David va faire le job et pousser le Saladier vers la frontière

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23/11/2017 - Lille - France - Davis Cup Final France vs Belgium: Draw ceremony © IMAGELLAN

Tout, ou presque, pourrait se jouer dans le premier match de ce vendredi. Si Goffin gagne – et il sera favori – les Belges seront compliqués à battre.

En lisant les deux lignes qui précèdent, on pourrait se dire que je perds la tête puisqu’une victoire du numéro 1 belge face au numéro 2 français semble logique, voire même pour certains, évidente.

Pourtant, pour moi, ce premier match de cette finale sera capital. Non seulement pour la victoire finale mais aussi pour le suspens et l’intérêt de ces trois jours. Je m’explique.

Yannick Noah, du haut de ses certitudes, de son incroyable expérience et de la profondeur du tennis français, n’est en fait pas si serein que cela. S’il l’était, il n’aurait pas sorti un lapin de son chapeau hier.

Quand on a dans ses rangs deux joueurs du Top 20 en simple et l’une des meilleures paires du monde, on ne se prend pas la tête si on est certain d’être plus fort que l’adversaire. Mais précisément, Yannick n’est pas certain du tout, malgré les stats qui lui sont favorables, que son équipe est supérieure à celle de Johan Van Herck. C’est pour cela, sans aucun doute, qu’il a sélectionné Richard Gasquet car il estime que ce dernier, à 2-2, aura plus de planche et de bagage que Lucas Pouille pour vaincre Mister Coupe Davis et son slice.

En éjectant Nicolas Mahut – le pauvre! – et en maintenant Pierre-Hugues Herbert, Yannick a pris un réel risque. Il sait que son double reste plus fort – toujours sur papier – que le double belge mais il aura moins d’automatisme que ne l’auraient eu Mahut/Herbert et, donc, en cas de tension palpable (si c’est 1-1 ou 0-2), ce double pourrait perdre les pédales.

Tout comme Jo-Wilfried Tsonga pourrait se mettre une pression immense si, d’aventure, il devait jouer à 0-1. A 1-0, il pourrait jouer libéré – délivré – et faire très mal avec son service et son coup droit mais, à 0-1, il pourrait se raidir et, donc, offrir des opportunités à Steve Darcis.

Mais, encore faut-il que ce soit 0-1.

Ce sera, à mon sens, 0-1.

Pourquoi?

Parce que David Goffin est l’un des quatre meilleurs joueurs mondiaux du moment. Il est juste derrière Nadal, Federer et Dimitrov. Nadal et Federer qu’il a battus la semaine dernière (ben oui!) et Dimitrov face auquel il a disputé une très belle finale qui s’est jouée à peu de chose.

Pourquoi?

Parce que, depuis qu’il a joué cette finale, il a directement fait le switch entre les ATP Finals et la Coupe Davis. Dès la cérémonie terminée, il ne pensait plus à Londres, mais à Lille. Et, dès qu’il est arrivé dans le stade Pierre Mauroy, il est apparu hyper serein. De cette sérénité dont seuls les grands champions peuvent faire preuve.

Il est si serein, David, qu’il s’est même permis de faire de l’humour à la conférence de presse d’hier… C’est tout dire.

Mais Goffin a perdu trois fois sur trois face à Pouille…

Oui, et?

Ces trois matches se sont déroulés en 2016, lorsque Lucas était en pleine explosion et confiance. Aujourd’hui, c’est David qui est en plein boum, à un niveau bien supérieur que celui de Pouille.

Et puis, David n’avait jamais battu ni Federer, Ni Nadal, ce qui ne l’a pas empêché de le faire à Londres.

Bref, donc, pour moi, David sera le grand favori de ce premier simple. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’il va le gagner (sinon, on ne jouerait pas le match), mais je suis assez confiant.

S’il le perdait, les chances belges de gagner la Coupe Davis se réduiraient à peau de chagrin car, comme déjà dit, Tsonga et la paire française pourraient se libérer – délivrer – totalement.

Si, comme je le pense, David venait à simposer, cela ouvrirait une fenêtre immense devant les joueurs de Van Herck. Et on sait que ces derniers, quand ils voient un peu de lumière, sont aveuglés par celle-ci et se précipitent pour la palper non seulement du regard mais également de la raquette.

A 1-0, Steve Darcis va pouvoir s’en donner à coeur joie. A 1-0, les supporteurs belges vont pouvoir donner de la voix.

A 1-0, on peut même tout doucement commencer à se demander à quel endroit il faudra place le Saladier lors du premier tour de l’année prochaine quand, à Liège, nos champions défieront les Hongrois.

Mais avant cela, il faut que Goffin fasse le job.

Comme il le fait toujours.

Ou presque.

 

2 COMMENTS

  1. Avec David, nous disposons d’un joueur exceptionnel qui, se trouve, dans la forme de sa vie, comme l’etait Andy Murray à Gand, en 2015.
    Notre équipe a vécu, ors de cette finale, qu’il était possible d’aller chercher le Saladier avec un seul joueur et que, parfois, il vaut mieux cela que de disposer d’une dizaine de joueurs, comme la France aujourd’hui.
    On a vu, ce soir, qu’il manquait des jambes à Steve ainsi que de la confiance.
    David est le guide de l’equipe et, le moment est venu de prendre les choses en mains.
    Le coach fédéral et le team doivent oser prendre la décision de faire jouer David et Steve, demain, en double. Steve a besoin de David à ses côtés, pour avancer dans le tournoi.
    Il faut assurer la survie, demain.

  2. Que les dieux du tennis vous entendent, cher Patrick!!!!

    Je suis un peu inquiète car je suis confiante :-)… Je vois bien ce Saladier passer la frontière… Je crois que nous avons de bonnes chances ce weekend alors que, face à l’Allemagne, je n’y croyais pas une seconde…. et, face à l’Australie, le vendredi soir, je n’y croyais plus trop non plus… Et voilà que maintenant j’y crois!!!??!!

    Bon, ne soyons pas bêtement superstitieux… David, ouvre-nous le chemin vers la lumière… et Steve et tous les autres, engouffrez-vous y!

    En passant, j’ai le coeur meurtri pour Nicolas Mahut que j’apprécie comme joueur et comme gars et que j’adore voir jouer en complicité avec Pierre-Hughes Herbet… mais, pour notre équipe, c’est tout bénéf car cela déforce les capacités et le moral des troupes françaises.

    Go, Belgium!!!

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