Dompter Kyrgios pour libérer le Shark

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16/09/2017 - Brussels - Davis Cup Belgium vs Australia. Match #3 Nick KYRGIOS © IMAGELLAN

Menée 1-2, la Belgique est au pied du mur. Il faudra avant tout dompter un Kyrgios extraordinairement présent avant d’espérer voir le Shark mordre la vie à pleines dents.

S’il n’y a pas vraiment eu de spectacle sur le terrain lors du double largement dominé par Peers et Thompson, il suffisait de tourner la tête vers le banc australien pour se régaler des facéties de … Nick Kyrgios.

Le jeune Australien n’a eu de cesse de faire le pitre et d’amuser la galerie toute de jaune et vert vêtue. Pourquoi faisait-il cela, le diable?

D’une part parce qu’on oublie un peu trop souvent que ce n’est pas parce qu’un athlète n’aime pas les médias qu’il n’apprécie pas de s’amuser. S’il peut proposer un visage fermé et désagréable face à un micro ou une caméra, il peut par contre laisser éclater sa folie et sa jeunesse lorsqu’il est avec ses potes.

D’autre part, ne soyons pas dupes, parce que Kyrgios avait envie de montrer à tout le monde – public et staff belges – qu’il était en peine forme, en pleine confiance et qu’il faudrait lui marcher sur le corps pour le vaincre.

Le message de Nick était on ne peut plus clair: « je serai à 1000% dimanche et ne croyez pas un seul instant que je me présenterai en victime consentante face à Goffin. »

David le sait. Il n’a d’ailleurs jamais douté, le premier Belge, que ce rendez-vous de dimanche constituerait un véritable choc. Il le sait, David, parce qu’il a déjà joué trois fois face à Kyrgios. Trois défaites, mais sur dur, la dernière remontant à la finale de Tokyo fin de saison dernière. David avait mené d’une manche avant de s’incliner en trois, 7-5 dans la dernière.

David le sait car David connaît le tennis et qu’il y a longtemps qu’il a vu que derrière les frasques de Kyrgios, il y avait surtout un talent énorme. Une explosivité incroyable, un service de feu. Vendredi, face à Darcis, l’Australien a servi 20 aces et a proposé une moyenne de 205 km sur ses premières balles. Parfois, il sert aussi des deuxièmes à plus de 200.

On pourrait croire qu’une telle violence lui fait commettre de nombreuses doubles fautes, mais ce n’est pas le cas.

Ce gars est juste hyper doué, doté d’un bras magique et capable de se transcender dans des moments comme une demi-finale de Coupe Davis avec, sur le banc, un mentor inspirateur, Lleyton Hewitt.

David sait, donc, que la tâche sera rude. Mais il sait aussi qu’elle ne sera pas impossible.

Que l’on se garde cependant de tirer des conclusions hâtives du genre: « si Steve a pu pousser Kyrgios aux 5 sets, David devrait lui aussi le faire douter voire même gagner. »

Le jeu de Steve n’a rien à voir avec celui de David. Steve casse le rythme, joue très bas, slice plus souvent qu’à son tour. David est un joueur qui aime le rythme, joue tendu.

Quand il le fait à la perfection, il peut battre tout le monde et a d’ailleurs pris par exemple cette saison la mesure de Novak Djokovic.

Mais s’il n’est pas au top, il va faire plaisir à Kyrgios qui aime s’appuyer sur le genre d’envois que réalise David.

Quelle seront les clés de ce duel?

Le service de Nick Kyrgios évidemment. S’il sert comme dans le premier set de vendredi tout au long du match, ce sera plus qu’ardu.

Dans le % de premières balles de… David Goffin, aussi, car s’il donne trop de « petites » deuxièmes à l’Australien, ce dernier va se régaler.

Dans le changement de rythme que David sera obligé d’imprimer. S’il y parvient très régulièrement, changeant par exemple de trajectoires de revers, mais ne ratant pas trop souvent ses coups droits d’attaque, il pourra déstabiliser le grand Aussie.

Ce sera un match tactique, physique et mental. Je suis obligé de dire que j’ai la sensation que Kyrgios part avec un léger avantage car je le sens depuis le début des trois jours au sommet de sa confiance.

Mais j’ai bien dit un léger avantage, disons 55-45.

Un match, un choc, à vivre intensément.

Et à 2-2?

A deux deux, l’appétit du Shark sera décuplée.

Face à un deuxième joueur australien nettement moins expérimenté que lui.

Tout pourra cependant se produire car si Darcis donnera tout, du bout de son orteil gauche, au lob de son oreille droite, son rival ne lâchera rien non plus.

Mais, à 2-2, là, disons que je ne peux faire autrement de dire – ce qui me réjouit – que Steve partira avec un léger avantage.

Un léger avantage.

Mais il faut que ce soit 2-2.

 

 

 

 

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