Bilan 2021 (12 et der) David, Elise et Joachim, leaders incontestables

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epa06415032 David Goffin and Elise Mertens of Belgium in action during the mixed doubles match between Daria Gavrilova with Thanasi Kokkinakis of Australia and Elise Mertens of Belgium with David Goffin of Belgium on day 5 of the Hopman Cup tennis tournament at Perth Arena in Perth, Western Australia, Australia, 03 January 2018. EPA-EFE/TONY MCDONOUGH AUSTRALIA AND NEW ZEALAND OUT

Cette semaine, Elise Mertens et David Goffin reprennent le collier. La première est à Abu Dhabi, le deuxième à Antalya.
Et tous les deux sont tête de série, Elise 7 ème et David 2 ème .
Rien que cette dernière phrase devrait suffire à faire comprendre aux amateurs de tennis belge que les choses vont assez bien pour les leaders nationaux.
20eme et 16 ème mondiaux, Mertens et Goffin font partie de l’élite mondiale et ce, depuis quelques années déjà. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le classement en fin d’année de nos deux locomotives.
David Goffin : 22 e en 2014, 16 e en 2015, 11 e en 2016, 7 e en 2017, 22 e en 2018, 11 e en 2019 et 15 e l’an dernier.
Elise Mertens : 36 e en 2017, 12 e en 2018, 17 e en 2019 et 20 e en 2020.
Pourtant, malgré ces statistiques tout à fait positives, on a parfois l’impression que les résultats répétés des deux Belges génèrent la frustration plutôt que la satisfaction.
Cela est à mon sens dû à différentes raisons.

  1. Vous l’avez lu, David a été 7 ème mondial et Elise 12eme. Dès lors, tant que leur classement ne sera plus aussi élevé, il y aura toujours des observateurs pour estimer que c’est une catastrophe. Pourtant, être Top 20 est loin d’être une sinécure, plus encore en messieurs
    qu’en dames mais en dames également, que l’on ne se méprenne pas.
  2. David et Elise sont aussi davantage des joueurs et joueuses de tournois qui se jouent en une semaine plutôt qu’en Grand Chelem. Elise a certes joué une demi-finale (Australian 2018) et deux quarts (US Open 2019 et 2020) mais depuis la grande période de Henin et Clijsters,
    certains Belges ne se contentent plus d’un quart ou d’une demi mais veulent à tout prix une finale, oubliant sans doute que la route est longue lors de chaque Grand Chelem. Côté masculin, David a quant à lui disputé trois quarts (Australian 2017, Roland 2016 et Wimbledon 2019), mais d’aucuns estiment que ce n’est pas suffisant et que, en plus, Filip Dewulf et Xavier Malisse ont fait mieux que lui…
  3. Il faut aussi évoquer le langage corporel de David Goffin qui laisse à penser (et parfois à raison) qu’ils ne donnent pas tout sur le terrain. Je ne vais pas m’étendre davantage sur le sujet car je l’ai souvent abordé ici, mais il est un fait que la manière de faire de David est rarement comprise par ceux qui ne le connaissent pas vraiment et qui voudraient en faire un bagarreur comme l’était par exemple Christophe Van Garsse, pour rester en Belgique.
  4. Elise Mertens a nettement moins cette réputation mais il faut bien dire qu’à part les fans totaux de tennis qui trouvent toujours des streamings, il est assez compliqué de la voir jouer à la télévision.
  5. Tant Elise que David donnent aussi parfois l’impression, en interview, de se contenter assez vite de leurs résultats. Ils ont sans doute le tort de dire tout haut ce qu’ils pensent alors que certains aimeraient qu’ils soient davantage gouailleurs et crient haut et fort qu’ils sont là
    pour gagner et qu’ils sont déçus de leurs performances plutôt que de s’en contenter.
  6. La méconnaissance du niveau du tennis mondial laisse parfois croire qu’être ou avoir été 7eme ou 12eme, cela ouvre forcément les portes des demi-finales ou des finales des grands rendez-vous. C’est évidemment totalement faux. Le classement, je le dis souvent,
    représente le niveau moyen d’un joueur ou d’une joueuse au cours des 12 derniers mois. D’autres joueurs, moins réguliers que ne le sont les deux Belges, sont par contre plus explosifs et dotés d’armes plus percutantes sur un tournoi eu deux semaines. Prenons par exemple le classement masculin. Peut-on réellement affirmer que des Wawrinka, Dimitrov ou Fognini, classés légèrement derrière David, sont moins forts que lui, du moins sur un match. Qui plus est en 5 sets ? Non, évidemment.
    Est-ce à dire que David Goffin et Elise Mertens ne reviendront plus à leur meilleur niveau, voire à le dépasser ? Là, il me faut séparer les deux joueurs qui n’ont pas du tout le même âge.
    A 25 ans, Elise a évidemment encore de nombreuses années devant elles – sauf si, comme nombre de numéros 1 belges, elle arrête sa carrière assez tôt – alors qu’à 30 ans, David est forcément plus proche de la fin de carrière que du début, même s’il devrait encore pouvoir jouer 4 ou 5 ans si les blessures le laissent en paix.
    Pour Elise, je pense qu’il est tout à fait raisonnable de l’imaginer s’installer confortablement entre la 10 e et la 20 e place mondiale. Il suffirait d’une nouvelle grande perf en Grand Chelem (comme sa demi à l’Australian) pour la voir se rapprocher à nouveau du Top 10. Mais, comme déjà dit, c’est sur la constance qu’elle doit miser davantage.
    N’oublions pas, aussi, qu’Elise est également une formidable joueuse de double, comme en témoigne sa 6 e place mondiale.
    Et David ? Si, comme il l’a confié cette semaine, il recommence à faire du Goffin, on peut espérer le revoir à nouveau performant sur des tournois disputés en une semaine. Mais avec David, il est toujours très compliqué de donner des pronostics car son tennis est terriblement lié à son mental et, surtout, à son envie. Si cette envie est revenue, alors, oui, on peut se dire qu’il peut à nouveau titiller les meilleurs sur une semaine.
    Sur deux semaines, je me laisse le temps de voir comment il se comportera lors de ces mois de janvier et février.
    Mais, quoi qu’il arrive dans les mois à venir Elise et David seront, encore et toujours, les leaders du tennis belge.
    Côté tennis en fauteuil, c’est évidemment Joachim Gérard qui l’est. 4 e mondial, Joachim termine l’année dans le Top 10 depuis…. 2012 !
    Il a gagné 28 tournois en simple et 29 en double, dont 4 épreuves du Grand Chelem. Et, cette année, on ne peut que lui souhaiter d’atteindre son graal : une victoire en simple en Grand Chelem.
    NB : c’est ici que se termine mes bilans 2020. N’oubliez pas que je donne tous les résultats su l’onglet Programme et Résultats de ce blog, ainsi que sur ma page Facebook.

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