Germain, Germain, Germain

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27/11/2015 - GHENT - Flanders Expo - Draw ceremony - MATCH1 - Germain GIGOUNON - Kimmer COPPEJANS - Steve DARCIS supporting David GOFFIN ©Philippe Buissin/ IMAGELLAN

Un rêve devenu réalité pour le Binchois Germain Gigounon »

« Germain, Germain, Germain »

Ils sont des dizaines, des centaines de Belges. Disséminés un peu partout dans ce superbe stade du Suzanne Lenglen.

Et ils scandent le nom de Germain Gigounon.

La plupart ne le connaissent pas, ou très peu. Ou seulement depuis quelques jours. Le grand public, s’il aime le tennis, ne s’intéresse généralement qu’aux meilleurs, aux Top 20, parfois aux Top 50.

Germain Gigounon, lui, est 209ème mondial, a été 201ème et ne fréquente pour ainsi dire que les petits terrains des Futures et des Challengers.

« Germain, Germain »

Ils sont des dizaines. De Binchois. Qui connaissent bien Germain Gigounon, le Gig. Il y a Stéphane, le tenancier d’un café où, hier, il y avait match de foot pendant la rencontre, Cédric, un série B qui analyse son service, Bernard l’avocat. Ils sont des dizaines, qui ont connu Germain tout petit, déjà, quand, au RTCB, il frappait ses premières balles ou quand, pendant une  grande exhibition de tennis – Tennis Sida Cancer – il taquinait déjà les vedettes qu’étaient alors Sabine Appelmans, Dominique Monami, Eduardo Masso ou Filip Dewulf.

Pour ceux-là, le moment est unique. Et l’émotion palpable.

« Germain,Germain, Germain »

Ils sont une vingtaine, une trentaine. De Gigounon, ou assimilés. Des Destexhe, des Hamaide, des amis proches de la famille.

Dans la BOX de Germain. Oui, Germain, tu avais une box, une partie des sièges réservés pour toi, rien que pour toi. Parce que tu t’es qualifié pour le tableau final d’un Grand Chelem.

Ils étaient heureux, les Gigounon et associés. Baudouin l’oncle avec sa casquette mythique, le papa, la maman, les oncles et tantes, la marraine, revenue en express de Marrakech, la grand-mère, les frères et soeurs, les cousins, les neveux, la fiancée, bien entendu, ses parents. Et il y avait Francis. Francis, que l’on a vu en gros plan à la télé, lui qui préfère souvent se cacher derrière un poteau d’un terrain obscur d’un 10.000 dollars qui ne l’est pas moins.

Francis, qui depuis que Germain est petit sert à la fois de chauffeur, de conseilleur, de consolateur, de rouspéteur, de papy. De fan.

Francis qui n’aime pas être mis en avant, qui n’aimait pas quand le petit se tenait mal sur le terrain, qui n’aime pas quand le petit ne se bat pas.

Mais qui est fier comme Artaban quand le petit devient grand, qu’il bombe le torse et qu’il fait jeu égal avec les grands de ce monde du tennis.

Francis le papy si ému depuis vendredi qu’on se demande s’il a réussi à sortir plus de dix phrases depuis la qualification de son petit gamin.

« Germain, Germain, Germain »

Il est tout seul, le Gig, bien dans sa tête. Quand il entre sur le court et qu’il entend les Belges, les proches, la famille scander son nom.

Et il profite. Hier matin, sur Facebook, il m’a envoyé une superbe photo en faisant référence à mon post matinal. Il avait son pied en main, avait ouvert grand ses yeux et ses oreilles et  m’avait écrit: « tu vois, Pat, je t’écoute et je vais profiter ».

Et il a profité.

De ce speaker qui a annoncé son palmarès. Oh, pas le palmarès du siècle, non, mais on s’en moque. SON plamares, à ce gamin « né à Binche! »

Né à Binche. Qui aurait cru qu’un jour, un Gille joue sur un grand court. Germain, qui a en effet fait le Gille pas plus tard que cette année, est non seulement le premier Binchois à jouer le tableau final, il est aussi, sauf erreur de ma part, le premier Hennuyer.

Mais peu importe.

« Né à Binche ».

Il profite Germain.

Il sourit et il entre dans la partie comme une furie, bouscule un Gasquet visiblement archi nerveux.

Break Gigounon. Break Gigounon.

Qui perdra le premier set 6-3 et le deuxième 6-4. Mais en jouant très bien. En servant mal, mais en jouant bien.

Distillant une volée amortie rétro qui fera le buzz (ainsi que la langue tirée ensuite vers son banc) et un lob de toute beauté.

Un Gigounon profiteur, espiègle, heureux.

Des Belges heureux.

Des Binchois heureux.

Une famille….. il n’y a pas de mot.

Il n’y a pas de mot.

Bravo Gig, bravo.

A voir l’interview de Germain réalisée par Antenne Centre hier.

PS: Alison Van Uytvanck a réussi une très jolie perf en se hissant au 2ème tour en sauvant 12 balles de set et sortant Schmiedlova. Bravo et j’aurai l’occasion de parler d’elle pour le 2ème tour (et les suivants?)

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