Elise Mertens aux portes du Top 100

0
1584
epa05514586 Elise Mertens of Belgium hits a return to Garbine Muguruza of Spain on the first day of the US Open Tennis Championship at the USTA National Tennis Center in Flushing Meadows, New York, USA, 29 August 2016. The US Open runs through September 11. EPA/JASON SZENES

Privée des qualifs de l’Australian Open, Elise se console en se hissant pour la première fois de sa carrière en demi-finale d’un tournoi du grand circuit. Cerise sur le gâteau: elle a battu Kiki Bertens, 22e joueuse mondiale. Plus bas, je vous propose un entretien que j’avais réalisé en 2014.

A 21 ans et quelques jours – elle est née le 17 novembre 1995 – Elise Mertens a très vite digéré le fait qu’elle ne pourrait pas disputer les qualifs de l’Australian Open et tenter ainsi de se hisser dans un deuxième main draw de Grand Chelem (le premier, c’était au dernier US Open où elle avait pris un set à Muguruza, 3e mondiale).

Au deuxième tour du tournoi de Hobart, vous le savez, elle avait été moins prompte que son adversaire Sachia Vickery pour abandonner (à noter que Vickery a été battue d’entrée à Melbourne). On s’en réjouira puisque, en quart de finale, Elise a pris la mesure, tout simplement, de la première tête de série et 22e joueuse mondiale.

Kiki Bertens s’ets en effet inclinée en deux sets 6-2 7-5. En demi, Elise sera opposée à une autre qualifiée, Jana Fett, 325e joueuse mondiale. Une place en finale est donc tout à fait à sa portée. Si elle bat la Croate, la Belge sera assurée d’entrer dans le Top 100 ce lundi…

Juste pour le plaisir, je vous propose ci-dessous un entretien réalisé en 2014.

Bonjour Elise. Dites-nous, quand avez-vous commencé à jouer au tennis?

Elise Mertens: j’avais 4 ans. Ma grande sœur jouait déjà et j’avais envie de pratiquer le même sport qu’elle.

Elle joue encore?

C’était une bonne joueuse de tennis mais elle voulait absolument être pilote de ligne, ce qu’elle est désormais et, donc, elle n’a pas pu poursuivre le tennis à un haut niveau.

Vos parents sont-ils sportifs?

Mon papa roule à vélo tous les jours mais, non, on ne peut pas dire qu’ils soient réellement sportifs, non.

Quelle est leur profession?

Mon papa fabrique des meubles pour les églises, ma maman était enseignante mais ne travaille plus.

Quel a été votre parcours tennistique?

J’ai commencé à Hamont, puis j’ai été à Neerpelt. J’ai été reprise ensuite trois ans par la VTV mais, après ces trois années, ils m’ont dit que je devais partir. Je suis donc allée au Boneput à Bree, puis à Paris, chez Mouratoglou. J’y suis restée un an puis je suis passée par l’Académie de Kim Clijsters mais, maintenant, je suis à Maaseik où je m’entraîne avec Tom Devries (le frère d’Ann – merci Filip) et Tom Baeten (Note de 2017: elle s’entraîne dans le cadre de la Kim Clijsters Academy et son coach est Robbe Ceyssens)

Cela en fait des changements! Vous êtes difficile?

(Rires). Non, je ne pense pas. A Paris, l’entraîneur physique était bien, mais tennistiquement, il n’y avait pas beaucoup de joueuses de mon niveau et l’entraîneur tennis n’était pas top. Quand je suis passée chez Kim, son académie en était au début et ce n’était pas encore tout à fait ce que je cherchais.

Quels sont les joueurs ou joueuses dont vous êtes fan?

J’aime beaucoup Yanina (Wickmayer) car elle travaille beaucoup et qu’elle essaye toujours de bien faire. Je suis fan aussi de Djokovic, je suis fascinée par sa concentration.

Quelles sont vos ambitions tennistiques?

Je voudrais être aux alentours de la 300ème position en fin de saison. Mais j’espère bien arriver dans le Top 100 dans quelques saisons.

Vous avez été 7ème mondiale en juniores, c’est possible d’être Top 10 en séniores?

J’espère, oui, mais on va voir, la route est longue et c’est tout de même très très difficile!

Quels sont vos points forts?

Le mental, je suis très stable au niveau mental. Sinon, j’allie puissance et intelligence de jeu et je rate assez peu, tout en étant plutôt positive dans l’attitude.

Vous jouez donc intelligemment? Vous pratiquez les amorties et les lobs?

Non, pas tellement d’amorties mais je lis bien le jeu.

Et vos points faibles?

….

Vous n’en avez pas?

(Rires) Si, bien sûr, mais je n’ai pas vraiment de grosses lacunes. Je sers plutôt bien en première balle et fais assez peu de doubles fautes. Mais bon, je dois tout de même monter en puissance et jouer plus agressivement.

Vous êtes une joueuse qui dispute beaucoup de doubles, pourquoi?

D’une part, parce que c’est une manière de progresser, de garder la motivation, d’améliorer le jeu. Et puis, c’est aussi un moyen de gagner un peu d’argent, ce qui fait du bien tant tout coûte très cher.

Vous n’avez pas de sponsors?

Non, j’ai un sponsor raquettes (Prince) mais pour le reste, ce sont mes parents qui me soutiennent.

Pas d’aide fédérale?

Non, ils disent qu’ils vont m’aider mais j’attends une concrétisation.

Vous voyagez seule, alors?

Non, ma maman vient avec moi, et parfois un de mes coaches. Mais tout coûte cher, donc, j’essaye de ne pas exagérer les frais. Je n’éprouve jamais de difficulté pour trouver des partenaires d’entraînement et je joue souvent avec ma partenaire de double.

Quel est le tournoi que vous aimeriez gagner?

Un Grand Chelem, évidemment.

Lequel?

J’adore l’Australian Open et Wimbledon.

Vous n’aimez pas la terre battue?

Je préfère le dur, puis le gazon. La terre, oui, c’est vrai, un peu moins.

Vous avez gagné 5 des 12 10.000 dollars auxquels vous avez pris part. On commence à parler de vous sur le circuit?

Je ne sais pas, non, pas vraiment. Mais j’espère bientôt pouvoir faire de bons résultats dans les 25.000. J’en joue un la semaine prochaine avec une invitation liée à un spécial junior exempt. Puis, j’irai deux mois aux Etats-Unis pour y disputer quelques 10.000, 1 ou 2 25.000 et un 50.000.

Quelle est la grande différence entre le circuit juniors et le séniors?

D’une part, en juniores, on se connaît toutes alors que, en séniores, quand on vient d’arriver, on ne connaît quasi personne. Sur le terrain, en juniores, même si vous êtes faible mentalement, vous pouvez gagner des matches. En séniores, c’est quasi impossible.

Vous venez de battre votre première Top 200 (Julie Coin)…

Oui, c’était une belle expérience.

Vous avez déjà le niveau, non?

Je ne sais pas, pas encore, non…

Quels sont vos passions, en dehors du tennis?

Les animaux. J’ai trois chiens que j’adore. Pour le reste, je n’ai pas le temps.

Vous êtes aussi un peu geek, non?

J’aime bien Facebook et twitter, c’est vrai 🙂 (@elise_mertens)

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY