Bilan 2020 (8): l’abnégation des gladiateurs et gladiatrices

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Ils et elles ont 25 ans et plus.

Ils et elles ne sont pas (encore? ou plus?) dans le Top 200.

Ils et elles, pour la plupart, n’ont jamais été Top 100 même si certains et certaines l’ont approché de très près.

Ils et elles, malgré les coups durs, malgré parfois les blessures, malgré cette année de m…., continuent à y croire et à se battre contre vents et marées pour, si pas atteindre l’objectif de leur jeunesse, du moins tout donner pour ne rien avoir à regretter.

Eux et elles n’ont pas droit aux traitements de faveur des élites.

Ils et elles ne fréquentent pas les hôtels de rêve et, quand ils sont dans un tournoi, il ne s’agit pas d’un Grand Chelem ou même d’une étape du grand circuit.

Non, bien souvent, quasi tout le temps, ils sont dans des 25.000 ou des 15.000.

Et, quand ils et elles vont loin dans leur tournoi, ils gagnent juste de quoi payer leurs frais, et encore.

Parfois, souvent même, surtout en cette année de m…, ils et elles s’installent pour de nombreuses semaines dans des complexes hôteliers qui organisent plusieurs épreuves d’affilée, se garantissant de ce fait la location de chambres.

Pas des chambres de 5 étoiles, non, de simples chambres, qu’ils et elles ne peuvent pas toujours quitter.

D’une part, cette année, parce qu’il y a la crise sanitaire, mais aussi parce qu’ils et elles n’ont ni le temps, ni surtout l’argent pour s’adonner à des pratiques touristiques.

Alors, quand ils ou elles perdent au premier tour, ils attendent la semaine suivante. S’entraînent parfois sur des demi-terrains qu’ils doivent partager car ils et elles sont! nombreux dans le même cas.

Ils et elles, ce sont ceux que j’appelle les gladiateurs et les gladiatrices du circuit.

Et, aujourd’hui, je tiens à leur rendre hommage.

Car, si la vie est certes parfois frustrante pour l’élite, elle est bien plus que cela pour ces joueurs et ces joueuses qui savent que leurs chances diminuent d’année et année mais qui continuent, je l’ai dit, à prendre le chemin de l’espoir.

Ils et elles, méritent des encouragements.

Je pense à Marie Benoît, 25 ans, 237e mondiale qui a gagné 58 places cette saison malgré les conditions.

Je pense à Maryna Zanevska, 27 ans, qui a été si proche du Top 100 (105) et qui a galéré au cours des dernières saisons. Elle est toujours aux abords de la 250e place, ce qui est loin d’être mal mais tellement insuffisant pour gagner sa vie.

Je songe à Kimberley Zimmermann, qui malgré les blessures et les difficultés, continuent avec audace à se battre. En simple – elle est 472e, mais aussi en double où elle enchaîne de bons résultats et vient d’ailleurs de gagner un 25.000 avec Lara Salden.

Mais il y aussi Ruben Bemelmans, qui a été Top 100 et a goûté aux joies des Grands Chelems, et qui, à 32 ans, tente de se rapprocher du Top 200 et continue de s’accrocher.

Même chose pour Kimmer Coppejans, joueur qui est doté d’une générosité sans faille et qui, à 26 ans y croit encore et toujours.

Que dire de Yannick Mertens. Il a 33 ans et continue à enchaîner les tournois.

Il y a aussi Michael Geerts, Christopher Heyman et ceux et celles que je n’ai pas cités mais qui mérite tout autant cet hommage.

Il y a aussi des gladiateurs qui se battent quasi sans arrêt avec les blessures. Jeroen Vanneste dont on me dit qu’il va bientôt revenir, Julien Cagnina qui n’a plus joué depuis février, Joris De Loore dont le dernier match remonte à novembre 2018….

Arthur De Greef, aussi, qui va s’occuper d’Ysaline Bonaventure mais qui ne renonce pas, affirme-t-il, à sa carrière personnelle…

Non, vraiment, ces gladiateurs et ces gladiatrices méritent tout notre respect. Et je continuerai, comme depuis plus de dix ans, à donner leurs résultats en simple, où qu’ils jouent et quel que soit la dotation du tournoi qu’ils fréquentent.

Le vrai tennis, parfois, souvent, est le leur.

Pas toujours celui des extra-terrestres.

Photo: Kimberley Zimmermann

Pour suivre: et les plus jeunes?

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