Bon anniversaire David ! En cadeau, deux entretiens réalisés en 2010 et en 2011 ;-)

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A l’occasion du 31e anniversaire de David, je vous propose deux entretiens que j’ai réalisés en novembre 2010 et novembre 2011 j’étais allé à La Manga, en Espagne, où les meilleurs joueurs joueurs francophones participaient à un stage.

La photo a été prise en 2010.

NOVEMBRE 2010

Pourquoi jouez-vous au tennis ?

David Goffin : Mon père jouait, il a été B0 et mon grand frère également (il a été B-15,1). Depuis tout petit, j’adore ce sport, en partie parce que c’est un sport individuel. J’aime nettement moins les sports d’équipe.

Pourquoi jouez-vous au tennis ?

Quel était votre joueur préféré quand vous étiez plus jeune ?

Lleyton Hewitt, quand il était numéro 1. J’adorais son sens de la bagarre. Aujourd’hui, je suis fasciné par le jeu parfait de Roger Federer. Il est parfait tant au point de vue tactique, que technique. Et puis, humainement, c’est un exemple.

Quelles sont vos qualités de joueur de tennis ?

Je suis plutôt rapide, je prends ma balle très tôt et elle va assez vite. J’ai un très bon retour et je suis très offensif. En gros, on peut dire que je développe un tennis moderne.

Et vos défauts ?

Mon physique doit encore s’améliorer. Je dois aussi accepter d’aller chercher des balles plus en défense mais je ne suis pas encore très fort dans ce domaine. Il me manque aussi un peu de puissance.

Vous n’aimez pas trop aller au charbon ?

Disons que ce n’est pas vraiment mon tempérament. Mais je suis bien conscient que pour entrer dans le Top 100, il faut être capable de gagner des matches en jouant moins bien. Je dois donc accepter parfois de jouer en défense quand, par exemple, je ne sens pas aussi bien mon jeu que d’habitude.

Quel est votre rêve ?

Gagner un Grand Chelem, bien entendu, et à choisir, je choisirais Wimbledon.

Quel est votre objectif ?

Je voudrais terminer 2011 dans le Top 150 et 2012 dans le Top 100.

Cela fait des années que l’on parle de vous comme de l’un des principaux espoirs du tennis belge. C’est compliqué à gérer ?

Non, j’assume cette étiquette.  Je ne m’emballe pas et je ne pense pas me prendre la tête. Je sais que je dois prendre mon temps et c’est ce que je fais.

La vie de tennisman professionnel vous plaît ?

Oui, depuis que je suis petit, je voyage et j’apprécie le fait d’aller autour du monde. C’est vraiment ce que je voulais faire.

Vous arrive-t-il de regarder les joueurs belges plus âgés et de vous dire que vous pouvez faire comme eux ?

Je n’aime pas me comparer mais je suis admiratif des joueurs belges qui ont réussi à entrer dans le Top 100. Au niveau du jeu, c’est sans doute celui de Malisse qui m’impressionne le plus. Mais les autres, Steve, Olivier, Kristof, ils ont tous un talent fou.

Vous donnez parfois l’impression d’être très calme, voire un peu trop gentil ?

Non, je suis réservé, c’est vrai, et je n’ai pas vraiment besoin des autres mais je ne suis pas ce que l’on peut appeler un gentil. Sur le terrain, je peux être méchant dans mon jeu. Mais je ne suis pas non plus un teigneux, j’essaye de rester calme, de ne pas m’enflammer. C’est peut-être pour cela que l’on peut avoir l’impression que je suis gentil.

Quel est le joueur de votre génération dont vous diriez qu’il est un futur grand ?

Grigor Dimitrov. Il joue vraiment bien. J’ai joué contre lui et je n’ai pas été ridicule mais je pense qu’il peut aller loin.

On dirait que vous avez ressenti un déclic en cours de saison 2010 ?

Oui, c’est vrai, j’avais eu un assez mauvais début d’année puis j’ai rejoué des futures pendant lesquels j’ai repris confiance en gagnant quelques matches. Puis, en mai, j’ai recommencé à bien jouer.

Tiens au fond, si vous n’aviez pas été joueur de tennis, vers quelle profession vous seriez vous dirigé ?

Sans doute un métier comme ostéopathe.

NOVEMBRE 2011

Quelle est la différence entre le David Goffin de fin 2010 et celui d’aujourd’hui ?

David Goffin : Cette saison, j’ai pris conscience que je pouvais battre des joueurs du Top 100. J’en ai battu plusieurs, dont certains au terme de très gros matches. J’ai pris beaucoup d’expérienJce. Je pense pouvoir dire que j’ai passé un cap.

Vous refusez généralement de parler d’objectifs à court et moyen termes. Cela veut-il dire que vous avez un plan de carrière ?

Non, pas vraiment mais il est vrai que je travaille à long terme. Mon objectif principal, c’est de faire en sorte de pouvoir à terme rester dans le Top 100 le plus longtemps possible. C’est pour cela que je prends beaucoup de précautions au niveau physique. Je fais donc beaucoup de prévention surtout au niveau de l’épaule, de la hanche.

Mais, vu votre talent et au vu de la fin de votre saison 2011, il est difficile de ne pas se dire que l’année qui vient devrait vous emmener au minimum dans le Top 100, non ?

Je n’ai pas d’objectif de classement. Ce qui compte, c’est d’améliorer les attitudes.  Je dois être plus combatif, ne rien lâcher sur un terrain, être pro en dehors du court, ne pas m’énerver même si l’autre a fait un gros match. En résumé, que je gagne ou que je perde, je dois sortir du terrain sans avoir quelque chose à me reprocher.

Ok, David, mais il est difficile, je le répète, de ne pas vous imaginer dans le Top 100 d’ici quelques mois.

Si je confirme mon niveau de fin de saison, il est vrai qu’il serait logique que je m’approche du Top 100. Il y a bien eu un déclic en fin de saison, que ce soit à l’Ethias Trophy ou dans les gros Futures que j’ai disputés par après et au cours desquels j’ai réussi à prouver que j’étais effectivement en forme.

Cette logique voudrait que vous entriez directement dans le tableau final des Grand Chelem, au plus tard à l’US Open, non ?

Je ne veux pas me mettre de pression de ce style. Je ne raisonne pas en termes de classement. Le but, c’est de faire du mieux possible, de ne pas penser aux points mais bien au jeu. Si je joue bien, le classement suivra.

Je vais poser la question autrement. Quand vous vous projetez dans le futur dans quatre ou cinq ans, vous imaginez quoi ?

M’être installé durablement dans le Top 100. Et avoir vécu des grands moments, dans des grands tournois. Si on me disait maintenant que je vais réussir une carrière à la Oli (Rochus), je signerais tout de suite des deux mains. C’est pour des matches comme il en a joué beaucoup que l’on joue au tennis. Quand j’étais petit et que je le voyais jouer ces gros matches, je l’enviais, il me faisait rêver.

Maintenant que vous vous entraînez en sa compagnie et que vous disputez parfois les mêmes tournois, il vous aide ?

Oui, vraiment. Avoir Oli ou Steve (Darcis) auprès de soi, c’est génial car ils nous intègrent dans le milieu, ils nous montrent la voie. Ils me donnent des conseils, m’encouragent, me disent parfois comment jouer tel ou tel joueur. C’est vraiment très sympa de leur part.

En ce sens, vous allez probablement vous retrouver dans l’équipe de Coupe Davis d’ici quelques mois, en leur compagnie. Il s’agira d’un rêve qui se concrétise ?

Depuis que je suis tout petit, je rêve de faire partie de l’équipe belge. Sans Xavier (Malisse), je suis quatrième joueur belge au classement. Donc, oui, ce sera peut-être enfin l’occasion pour moi de jouer pour mon pays.

Un stage comme celui de La Manga, c’est utile pour créer un esprit Coupe Davis ?

Oui, c’est génial comme rassemblement. Il y a une super ambiance, la plupart des meilleurs Belges sont présents et l’esprit de groupe est vraiment très bon.

Tennistiquement, que devez-vous améliorer ?

Le service et la volée. Je dois être capable de servir de manière plus constante et je ne dois pas hésiter à venir terminer les points au filet.

Ce n’est pas dans votre tempérament, de vous montrer offensif ?

Je ne dois pas me forcer pour aller au filet mais je ne le fais pas assez.

Mentalement, il semblerait que vous ayez fait un énorme bond en fin de saison dernière.

Oui, il est clair que mes victoires serrées face à Oli (Rochus) et Falla à l’Ethias m’ont donné confiance. Et, quand on a confiance, le mental suit bien. Lors de ces matches, je me suis battu sur chaque point. Et dès qu’un gros point se terminait, je pensais directement au suivant. Même quand j’étais malmené, je continuais et ils ont fini par craquer.

Quelle est la différence entre un bon joueur et un champion ?

Il y a deux étapes à franchir pour être un champion. Un, il ne faut rien lâcher. Deux, il faut être capable de tirer un coup magique dans les moments clé. Un peu comme Oli quand il a tiré un passing de revers d’enfer dans le tie-break du troisième à Mons alors que je pensais qu’il était dans les cordes.

Vous en êtes où?

Disons que je parviens maintenant à ne pas trop lâcher mais je ne suis pas encore apte à tirer des coups magiques.

Quel est, pour vous, le joueur intouchable ?

Roger Federer. Je rêve de le jouer dans un grand stade mais je serais peut-être bien tétanisé car j’ai trop de respect pour lui. Puis, il y a aussi, évidemment, Nadal, Del Potro ou Ferrer qui me paraissent imbattables, surtout en cinq sets. Si je devais les rencontrer maintenant, mon objectif serait de parvenir à les ennuyer un maximum. De ne pas prendre un triple 6-1.

Vous voyez un Top 10 contre qui vous pourriez déjà gagner ?

Robin Söderling…. Ce serait compliqué, évidemment, mais j’aime bien jouer en contre…

Venons-en à votre staff. De qui est-il constitué ?

De mon papa, qui gère entre autres tout ce qui est administratif, financier, etc. Mon entraîneur, Réginald (Willems) , le staff de l’AFT et j’ai aussi un manager de chez IMG qui négocie mes contrats, les pubs et les wild cards.

L’argent est-il un sujet tabou ?

Non, pas du tout. Il faut gagner sa vie et il est logique d’y songer mais il faut se concentrer sur l’aspect sportif. Cela dit, je ne nie pas qu’une fois le tournoi terminé, cela  fait plaisir de recevoir un chèque (sourires).

Les montants que l’on peut toucher dans le tennis vous choquent ?

(Rires) Non, vraiment pas. Il ne faut pas oublier que nos carrières sont courtes. Cela dit, si l’argent n’est pas du tout un sujet tabou, ce n’est jamais moi qui vais aborder en premier le sujet. Je peux en parler mais il n’est pas dans l’habitude de la famille de discuter souvent de cela.

Regardez-vous souvent le tennis à la télé ?

Non, pas souvent, sauf des matches comme celui entre Djokovic et Federer. C’était dément, comme match.

Et le tennis féminin ?

Jamais, non.

Qu’est-ce que vous aimez dans le tennis ?

Le jeu. J’adore le jeu.

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