De Wasserman/Devries à aujourd’hui, la fin d’un cycle?

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SPCL NEWSPAPER LA LIBRE BELGIQUE FILE PICTURE SANDRA WASSERMAN

Je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans…

On est en 1984, Bernard Boileau dispute ses deux derniers Grand Chelem à Roland Garros et Wimbledon.

A Roland Garros, il a battu un certain Guy Forget au premier tour avant d’être éliminé par le tenant du titre, Yannick Noah… Cette année-là, j’ai connu une de mes plus douloureuses déceptions lorsque John McEnroe a mené deux sets à un face à Ivan Lendl en finale avant d’être battu 7-5 au dernier set…

A Wimbledon, Bernard Boileau était éliminé d’entrée par Hendrik Sundstrom. La finale allait un peu me redonner le. . moral puisque Big Mac s’imposait très sèchement face à ce diable de Jimmy Connors….

On était alors, je l’ai dit, en juillet 1984…

Il faudra alors attendre janvier 1987 pour revoir un Belge dans un main draw de Grand Chelem. En l’occurrence, il s’agissait d’une Belge, en la personne d’Ann Devries.

Et ce n’est qu’en 1988 qu’un joueur belge allait prendre le relais. Il s’agissait d’Eduardo Masso, Argentin d’origine, qui disputait Roland Garros en 88. Année de la première apparition de Sabine Appelmans dans un tableau final de Grand Chelem.

Avec tout le respect que j’ai pour les joueurs qui ont précédé le duo Wasserman/Devries, j’ai toujours estimé que ces deux joueuses avaient lancé le cycle positif pour le tennis belge.

Dans leur sillage, sont apparus la paire Appelmans et Monami et le duo masculin Wuyts/Daufresne.

On a alors connu une génération argentée avec Monami, Appelmans, Callens, Feber, Courtois, Devillé, Dewulf, Van Herck, Goossens, Norman, Van Garsse…

En 1996, il y avait… 9 Belges dans le tableau final de l’Australian Open et de Roland Garros et, en 1997, il y en avait encore 9 dans le main draw de Wimbledon! 9!

Depuis, il n’y a plus jamais eu 9 Belges dans les tableaux finals mais la qualité n’a cessé de monter puisque, après la génération argentée, on a eu la génération dorée avec Kim Clijsters, Justine Henin, Olivier Rochus, Christophe Rochus, Xavier Malisse… Puis avec Steve Darcis, Kristof Vliegen, …

Après les premiers départs à la retraite de Justine et Kim, Yanina Wickmayer et Kirsten Flipkens ont pris le relais, avant de voir leurs deux collègues revenir. Kim avec le succès que l’on sait…

Une fois Kim et Justine parties pour de bon à la retraite (enfin, je dis pour de bon mais il est vrai que Kim a tenté un autre come-back), Wickmayer, Flipkens, Van Uytvanck ont repris le flambeau, avant que David Goffin rejoigne l’armada belge au Roland Garros de 2012, celui qui l’a vu défier la légende Federer en huitièmes de finale.

Elise Mertens est quant à elle arrivée à l’US Open 2016.

Pour rappel, voici la liste de tous les joueurs belges en Grand Chelem, je ne cite pas tout le monde car le tableau est à votre disposition 😉

Mais vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle de tout cela aujourd’hui.

En réalité, et sans être madame Irma, je pense que nous terminons en ce moment un cycle commencé il y a quasi trente-cinq ans.

Nous avons connu la naissance du cycle avec Wasserman et Devries, ensuite nous avons eu une première montée en puissance avec les quarts de finale de Monami et Appelmans et la demi de Dewulf à Roland Garros 97. Sans oublier la médaille de bronze de Callens/Monami à Sydney.

L’apogée suivra avec les 11 titres en Grand Chelem de qui vous savez (7 et 4) et un titre en Fed Cup.

Après les Clijsters et Henin, on a encore eu de belles choses, tant en dames qu’en messieurs.

En messieurs, David Goffin a marqué l’histoire en entrant dans le Top 10 et en se hissant en finale du Masters. Et l’équipe belge de Coupe Davis a atteint deux finales!

Mais, aujourd’hui, malgré Elise Mertens et David Goffin – qui sont encore et toujours top 20, ce qui était considéré comme exceptionnel avant l’ère Clijsters Henin – je suis obligé de dire que, oui, le cycle engagé par Ann et Sandra est sur le point de se terminer.

Je ne dis pas et ne dirai jamais que nous n’aurons pas une ou l’autre surprise jaillir de la raquette d’Elise et/ou de David, mais c’est surtout derrière que je regarde.

En messieurs, pas besoin de vous faire un dessin: le deuxième Belge est 191e et, parmi les jeunes, seul Zizou Bergs sort son épingle du jeu pour le moment. Heureusement, on a une bonne équipe de double et un vainqueur de Grand Chelem en fauteuil.

Côté féminin, Alison Van Uytvanck et Greet Minnen stagnent un peu alors que Ysaline Bonaventure n’a vraiment pas de chance, ni avec les blessures, ni avec les coaches. La génération des 25 ans et plus tarde d’ailleurs à éclore totalement et à confirmer les espoirs placés en elle il y a quelques années.

On espère beaucoup de Sofia Costoulas, mais il est encore trop tôt pour être certain de son avenir;.

On est d’ailleurs jamais certain de rien en tennis.

Je répète que je ne veux pas montrer pessimiste mais je pense qu’il s’agit de la simple réalité.

Et je re-précise que nous aurons encore, évidemment, de bonnes surprises mais voilà, le cycle que j’ai vu naître au début de ma carrière journalistique est sur le point de se terminer…

Mais peut-être aussi que ce cycle n’existe que dans mon esprit, car il a marqué ma vie.

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