Bilan 2016 (7) : de Van Uytvanck à Bonaventure

0
875
Teambuilding à Verviers. De gauche à droite: Alison Van Uytvanck, Ysaline Bonaventure, Dominique Monami, Maryna Zanevska, An-Sophie Mestach et Elise Mertens.
Teambuilding à Verviers. De gauche à droite: Alison Van Uytvanck, Ysaline Bonaventure, Dominique Monami, Maryna Zanevska, An-Sophie Mestach et Elise Mertens. (Photo Patrick Haumont)

Il y a cinq joueuses belges entre la 100eme et la 250emme place mondiale. Deux sont montées au classement en un an mais la saison n’a pas été un long fleuve tranquille.

Le tennis d’un pays ne se juge pas uniquement en tenant compte des meilleures joueuses mais bien davantage en profondeur. Réginald Willems, ex-capitaine de Coupe Davis, avance d’ailleurs souvent que la profondeur du deuxième champ de joueurs est capital pour l’avenir tennistique d’un pays.

En dames, la Belgique ne se porte pas trop mal de ce point de vue-là avec cinq joueuses entre la 100eme et la 250eme position. 5 joueuses qui, toutes, ont un potentiel de Top 100, à condition de ne pas se blesser davantage, de se montrer plus constantes et, aussi et surtout, de suivre un fil rouge qui n’est pas toujours évident à comprendre pour certaine(s) d’entre elle(s).

Alison Van Uytvanck

On commence par Alison Van Uytvanck qui avait commencé l’année dans le Top 50 mais qui la termine au-delà de la 100eme. Pour cause, un mauvais début de saison mais, aussi, et surtout, une opération à la cheville droite qui l’a éloignée des courts pendant trois mois. Et pas n’importe quels mois puisque Alison n’a pas pu défendre son superbe quart de finale de Roland Garros 2015. Dont coût, une forte chute au classement qui l’a vue revenir à la compétition en étant 134eme mondiale. Ce retour a failli se passer de belle manière puisque, à Rosmalen, Alison ne s’est inclinée que 7-6 au dernier set face à Belinda Bencic, alors 8eme mondiale.

La suite de la saison l’a alors vue se diriger davantage vers les ITF où elle s’est assez bien comportée avec une victoire au 50.000 de Stockton et au 25.000 de Las Vegas, ainsi qu’une demi au 75.000 d’Albuquerque et au 100.000 de Poitiers.

Les six premiers mois de 2017 devraient permettre à Alison de retrouver le Top 100. Un, elle en a le talent, deux, elle n’a quasi aucun point à défendre de janvier à juin, et pour cause. Mais pour atteindre cet objectif parfaitement à sa portée, elle doit absolument parvenir à aligner les semaines à un bon niveau. Comme Wickmayer, elle a parfois tendance à alterner le bon, le moins bon et, pourquoi le nier?, le mauvais. Je mise sur un Top 80 à l’entame de la saison sur gazon.

Maryna Zanevska

La néo-belge est juste derrière Van Uytvanck au classement. 122eme mondiale, elle a déjà été 107eme mais elle a chuté en raison de blessures. Depuis qu’elle est Belge, elle a intégré le Team Girls de l’AFT et était d’ailleurs présente à la chocolaterie Darcis de Verviers pour le team building mis en place par Dominique Monami dimanche et lundi (je vous proposerai bientôt des vidéos sur aftnet.be).

A cette occasion, je lui ai demandé quels étaient ses objectifs pour 2017. Elle a été très claire: « le Top 100, sans aucune hésitation, mais avant tout, je veux passer une saison sans me blesser. Mais oui, le top 100, avant de voir plus haut. »

Elle en a assurément les moyens, comme en témoignent ses résultats de fin de saison, quand elle a aligné trois finales en ITF, dont deux victoires en 50.000.

Elle devrait elle aussi entrer directement dans le tableau final de Wimbledon.

Elise Mertens

125eme mondiale, Elise a réussi un très joli bond de 39 places en un an. Elle a intelligemment alterné les ITF et les incursions dans des tournois du grand circuit. Avec un certain succès puisqu’elle a gagné le 50.000 d’Atlanta, qu’elle s’est qualifiée pour le tableau final de Rosmalen avant de se hisser en quart. Elle s’est aussi qualifiée à Mallorque et y a passé un tour. Qualification encore à l’US Open avant de prendre le premier set à Garbine Muguruza, 3eme mondiale.

Elle terminera la saison avec deux demi-finales en 50.000, à Tampico et Toronto.

A 21 ans, Elise est sans conteste dans une spirale positive. Elle devrait entrer dans le Top 100 en cours de première partie de saison et je la vois bien être directement dans le tableau final de Wimbledon, voire même de Roland Garros.

An-Sophie Mestach

Je l’ai déjà dit ici et je le redis. J’ai beaucoup d’affection pour An-Sophie Mestach mais j’ai vraiment beaucoup de difficultés à comprendre ses choix.

En deux saisons – 2015 et 2016 – elle n’a joué que trois matches sur terre battue, faisant par deux fois l’impasse sur Roland Garros. Et j’ai appris lundi qu’elle allait commencer sa saison 2017 sur… terre battue.

Je pense qu’An-Sophie, ex-numéro 1 mondiale en juniores, dispose de qualités tennistiques évidentes mais elle a clairement des difficultés à se fixer des objectifs clairs et à suivre un fil rouge cohérent.

Ce devrait être son ambition 2017 et, si elle accepte de faire une saison ailleurs que sur le dur et le gazon, je lui donne une bonne chance de reconstruire une confiance qui lui fait défaut et de revenir dans le Top 150. Mais il va falloir garder la tête haute. Pourquoi ne pas tenter de le faire en poursuivant le double, une double, une discipline où elle n’est pas mauvaise du tout?

Ysaline Bonaventure

C’est en fin de saison qu’Ysaline s’est blessée lors d’un rendez-vous du team girls de l’AFT. Cette blessure se transformera peut-être en très bonne nouvelle car, depuis huit semaines, Ysaline n’a d’autres choix que de travailler, uniquement, l’aspect physique.

Un point qui demeure son point faible, ce qu’elle ne nie absolument pas. Elle me confiait ainsi lundi qu’elle pensait elle aussi que ce poignet cassé pourrait se révéler salutaire pour la suite de sa carrière.

Car si Ysaline dispose du tennis suffisant pour être dans le Top 100, elle manque en effet encore de physique et, aussi, de constance, les deux étant souvent liés.

Avant sa blessure, sa saison avait été, disons, en demi-teinte. Avec quelques beaux éclairs en ITF, mais aussi quelques défaites initiales qui auraient pu, pour certaines d’entre elles, être évitées.

La saison d’Ysaline devrait commencer au mois de février, voire début mars. Elle ne devrait donc pas faire appel à un classement protégé car, pour ce faire, il faut être absente du circuit pendant 6 mois, ce qui ne sera sans doute pas le cas.

Pour Ysa, je mise sur un retour dans le Top 150 au plus tard à l’été, si du moins son poignet tient le coup. Je lui conseillerais aussi de continuer à jouer simples et doubles.

Optimiste pour ces cinq joueuses? Sans doute, oui, mais je rappelle qu’elles ont entre 21 et 23 ans et qu’elles ont, toutes, déjà été plus haut qu’elles ne  sont aujourd’hui (sauf Elise qui est à son meilleur classement qui qui va encore progresser)

Alors, oui, optimiste. Raisonnablement.

Pour suivre: quels espoirs pour les autres joueuses belges?

 

 

 

 

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY