Bilan 2021 (5): avec David, tout est possible, tout

0
426
Tennis - ATP World Tour Finals - The O2 Arena, London, Britain - November 18, 2017 Belgium's David Goffin shakes hands with Switzerland's Roger Federer after winning their semi final match Action Images via Reuters/Tony O'Brien

Je vais commencer cet article en rappelant ce que certains oublient trop souvent ou font semblant d’oublier trop souvent.

David est le seul joueur belge masculin à être entré dans le Top 10, il a été 7ème mondial en 2017, suite à sa formidable prestation aux Masters de Londres où il avait battu Roger Federer et Rafaël Nadal.

Il a gagné 5 titres en simple: Kitzbuhel 2014, Metz 2014, Shenszhen 2017, Tokyo 2017 et Montpellier 2021.

Il a gagné un titre en double: Doha 2018 aux côtés de Pierre-Hugues Herbert.

Il a mené deux fois la Belgique en finale de la Coupe Davis: en 2015 et 2017 (je sais que l’on retient le plus souvent les victoires de Steve Darcis et on a raison mais David a fait plus que sa part).

Il a battu deux fois le numéro 1 mondial et les deux fois c’était Rafaël Nadal.

Il a battu deux fois le numéro 2 mondial: Djokovic et Federer

Il a battu une fois le numéro 3 mondial: Del Potro.

En Grand Chelem, il a pris part à tous les tableaux finals depuis Roland Garros 2012, sauf à l’Australian Open 2014 (blessure), à Wimbledon 2017 (blessure) et à Wimbledon 2020 (Covid) et 2021 (blessure).

On me dira que tout cela, c’est bien beau mais remonte à loin…

Ce n’est en fait pas tout à fait exact. En 2021, David a en effet été en demi de l’ATP 250 d’Antalya, il a gagné l’ATP 250 de Montpellier et a atteint les quarts de l’ATP 1000 de Monte Carlo.

Avouons que nombreux seraient les joueurs qui se contenteraient d’un tel palmarès, d’autant que David a vécu une saison de blessures, lesquelles l’ont éloigné des courts de longs mois durant.

Que l’on me comprenne bien, je ne suis pas naïf et je suis le premier à estimer que les deux ou trois dernières années n’ont pas été à la hauteur de l’immense talent de David. Le Covid ne l’a évidemment pas aidé mais il avait déjà montré des signes de lassitude avant la pandémie. Lassitude qui l’a empêché de se battre comme on l’attend d’un joueur de son niveau.

Mais méfions nous aussi du langage corporel de David: sauf à de très rares occasions, il ne montre que très peu son envie de vaincre. Sa faconde laisse alors à penser qu’il se moque de gagner ou de perdre, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Par contre, il est évident que David a perdu, à certains moments, l’envie qui est indispensable quand on veut se maintenir au plus haut niveau.

J’ajoute d’ailleurs tout de suite que la clé du retour au top de Goffin passera par cette envie.

Car je n’ai aucun doute sur le fait que son jeu et son physique sont au point.

Lui et son staff élargi ont énormément travaillé au cours des derniers mois et ils ont même pu se concentrer sur un travail de fond.

Je répète donc que je n’ai pas de doute sur la capacité du Liégeois à jouer à nouveau avec les meilleurs.

Mais je n’ai aucune vue – et lui non plus d’ailleurs – sur l’envie qui l’habite.

Car l’envie ne se commande pas. J’ai déjà écrit ici – pour l’avoir vécu à mon faible niveau – qu’on ne pouvait pas commander l’envie.

On peut s’entraîner comme un fou, croire que tout est en place, être motivé et se trouver tout démuni dès la fin des premiers jeux officiels.

On peut croire que l’on est prêt et dès qu’un bâton vient gripper la machine, se retrouver dans la même situation que quelques mois plus tôt.

Je ne dis pas que c’est ce qui va se passer mais je dis que, pour le savoir, il va falloir s’armer de patience.

C’est pour cela que je n’ai pas commenté la défaite de David en exhibition et que je me garderai bien de tirer des conclusions avant quelqu »s tournois.

David a besoin de matches, évidemment, mais surtout de victoires. Et personne ne sait comment il réagira si les victoires ne se présentent pas dans les premiers mois.

Il est aussi un fait qu’il ne faut pas occulter: son classement qui va le priver régulièrement du statut de tête de série.

Cet état de fait peut cependant présenter un avantage: David déteste être favori d’un match. En n’étant pas tête de série, il sera quasi sans arrêt – du moins au début de la saison – dans le costume de l’outsider, ce qu’il préfère nettement.

Et, donc? Quel est mon pronostic pour 2022?

Je n’en ferai pas. Comme je viens de l’expliquer, seuls les matches officiels nous donneront quelques indications. Pas sur le potentiel du meilleur joueur belge mais bien sur sa capacité mentale à retrouver la capacité de s’exprimer régulièrement à son meilleur niveau.

Bref: attendez-vous, comme depuis… toujours, à des surprises.

Une surprise pouvant être positive comme négative.

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY