Bjorn Borg, l’un de mes héros

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Sweden's tennis player Bjorn Borg jubilates here 7 june 1981 at Roland Garros Stadium after defeating Czech Ivan Lendl in the Men's French Open finals. (Photo by PATRICK DE NOIRMONT and - / AFP)

Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez ce que je pense de l’appellation GOAT, Greatest of All Time. Je n’en pense que du mal car il est pour moi impossible de comparer les époques.

Les temps changent tellement, les techniques changent tellement, les méthodes d’entraînement changent tellement, les moyens de locomotions changent tellement qu’il est tout simplement sans intérêt de se demander si Borg était plus fort que Sampras, ou si Federer aurait été plus fort qu’Agassi.

Il est impossible de le faire car nul ne sait comment Borg aurait appréhendé les techniques modernes et si son lift aurait été aussi impressionnant avec les raquettes actuelles qu’avec ses fameux petits tamis en bois.

Qui plus est, et c’est humain, on va tous avoir tendance à ne parler que des joueurs que l’on a vus, soit en vrai, soit à la télévision. Ce qui veut dire que, par exemple, tous les joueurs nés avant l’apparition de la télé ont moins de chances d’être catalogués comme étant le GOAT.

Certains avancent alors que les palmarès peuvent désigner le GOAT. Je leur rétorque alors que la GOAT féminine, en tennis, serait alors Margaret Court puisqu’elle est la seule à avoir gagné 24 titres de simple en Grand Chelem. J’ai déjà écrit sur le sujet et vous conviendrez avec moi, qu’avec tout le respect que l’on doit à cette joueuse formidable, on peut difficilement garantir qu’elle a plus marqué le tennis que les soeurs Williams, Chris Evert, Martina Navratilova.

A son époque, l’Australian Open, qu’elle a remporté à 11 reprises, était considéré comme un ‘petit’ Grand Chelem et nombre de joueurs évitaient régulièrement ce déplacement long et couteux.

On pourrait aussi combiner le palmares avec le nombre de semaines en première position, voire encore tout autre critère mais je préfère en rester là car je pense que le fait que, sur une seule génération, trois joueurs aient réussi l’exploit de gagner 20 tournois du Grand Chelem démontre à suffisance qu’il n’y a pas, qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais de GOAT.

Par contre, comme je le disais dimanche soir sur ma page Facebook, nous avons tous nos héros à nous qui, bien souvent, sont les joueurs qui nous ont soit amenés à jouer au tennis, soit qui nous ont subjugués quand on était jeunes, soit qui nous fascinent encore une fois adulte.

Ces héros là sont des héros individuels et il ne sert à rien d’essayer de convaincre l’autre que ses propres choix sont les plus judicieux.

Mes premiers héros, je vous l’ai déjà dit, sont Tom Okker et Arthur Ashe. J’ai vu, je ne sais par quel hasard, un match de ces deux joueurs et ce sont eux qui m’ont convaincu de choisir le tennis plutôt que le football (et aussi la distance entre la maison et les deux clubs 😉

Puis, bien entendu, il y a eu Bjorn Borg. Un Borg qui a marqué les esprits. D’une part, évidemment, parce qu’il pratiquait un jeu particulièrement innovant et, aussi (et surtout?) parce qu’il a marqué l’histoire de Roland Garros au moment même où la télévision a commencé à diffuser la quasi entièreté des matches.

Ajoutez à cela le fait que le tennis se professionnalisait de plus en plus et vous comprendrez pourquoi Borg était omniprésent sur les affiches publicitaires, ventant soit la marque Fila, soit Canada Dry, soit tout autre sponsor.

Pour moi, Borg reste le joueur de référence, d’autant que, loin de jouer comme lui, j’aimais assez bien sa philosophie de jeu, qui veut que l’on frappe la balle une fois de plus que son adversaire.

Philosophie que j’ai fait mienne, du moins quand mes jambes me permettaient de compenser une technique un rien défaillante.

John McEnroe est quant à lui le joueur qui m’a le plus impressionné. Il était pour moi le joueur qui avait inventé un nouveau style, là ou Roger Federer est sans doute le joueur qui a le mieux intégré et développé la technique suprême.

John avait son tennis, Roger est, pour moi toujours, le tennis (ben oui, je sais que beaucoup pensent que je ne l’aime pas, ce qui n’est pas tout à fait faux, mais je suis un grand fan de son jeu)

J’ai aussi beaucoup aimé Ivan Lendl (toujours pour les mêmes raisons de philosophie de jeu), Mats Wilander, Guillermo Vilas, Andre Agassi, Jim Courier, Thomas Muster, Michael Chang, Rafaël Nadal…

J’avais moins d’atome crochus avec des Michael Stich ou des Stefan Edberg car je n’ai jamais été un grand fan du tennis offensif. Mais j’appréciais beaucoup Pat Rafter et Pat Cash car ils avaient un charisme impressionnant.

Petr Korda m’a ébloui par la qualité de ses trois revers (lifté, plat, slicé) et Andrei Chesnokov par sa capacité à lire le jeu adverse.

Victor Pecci et Michael Pernfors m’ont beaucoup amusé, tout comme le fait aujourd’hui Fabio Fognini.

j’en oublie certainement mais je ne vais pas vous raconter tout en une fois.

Une chose est certaine, le tennis qui m’a le plus marqué est celui que j’ai vécu à mon adolescence, lorsque mon papa médecin sortait de son cabinet pour regarder un match avec moi alors même que sa salle d’attente était pleine de patients.

Il prenait du retard dans sa patientèle et moi dans mes révisions d’examens…

Mais cela, je pense, nous l’avons tous fait 😉

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