De la Fed Cup aux interclubs en passant par Monte Carlo

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David Goffin a livré un excellent tournoi de Monte Carlo alors que l’équipe belge de Fed Cup va tenter de se maintenir dans le Groupe Mondial. En Belgique, cela fleure bon les interclubs ensoleillés.

Je commence par David Goffin. Qui, vraiment, a atteint un excellent niveau pour son retour à la compétition après deux moins plus que compliqués.

Pour rappel, David s’est blessé à l’oeil face à … Grigor Dimitrov lors du tournoi de Rotterdam qui se tenait début février. Il a ensuite tenté un retour inopportun au tournoi de Miami, à la mi-mars. Miami où il n’a pris qu’un seul jeu face au Portugais Sousa.

Et c’est donc à Monte Carlo, mi-avril, qu’il a réellement repris les choses en main, sur une terre battue monégasque qu’il apprécie particulièrement et dans un environnement quasi familial.

Au menu du Belge, un tableau pour le moins intéressant avec tout d’abord un deuxième tour (il était bye au premier) face au jeune Grec talentueux Stefanos Tsitsipas. Victoire étriquée 7-6 7-5 mais pour ce match de retour, seule la victoire comptait.

Au 3e tour, David était opposé à un Top 20, Robert Bautista Agut. Il a livré un match plein, très solide et a mené 6-4 5-2 avant de se faire un peu peur. Mais il s’est finalement imposé 6-4 7-5.

En quart, il retrouvait son ami et bête noire Grigor Dimitrov. Grigor Dimitrov qui, juste pour rappel également, est 5e mondial. Le Bulgare a pris le premier set par 6-4 avant que David ne passe la vitesse supérieure. Le niveau proposé par le Belge dans cette deuxième manche était réellement impressionnant. A tel point qu’il a mené 5-1 avant de… perdre par 7-6.

C’est certes frustrant pour les fans de David qui pensaient que le deuxième set était acquis mais, très clairement, ce genre de retournement de situation n’est pas surprenant.

Je m’explique: à l’entraînement, on peut faire des gammes, on peut retrouver un niveau technique, un niveau physique. Mais, à l’entraînement, même face à Nadal, on ne peut pas se réhabituer à gagner. Pour réapprendre à gagner, il n’y a qu’une solution: il faut gagner des matches officiels. Vous pouvez faire tous les sets d’entraînement avec des pros de haut niveau, cela ne remplacera jamais la vraie victoire, dans un vrai tournoi.

Nombre d’entre vous, je présume, vont retrouver ce samedi ou ce dimanche le chemin des terrains pour les interclubs. J’imagine que vous êtes nombreux à vous êtes entraînés comme des fous pendant cet hiver et que vous êtes gonflés à bloc.

J’espère que vous êtes en forme optimale et que votre moral est au top également.

Vous allez donc monter sur le court, votre tennis va se mettre en place. Et, je vous le souhaite, vous allez peut-être mener 6-4 5-3 balles de match. Et c’est là que vous allez comprendre ce que je veux dire par rapport à la difficulté de gagner, de conclure.

6-4 5-3 pour vous. Votre dernière victoire remonte sans doute à la fin de saison dernière. Et, paf, comme par magie, voilà votre bras qui ne sait plus trop quoi faire. Votre service qui marchait bien commence à vous faire faux bond et, alors que vous aviez planté quelques aces, voilà que vous délivrez des doubles fautes.

Votre adversaire revient à 5-5, mène 6-5. Mais, lui aussi, commence à douter et, ouf, vous gagnez au tie-break. Mais avouez que vous avez eu chaud.

C’est cela, le tennis. Chacun, à notre niveau, nous savons jouer au tennis. Plus ou moins bien, mais le plus dur, c’est de continuer à plus ou moins bien jouer quand il s’agit de gagner le jeu, le set, le match.

C’est pareil que l’on soit C30.5 ou  dixième mondial. Chacun, à notre niveau, il nous faut du temps pour réapprendre, simplement, à croire que l’on peut gagner des matches.

David Goffin, hier, face au 5eme mondial a fait jeu égal pendant quasi tout le deuxième set mais, aux moments importants, il n’a pas pu donner le coup fatal. Il faudra encore quelques belles victoires pour qu’il y arrive. D’autant, il ne faut pas le nier, que cela n’a jamais été son gros point fort que de terminer un travail admirablement mené.

Plus encore que pour d’autres Top 10, il devra, encore et encore, remettre l’ouvrage sur le métier pour retrouver cette capacité de conclure qui lui a permis de se hisser à la 7ème place mondiale.

Je ne suis donc pas inquiet. Loin de là et je suis même largement satisfait du niveau de jeu et de la vitesse d’exécution.

Je ne suis pas trop inquiet non plus pour l’équipe belge de Fed Cup qui, emmenée par une Elise Mertens en pleine forme, devrait se jouer d’une équipe italienne qui, sur papier, est bien moins forte que la belge.

Attention cependant: les Italiennes adorent la Fed Cup, sont terriblement accrocheuses sur la terre battue et sont des spécialistes dans la pose de petits cailloux dans les chaussures de leurs rivales.

La Belgique est donc favorite mais certains matches devraient être tendus.

Si vous jouez ce week-end, je vous souhaite de profiter un maximum du plaisir d’être entre amis.

Et, à nouveau, rappelez-vous que vous ne jouez sans doute pas pour un millier d’euros.

Amusez-vous et votre tennis n’en sera que meilleur.

(facile à dire, hein 😉

 

 

1 COMMENT

  1. Patrick tu exposes parfaitement la difficulté de clôturer un match. Puis je ajouter que ca ne s’améliore pas avec l’âge (du moins dans mon cas), sans doute parce que l’on en est plus conscient. Et le fait d’y penser n’aide pas. A l’inverse, je trouve que j’ai tendance à plus m’accrocher que quand j’étais jeune quand je suis mené 4-6 3-5 parce que je n’oublie pas que c’est dur pour l’autre aussi. Il me semble aussi qu’une bonne évolution pour un joueur est de comprendre que le résultat d’un match ne dépend pas que de soi-même mais de l’autre aussi. C’est tautologique mais beaucoup l’oublient. Accepter de perdre en jouant bien parce que l’autre a très bien joué est important. Et relativiser les victoires acquises face à un adversaire mauvais. Face à Dimitrov, David a compris que aussi frustrante qu’elle puisse être, la perte du deuxième set est avant tout due à un super Dimitrov qui a joué les points importants de manière magistrale. La preuve d’une grande intelligence.

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