Bilan 2016 (8) : les gladiatrices du tennis féminin belge

0
1378
Tennis Bovy Haumont
Margaux Bovy ©Philippe Buissin/ IMAGELLAN

Je vais m’intéresser aujourd’hui aux joueuses classées derrière la 300eme place mondiale. Pour la plupart, elles sont assez jeunes, il ne faut donc pas tirer de conclusions trop hâtives.

Il y a 19 joueuses belges classées de la 300eme à la 1067eme. 14 d’entre elles ont 21 ans et moins, ce qui veut dire qu’elles n’ont (sans doute) pas encore atteint le maximum de leur potentialité.

Par contre, pour les plus âgées, il faut bien dire que ce sera compliqué de percer à plus de 23 – 24 ans. D’autant que certaines d’entre elles (Boeykens, Distelmans, Oyen) n’ont pas progressé au classement en un an. A ce niveau et à cet âge, une régression en 12 mois est un mauvais signe. Qui est moins perturbant pour  Boeykens qui n’a perdu que 4 places dans le Top 400 alors que Distelmans a chuté de 143 positionss pour se retrouver 955eme. Oyen est quant à elle désormais 719 alors qu’elle avait commencé l’année à la 452eme position.

Chez les plus âgées, toujours, on notera la belle progression de Catherine Chantraine qui est passée de la 1045eme à la 791eme position.

Avant de revenir aux plus jeunes, il est indispensable de faire une mise en garde: à ce niveau et à cet âge, toutes les joueuses ne sont pas égales devant le circuit. Certaines sont étudiantes (en Belgique ou à l’étranger), certaines n’ont pas de moyens financiers et rament pour aller disputer des tournois à l’étranger. Bref, on est dans une zone où, quand on a plus de 21 ans, les portes ont tendance à se fermer et où la débrouille est souvent nécessaire pour rester performante.

Autre précision importante: le classement ne veut sans doute pas dire grand chose quand on est en-dessous de la 500eme position. Au dernier classement WTA (celui du 12 décembre), Victoria Smirnova, 959eme mondiale, avait 11 points pour 44 à Klaartje Liebens, 578eme mondiale. Une ou deux bonnes semaines peuvent propulser des joueuses de plus de 100 ou 200 places.

Je passe maintenant aux plus jeunes.

Greet Minnen poursuit sa progression. 932eme fin 2013, elle est désormais 347eme. Elle a poursuivit sa route dans les ITF, réussissant de belles apparitions dans des 25 ou des 50.000 dollars. A suivre sans aucun doute en 2017.

Très joli bond de Kimberley Zimmermann qui a gagné quasi 300 places au classement. Belles progressions aussi de Déborah Kerfs, Helene Scholsen et Britt Geukens qui ont toutes trois progressé de plus de 100 places. Une confirmation est attendue pour 2017 mais c’est plutôt pas mal.

Marie Benoit a quant à elle reculé, tout comme Klaartje Liebens qui a connu une année assez difficile. Marie et Klaartje ont 21 ans et vont devoir absolument rebondir en 2017. Elles en ont la capacité.

Je passe maintenant aux moins de 20 ans. J’ai déjà parlé de Greet Minnen. Magali Kempen, qui vient de fêter ses 19 printemps, a un peu stagné mais elle demeure un espoir du tennis féminin belge. Eliessa Vanlangendonck a pris plus de 400 places. Les jumelles Smirnova ont toutes deux pas mal progressé tout comme Mathilde Devits.

Quant à Margaux Bovy, elle a fait fort en fin de saison pour se retrouver à la 879eme place. Membre d’une famille oh combien sportive (Arnaud et Juliette sont également très compétitifs), elle suit une courbe ascendante et a d’ores et déjà fixé ses objectifs pour 2017: rentrer dans le top 500 et atteindre le plus souvent possible le dernier carré de 15.000 $ et de participer à des 25.000 et 50.000$.

Comme ses consoeurs aspirantes professionnelles, elle devra continuer à y croire, à accepter les défaites, les désillusions, savourer les victoires et les performances.

Mais, surtout, comme tous les tennismen du monde (et comme devraient le faire tous les parents du monde, tous les observateurs du monde), elle devra sans cesse avoir en tête ce principe fondamental du sport: si un sportif a le droit de gagner, il a aussi le droit de perdre.

L’important étant de donner le maximum à chaque entraînement, chaque sortie, chaque tournoi, chaque match.

La défaite n’est pas une punition, pas une preuve que l’on est mauvais. Une défaite est simplement un obstacle qui peut devenir un tremplin.

Vers quoi? Pas obligatoirement le Top 50 mais bien vers le sommet de son propre potentiel.

Si je vous dis cela, c’est parce que je voudrais signaler ici le respect que j’éprouve pour tous les gladiateurs et gladiatrices du tennis qui, d’année en année, poursuivent leurs rêves, dans des tournois mineurs où il ne fait pas forcément toujours bon vivre.

Qui se donnent à fond, en tentant de décrocher une des rares places du paradis des tennismen et women.

Oui, mesdemoiselles et messieurs, je vous admire et vous souhaite le meilleur.

Patrick Haumont

Pour suivre: le sub-top masculin.

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY