Il n’y a pas eu de match…

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Belgian David Goffin and Swiss Roger Federer pictured after a tennis match between Belgian David Goffin (ATP 15) and Swiss Roger Federer (ATP 3), in the fourth round of the Men's Singles of the US Open Grand Slam tennis tournament, at Flushing Meadow, in New York City, USA, Sunday 01 September 2019. BELGA PHOTO YORICK JANSENS

Ce matin, j’ai été relire le post que j’avais écrit au lendemain de la défaite de David Goffin face à Novak Djokovic à Wimbledon.

Je vous redonne les premières lignes:

« Comme une ballerine, il danse.

Ses pieds donnent l’impression de ne pas toucher le sol.

Il virevolte.

Il pique et touche, aussi, tel un fleurettiste.

Il est dynamique, agile, agressif, va vers l’avant.

Décoche revers et coups droits avec aisance.

Et, pourquoi le nier?, il fait mal à son rival.

Très nerveux, Djokovic, comme on peut l’être lorsqu’un moustique tournoie autour de soi.

David Goffin, sept jeux et demi durant a été meilleur que le numéro 1 mondial. Il était au-dessus dans tous les secteurs du jeu et, très franchement, il était si impressionnant que même le Serbe ne savait pas où donner de la tête.

Je ne dis pas qu’il avait peur, non, tout de même pas, mais il sentait, supputait que ce quart de finale n’allait pas être un long fleuve tranquille.

3-3.

Après déjà plusieurs occasions, Goffin réalise logiquement le break.

4-3.

30-0.

Goffin est vraiment superbe.

Comme il l’a été face à Medvedev, mais plus précis encore.

A ce moment, je me souviens très bien avoir songé à ce que Malisse avait dit le matin: « s’il bat Djokovic, il ira au bout ». Et j’ai même regardé le tableau.

4-3 30-0.

David cherche l’ace slicé sortant.

Sa balle est nettement dans le couloir.

Il le sait.

Mais il doute.

Il regarde l’arbitre.

Qui le sait aussi.

Il hésite encore.

Mais il demande le challenge.

Il demande le challenge lui qui passe, à juste titre, pour avoir l’oeil le plus aiguisé du circuit.

Elle est dans le couloir, comme il le savait.

2e balle.

Double faute.

Double faute.

Sur mon direct commenté, j’ai écrit, tout de suite: « voilà bien un challenge inutile ».

Non seulement il l’était mais, surtout, il a sonné le début de la fin pour Goffin.

30-30.

Et le jeu qui file, sur un nouveau challenge demandé, à tort.

Non, on n’a pas rejoué le point car David avait raté sa frappe avant de demander le deuxième challenge du même jeu.

Contre-break Djokovic.

4-4.

Et 10 jeux de suite pour le Serbe.

6-4 6-0 6-2.

Il n’y a plus eu de match. »

Hier, David n’avait rien d’une ballerine mais il est bien entré dans son match. Moins flamboyant qu’à Londres face à Djoko, il était malgré tout assez bien présent et a tout de suite breaké le Suisse pour servir à 2-1.

Puis c’était tout. 6-2 Federer.

Et 3-1. Service Federer qui donne – le mot n’est pas trop fort – le jeu à David.

J’écris alors: c’est la dernière possibilité pour David d’avoir une chance de revenir dans le match. Pas une chance de le gagner. Mais une chance de revenir et de jouer un peu avec la légende.

Mais il n’a pas profité du cadeau helvète… 4-2.

J’ai alors écrit, en fâchant quelques internautes: le match est fini.

Huit jeux plus tard, il l’était en effet: 6-2 6-2 6-0.

La ressemblance avec le match de Djoko est dans le fait que c’est au moment des ouvertures (aussi minimes soient-elles) que David a perdu le contrôle.

Le contrôle du match, ce n’est pas grave, ni étonnant quand on joue contre l’un des trois meilleurs joueurs du monde.

Mais, surtout, il a perdu le contrôle de son tennis.

« Ce fut le pire match face à Roger Federer. Je suis passé complètement à travers. »

Il n’y a, en effet, rien d’autre à dire.

Entendez-moi bien, même s’il avait gagné le jeu de 2-1, rien ne dit que David aurait gagné le set, et encore moins le match, Federer était à un très haut niveau, comme il l’avait été en seizièmes de finale. Non, ce qui m’ennuie, c’est le manque total de réaction.

Mais on peut tous avoir un jour sans.

Et, à tout prendre, autant l’avoir face à Federer que contre un « inconnu » au premier tour.

On retiendra donc la très belle campagne américaine de David tout en gardant un petit goût amer généré par la frustration de n’avoir pas vu un grand match de tennis dimanche soir.

De n’avoir pas vu de match de tennis du tout, en fait…

1 COMMENT

  1. Très juste tout cela, Patrick! Et juste aussi de ne pas jeter toute la campagne américaine de David et son excellent 8ième de finale à New York avec l’eau de ce match-là…

    En consolation, la Légende atteint son 56ième (!!) quart de finale en Grand Chlem… L’équivalent de 14 ans en quarts de finale… ! C’est tout un chemin visiblement pour David de ne pas se laisser impressionner en jouant un des extraterrestres du circuit. On peut légitimement être frustré avec lui… et on peut aussi un peu comprendre…

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