Goffin, le « meilleur sur papier » s’est imposé aussi sur le terrain

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31/01/2013 - CHARLEROI - DAVIS CUP: Belgium vs Serbia David GOFFIN - Novak DJOKOVIC ©Ph. Buissin / Imagellan

Il a sorti Istomin en quatre sets et est donc en huitièmes de finale. Comme à l’Australian alors qu’à Paris, il avait été en quarts!

Oh, je sais. Certains vont me dire que c’est normal. Qu’en tant que 11e mondial, se hisser en huitièmes de finale d’un Grand Chelem n’a rien d’exceptionnel. Qu’il est assez logique, aussi, que David Goffin se défasse de Denis Istomin, largement derrière lui au classement mondial.

Et pourtant, en tennis, comme en sports, rien n’est jamais acquis, rien n’est jamais normal. En football, une équipe comme l’Islande peut battre l’équipe d’Angleterre et le Pays de Galles peut prendre la mesure des Diables Rouges.

Il n’y a rien d’humiliant, de honteux, de déshonorant.

Que le sport serait ennuyeux si les meilleurs (sur papier!) devaient à chaque fois s’imposer. Le sport, en fait n’existerait plus et cesserait donc de facto d’intéresser qui que ce soit.

En fait, avant d’aller plus loin, j’aimerais rappeler ce que « être meilleur sur papier » veut dire. Etre meilleur sur papier, cela signifie que, sur 10 matches, le « meilleur » va sans doute gagner 7, 8 ou 9 fois. Parfois 10. Et que, donc, le moins « bon » va gagner 1, 2, 3 fois, parfois 0.

Prenons le match entre Sam Querrey et Novak Djokovic. L’Américain s’est imposé. Est-il meilleur pour autant que le numéro 1 mondial? Mais non, pardi, il a été meilleur juste pendant ce match. C’est fantastique, c’est merveilleux, mais cela ne change rien à la hiérarchie: Djoko est le meilleur joueur du moment mais, hier, il a simplement perdu. Un match.

Quand Steve Darcis a battu Rafaël Nadal à Wimbledon, il n’était pas meilleur dans l’absolu que l’Espagnol. Non, il s’était sublimé pendant ce match (comme il le fait souvent) et il avait, sur cette rencontre-là, joué à niveau, sortant même vainqueur.

En tennis, surtout sur gazon, les qualificatifs de « meilleur « et de « moins bons » sont encore plus précaires que sur terre battue. Sur gazon, des joueurs au grand service et au classement moyen peuvent, dans un jour « avec » se jouer des ténors.

Istomin, par exemple, avait battu Anderson au premier tour, et ensuite Almagro. Deux très belles perfs qui démontraient que, sur herbe, il pouvait être redoutable.

Et pourtant, hier, David n’a quasi jamais eu de craintes. Solide comme un rock, il a contrôlé de bout en bout, sauf dans le troisième set qu’il a laissé filer un peu trop rapidement. Mais il s’est repris dans le quatrième et s’est donc hissé en huitièmes de finale proprement, tel un joueur du Top qui fait le job, sans démonstration inutile.

Un bien beau boulot que celui-là.

Car, pour être « meilleur sur papier » il faut avant tout être régulier. Etre capable d’enchaîner des performances de haut niveau quasi toutes les semaines. Des perfs que l’on a tendance à sous-estimer parce que, justement, elles sont récurrentes. Or, c’est dans cette récurrence qu’il faut voir la qualité d’un joueur.

Et, en ce sens, David nous a gâté depuis le début de l’année: 8e de finale à l’Australian Open, demi à l’ATP 1000 d’Indian Wells, demi à l’ATP 1000 de Miami, quart à Roland Garros et, au minimum, huitièmes de finale à Wimbledon.

En chemin, il  a battu des joueurs comme Thiem, Cilic, Simon, Berdych (6-0 6-0) et bien entendu Wawrinka.

Donc, oui, si besoin en était, David continue de démontrer qu’il a le niveau d’un Top 10 qu’il est d’ailleurs virtuellement.

Je n’ai pas peur de dire que l’on peut maintenant espérer le voir aux Masters de Londres.

Oui, vous avez bien lu: on peut raisonnablement espérer le voir aux Masters de Londres.  Ce qui voudrait dire qu’il terminerait l’année dans le Top 8.

C’est cela, être « meilleur sur papier ».

C’est dans la longueur, la persévérance, la régularité.

Et, de temps en temps, il y a des défaites qui viennent entrecouper la course vers l’excellence.

C’est la beauté du sport.

Au prochain tour, David jouera contre Milos Raonic, ce sera demain et je ferai un direct commenté, promis, juré, craché.

 

2 COMMENTS

  1. Nous pouvons être fiers de David et d’avoir un joueur comme lui dans nos rangs.
    Il est au seuil du top 10 et pourrait en faire partie après le tournoi de WImbledon selon les résultats de respectivement Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet dans ce tournoi de grand chelem.
    Dans le classement « ATP race », David est en ce moment virtuellement à la 8ième place, avec 300 points d’avance sur Gael Monfis, 350 points sur T.Berdych et 400 points sur Roger Federer, mais aussi presque 400 points derrière Stan Wawrinka qui occupe la 7ième place dans ce classement.
    http://live-tennis.eu/race
    Ce classement nous laisse espérer que David finira cette saison dans le top 8, à condition que l’autre joueur Suisse, Roger Federer, ne le dépasse pas dans ce classement dans les mois qui viennent, car je ne vois pas Roger Federer continuer sa carrière de tennis s’il ne serait pas le cas.
    Je profite de l’occasion pour vous remercier pour votre propre régularité ; Je lis tous les articles qui sortent sur votre blog. Mil merci.

  2. Un très tres bon match de David. Tout son jeu continue à s’améliorer : le service, les montées au filet et la concentration qui a été phenomenale.

    Il mène le jeu, il sait ce qu’il veut écrire comme histoire sur le terrain. Le résultat est très agréable a voir.

    La panne dans le 3ème set etait plus physique que mentale.Il ne s’est pas épargné comme lorsqu’il s’accroche pendant des minutes pour tenter de conclure le 2ème set sur un 6-1, ce qui ne sera pas le cas. Le manque d’énergie empeche de raccourcir les échanges car on se retrouve en panne de passes profondes pour avancer et conclure au filet.

    Face à Raonic,la difficulté réside dans la lecture de son premier service.On avait noté que David avait eu beaucoup de peine à le lire lors de sa demi finale perdue aux EU. On est très souvent pris à contre-pied. Javck Sock a hier aussi connu bcp de difficultés de lecture. C’est loin d’être un tennis fluide même si son jeu s’est ameliore au filet. On se demande ce que Carlos Moya pense de tout cela…

    En tous cas, on savoure notre plaisir d’avoir à faire avec un David ambitieux et sérieux dans le travail. Magnifique car il fait les choses comme elles doivent être faites dans une époque où ce n’est plus tres tendance…

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