes articles et analyses, au niveau technique, émotionnel et littéraire ;-).

    Ce samedi 23 avril 2016, j’ai eu le plaisir de « t’affronter » en live, à Chapelle. Sportivité et sympathie sont les mots qui me viennent spontanément.

    A bientôt, avec plaisir…

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