De la Coupe Davis à la logique illogique de Kim

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Alors que les regards sont fortement tournés en ces temps-ci vers les sorties de Kim Clijsters, il est temps de rappeler que, dès demain, se tiendra le match de Coupe Davis Hongrie – Belgique. Lequel est le passage obligé pour une qualification éventuelle pour le tour final qui aura lieu à Madrid en fin d’année.

Comme en 2017 et en 2019, David Goffin ne sera pas de la fête (!) pour ce premier tour. Mais, plutôt que de commenter cette absence qui a certes de quoi frustrer quelque peu, je préfère rappeler deux faits: tant en 2017 qu’en 2019, l’équipe belge a réussi à gagner en l’absence de son leader.

En 2017, les Darcis et consorts ont même réussi un exploit sidérant en se défaisant de l’Allemagne des frères Zverev, ce qui valut par la suite à la Belgique de se hisser en finale face à la France.

L’an dernier, ce sont Coppejans, De Greef, Gillé et Vliegen qui ont réussi une très belle performance en allant battre le Brésil au Brésil! Une victoire qui a permis à l’équipe belge de prendre part à la première édition de la nouvelle version de la finale de cette Vieille Dame groggie.

Un tour final qui, faut-il le rappeler?, est particulièrement lucratif, tant pour les joueurs que pour les fédérations.

En l’absence de David et de Steve (dont on peut lire un entretien dans la DH de ce jeudi, lui qui a commencé à travailler au Centre de Mons lundi), ce sont Kimmer Coppejans, Ruben Bemelmans, Arthur De Greef, Joran Vliegen et Sander Gillé qui défendront les couleurs de la Belgique.

Les Hongrois sont eux emmenés, comme il y a deux ans lorsqu’ils sont venus en Belgique, par Attila Balazs et Marton Fucsovics, respectivement 76e et 84e mondiaux.

Sur papier, on le lit, les Hongrois sont meilleurs en simple. Coppejans est en effet 154e mondial, Bemelmans 222e et De Greef 332e.

Mais, très franchement, il ne faut pas trop tenir compte de ces classements puisque les trois joueurs belges ont déjà été beaucoup mieux classés (Kimmer et Ruben ont été Top 100, Arthur 113). Qui plus est, Kimmer et Ruben ont assez bien commencé l’année. Ruben a déjà gagné deux tournois (des 25.000 dollars mais il est en confiance) et Kimmer a été en demi du Challenger de Launceston.

Bon, je dois à la vérité de dire que Attila Balazs n’est pas mal en confiance non plus, lui qui a gagné le Challenger de Bangkok et qui sort d’une demi de l’ATP 500 de Rio… Quant à Marton Fucsovics, il a tout de même été en huitièmes à Melbourne…

En double, les Belges ont par contre une équipe qui, sur papier, semble plus forte que les composantes hongroises potentielles.

Je ne vais cependant pas vous mentir: la Hongrie est favorite de cette rencontre mais, si l’on se réfère aux derniers matches sans Goffin où la Belgique était outsider, on se doit de croire en le fighting spirit des joueurs de Johan Van Herck. Lequel aura certainement réussi à galvaniser ses troupes.

Pour le tirage au sort, comme je ne suis pas sur place, je ne connais pas l’état de forme des joueurs mais je serais étonné si les deux capitaines créaient la surprise. Je m’attends donc à des simples avec Bemelmans, Coppejans, Balazs et Fucsovics.

Tirage au sort ce jeudi vers midi. Matches vendredi (16 heures) et samedi (12 heures).

LA LOGIQUE ILLOGIQUE DE KIM

Un mot sur Kim Clijsters. Elle a donc perdu le deuxième match de sa troisième carrière. Rien d’anormal à cette défaite. Kim joue bien lorsque la balle est en jeu et lorsqu’elle ne doit pas trop se déplacer. Sa force de frappe est restée quasi intacte, mais encore irrégulière.

Le hic reste principalement au niveau du déplacement, du retour et du service.

C’est normal.

Je sais que cela surprend souvent les non joueurs quand on dit que le service en match est compliqué à retrouver. Le service est en effet le coup que l’on gère seul puisque l’on met soi même la balle en jeu en la présentant.

On pourrait donc croire que le travail au service est assez simple à effectuer à l’entraînement et à reproduire en match.

C’est faux. En fait, le service est justement assez compliqué à gérer car, en match, c’est en effet le seul coup dont vous êtes le seul responsable. Et, donc, vous avez le temps de penser, de réfléchir. Impossible, au service, de jouer à l’instinct. Et, en match, la pression est telle que, parfois, souvent, on peut perdre le rythme et la confiance en soi.

Pour le retour, c’est quasi la même chose. Certes, vos sparring partners peuvent vous préparer et vous entraîner aux retours. Mais rien ne vaut les matches car l’adversaire, lui, n’est pas dans votre team et ne cherche rien d’autre qu’à vous déstabiliser.

Quant au déplacement, il faudra encore un peu de travail physique pour que Kim le retrouve. Le déplacement étant aussi lié, on l’oublie souvent, au sens du jeu, à l’acuité visuelle et à l’anticipation. On croit souvent qu’une joueuse plus svelte court forcément plus vite. Sans doute, mais ce n’est pas parce que l’on court vite que l’on part assez tôt. Regardez la fable de la Tortue et du Lièvre. Le lièvre court vite, mais la tortue est partie plus tôt 😉

Donc, là aussi, seuls les matchs « en vrai » peuvent améliorer les choses.

Et, pour avoir des matches « en vrai » il faut en gagner. Car, si on ne gagne pas, on ne joue qu’un seul match par tournoi, ce qui est peu.

Le cercle est un peu vicieux mais il n’a rien d’anormal.

Si Kim n’était pas la star planétaire qu’elle est, je lui conseillerais d’aller jouer quelques tournois mineurs, histoire de rencontrer des joueuses entre 100 et 200e mondiales. Cela lui permettrait – peut-être – d’aligner des victoires et de retrouver le rythme progressivement.

Oui mais voilà, Kim est Kim et elle est invitée dans les plus prestigieux des tournois. Je comprends donc parfaitement qu’elle accepte ces invitations. Sportivement, à mes yeux, ce n’est pas l’idéal mais, humainement, médiatiquement, c’est assez logique qu’elle préfère gagner (ou perdre) dans un tournoi prestigieux que de perdre (ou gagner) dans un tournoi mineur.

Quand on s’appelle Clijsters, il est quasi impossible de réaliser le parcours sportif logique.

Mais on ne va pas la plaindre non plus car les joueuses moins connues, elles, n’ont d’autres choix que de repartir de zéro.

Ainsi va la vie sur le circuit. Qui n’est pas si éloignée de la vie tout court mais je ne vais pas me lancer dans de la philosophie 🙂

1 COMMENT

  1. Sur ta remarque vis-à-vis du déplacement, on peut aussi parler de Federer qui, vu son âge, serait probablement battu par 90% des joueurs du Top 100 sur un 100 mètres. Pourtant, grâce à son coup d’oeil et son sens du jeu, il est sur presque toutes les balles.
    Pour Kim, le vrai test sera à Indian Wells. Toutes les têtes de séries étant exemptées du premier tour, elle est certaine d’affronter une joueuse hors du Top 30, peut-être même du Top 50. On verra donc un petit peu mieux où elle se situe.
    Personnellement, je comprends David car cette « nouvelle » compétition par équipe n’a aucun sens. Bon, j’espère qu’il restera logique et déclinera sa sélection aussi en novembre si la Belgique se qualifie. C’est pour les autres que je suis vraiment déçu de ce qui s’est passé. Bon, Ruben a eu l’occasion de disputer pas mal de rencontres sous l’ancien format, notamment deux finales. Mais Kimmer, Arthur, Joran et Sander ont sans doute rêvé durant toute leur formation du moment où ils pourraient participer à la Coupe Davis. Et au moment où ils y arrivent, on leur retire leur rêve. Je comprends évidemment qu’ils honorent leur sélection. C’est une manière d’avoir quand même un petit bout de leur rêve. Mais ce ne sera jamais ce que ça aurait pu être pour eux…

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