Il serre le poing, il se harangue, il exulte.

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Belgian David Goffin (ATP23) celebrates during a tennis match against Russian Daniil Medvedev (ATP13) in the men's singles third round at the 2019 Wimbledon grand slam tennis tournament at the All England Tennis Club, in south-west London, Britain, Friday 05 July 2019. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Il serre le poing. Il se harangue. Il crie. Il exulte.

Oui, je vous parle de David Goffin.

Un vrai lion, hier, face à un Daniil Medvedev qui a pourtant plusieurs fois eu l’impression d’avoir fait le plus dur.

En prenant le premier set, par exemple, qui, à mes yeux, aurait pu être crucial.

Il crie, il se harangue, il serre le poing. Et David gagne le deuxième set.

En prenant le troisième set, aussi, qui lui ouvrait la voie vers le succès.

Mais David, une fois encore, serre le poing, se bat. Crie, se harangue.

Et gagne le quatrième set.

En menant, aussi et surtout, 4-1 dans la dernière manche. Là, vraiment, on ne pensait pas qu’il était encore possible de revenir sur Medvedev.

Mais, voilà, David tient. Serre le poing. David se harangue. Il crie. Medvedev vacille, en veut un peu à l’arbitre (sans doute à raison). Et la réussite commence à lui tourner le dos.

La chance, d’ailleurs, sourit toujours, TOUJOURS, à celui qui reste positif.

Alors, elle a choisi le camp du Belge. Un Belge que Dame chance ne reconnait sans doute pas, tant il offre le spectacle d’un joueur conquérant, volontaire, pugnace.

Attention, je ne suis pas de ceux qui disent que David doit toujours être comme cela. Non, David doit juste apprendre, c’est ce que j’écris régulièrement, à oser de temps en temps sortir de ses gongs.

Tout en conservant son calme qui lui permet de distiller ses trajectoires tendues. C’est compliqué, de rester sur la frontière entre la rage de vaincre et la sérénité nécessaire. Hier, David a réussi l’exploit de ne jamais ni sur-jouer, ni sous-jouer.

4-1 donc.

Et Medvedev vacille. Diantre, il sent que son adversaire, celui qu’il a battu en trois petits sets en Australie, en veut encore et toujours.

Et puis, il commence à sentir ses jambes, le Daniil. David lui a en effet distillé des amorties d’une sage et rare précision. Pas une, pas deux, mais des poignées entières d’amorties.

Oui, vous avec bien lu.

Il serre le poing, il crie, il se harangue, il distille des amorties.

Il joue au tennis, David. Il donne tout ce qu’il a de plus beau.

Et il revient.

Il doit encore tenir sur des tentatives désespérées de Medvedev.

Mais il tient et il sert pour le match.

Pour le 4e tour.

Il serre le poing.

Il gagne le point.

Il se harangue. Il gagne le point.

Il gagne le dernier point. La balle de match.

Et il exulte.

Que c’est beau, le tennis, quand un joueur parvient à retrouver toute sa fougue, sa verve, son audace.

Qu’il était beau, hier, David Goffin.

Quel énorme match.

Quelle victoire amplement méritée.

Il a serré le poing, il s’est harangué, il a crié, il a exulté.

Il jouera contre Fernando Verdasco en huitièmes de finale.


Court 18 – 12 heures belges

Elise Mertens – Qiang Wang

Il s’agira, déjà, de la quatrième rencontre entre la joueuse belge et Qiang Wang. Cette dernière s’est imposée les trois fois, trois succès en trois sets serrés, comme la dernière fois sur le dur de Indian Wells.

Mais il me semble tout de même qu’il y a une ouverture car, depuis la saison sur dur d’avant terre battue, la Chinoise n’a plus guère brillé: 1e tour à Madrid et à Rome; 2e à Strasbourg et à Roland Garros. 2e tour aussi pour son premier et seul tournoi sur gazon d’avant Wimbledon.

Ici, elle a gagné deux fois en deux sets secs mais contre deux joueuses classées au-delà de la 50e place mondiale.

Match très ouvert mais j’ai la sensation, peut-être influencé par le succès de David, qu’Elise pourrait le rejoindre dans les huitièmes.

4 COMMENTS

  1. Son niveau en retour est hallucinant. Digne d’un Djokovic ou d’un Agassi de la grande époque. Avez-vous remarqué qu’à partir du cinquième set, Medvedev a purement et simplement arrêté de servir des deuxièmes balles? ça a fonctionné quelques jeux, mais il a explosé sur la fin… Je pense que ce choix tactique venait du fait que Goffin lui mettait une pression telle sur ses deuxièmes balles que ça devenait intenable pour lui.

    Magnifique prestation. Bravo David.

  2. Peut-être la plus grosse performance depuis 2 ans de la part de David. Il est clairement de retour. On l’avait senti déjà à RG mais on ignorait si c’était passager ou non. Jouer Verdasco, 35 ans, sur gazon, en 1/8 finale c’est une super opportunité d’aller à nouveau en quarts en GC. Comme le dit Patrick, paradoxalement quand tu disposes d’une telle opportunité, ca met plus de pression sur le joueur mais j’ai maintenant le sentiment qu’avec sa série actuelle de victoires, David va jouer en confiance. Je le donne clairement favori. Je me lance :-), victoire en 4 sets.

  3. Juste magnifique… Un grand moment, ce 5ième set (le seul que j’ai vu en intégralité).

    Magnifique match, magnifique article. Bravo et merci!!!!

  4. « Je mérite clairement ma place ».

    Sans doute que de s’être retrouvé 7eme mondial a représenté un poids car les résultats qui auraient dû suivre ne sont pas suffisamment venus confirmer la place en question. C’était sans doute difficile à vivre, un peu comme une place usurpée au point de déclarer qu’il préférerait la 30 eme et vivre heureux….

    David est clairement un des fils tennistiques de Federer quand vous dites : « C’était beau ». Sa variation de jeu participe à la lignée esthétique du Maître. Celui-ci doit rêver comme nous de retrouver David en finale…. je vais vite mais David nous fait rêver.

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