Bilan 2019 (7): une paire qui gagne!

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Je commence mes bilans individuels avec… un duo. Joran Vliegen et Sander Gillé ont en effet marqué – et de quelle manière – l’année du tennis belge.

Il y a quelques années, c’était je pense au début de la merveilleuse campagne 2015, j’écrivais sur ce blog qu’il ne serait pas idiot d’un jour faire confiance à une paire alors peu connue mais qui avait, déjà, le mérite de croire en elle et de ne se consacrer qu’au double.

Je pensais, vous l’aurez compris, au duo Vliegen et Gillé.

Quelques jours après la publication de cet article, je me suis rendu aux entraînement de la Coupe Davis et un joueur de l’équipe, dont je tairai charitablement le nom 😉 , m’a regardé en riant et m’a dit : « non, mais, tu penses vraiment ce que tu as écrit? Tu penses vraiment que Joran et Sander sont aptes à jouer en Coupe Davis? Qu’ils sont plus forts que les équipes que l’on pourrait proposer?« 

Je dois à la vérité de dire qu’à l’époque, non, en effet, je ne pensais pas que Joran Vliegen et Sander Gillé étaient déjà plus forts que, par exemple, David Goffin et Steve Darcis ou que Joris De Loore et Ruben Bemelmans. Non, tel n’était pas mon propos. Mais, j’estimais alors qu’il n’aurait pas été absurde, si pas de les sélectionner tout de suite, du moins de leur faire goûter l’ambiance de l’équipe.

Diantre, ces deux gaillards, qui étaient alors encore très loin du Top 50 ont eu une audace que quasiment aucun duo belge n’a eu avant eux.

Nous avons bien eu des joueurs de double de talent, comme Tom Van Houdt, Dick Norman ou Libor Pimek, mais, sauf erreur, je n’ai pas souvenir d’une paire 100% belge ayant décidé de tout miser sur le double et d’y croire dur comme fer comme le font Sander et Joran depuis des saisons et des saisons.

Nous avons aussi eu des paires incroyablement fortes, comme celle composée de Xavier Malisse et d’Olivier Rochus mais il s’agissait là de deux grands joueurs de simple qui ont à différentes reprises – et avec un énorme succès – décidé de s’allier en double lors d’un tournoi qu’ils disputaient en simple.

Bref, donc, oui, j’ai toujours éprouvé de la sympathie et un énorme respect pour ces joueurs qui osaient reconnaître que leur avenir n’était pas dans le simple mais qui ont continué à croire en eux.

Cette année, leur abnégation, leur motivation, a – enfin – été récompensée. Avec une série sidérante de belles performances.

Jugez plutôt: victoire au Challenger de Bratislava, victoire à l’ATP 250 de Bastad, victoire à l’ATP 250 de Gstaad, finale à l’ATP 250 de Kitzbuhel, et demi à l’ATP 250 de Winston-Salem, finale au Cjallenger de New Haven, demi à l’ATP 250 de St Pétersbourg, victoire à l’ATP 250 de Zhuhai et demi à Anvers!

Grâce à ces parcours, Sander et Joran sont entrés et se sont installés dans le Top 50 mondial de la discipline! Un véritable exploit à mes yeux.

En Coupe Davis, après leur première sélection en 2018 pour le quart face aux USA (défaite en 4 sets face à Harrison et Sock), les deux Belges ont largement contribué à la qualification de l’équipe nationale pour Madrid.

Lors du très périlleux voyage de premier tour au Brésil, ils ont, tout simplement, battu la paire locale composée des redoutables Melo et Soares. 6-4 7-6 pour donner l’avantage aux Belges, un avantage concrétisé par un très remonté Kimmer Coppejans, vainqueur de ses deux simples (je reviendrai sur Kimmer dans un autre bilan)

A Madrid, Gillé et Vliegen ont tenu la dragée haute à la première paire mondiale colombienne face à laquelle ils ne se sont inclinés qu’au tie-break de l’ultime manche.

Avec ce parcours et avec leurs performances en tournois, Sander et Joran sont assurés, sauf blessure ou grosse crise, de rester dans l’équipe pour quelques saisons encore. Ils seront sans aucun doute du voyage en Hongrie en mars prochain.

Bref, il s’agit bien d’une formidable histoire d’une paire qui gagne.

Pour suivre: Kimmer Coppejans, le retour!

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