Bilan 2016 (5): la Belgique brille en tennis en fauteuil

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05/10/2016 - MONS - ETHIAS TROPHY - joachim GERARD - jef VANDORPE ©Philippe BUISSIN / IMAGELLAN

Avec 7 joueurs et joueuses dans le Top 100, le tennis en fauteuil belge se porte plutôt bien avec deux fers de lance: Joachim Gérard, 3eme mondial en seniors et Jef Van Dorpe, 2eme en juniors.

Avant tout, quelques stats, encore, avec les joueurs et joueuses belges qui étaient dans le Top 100 au dernier classement mondial du tennis en fauteuil.

Messieurs: 3, Gérard; 37 Denayer, 79 Vandorpe

Dames: 44 Verhoeven, 86 Cox

Juniors : 2 Vandorpe; 18 Peraux

On le voit, le bilan est plutôt très bon avec 7 représentants belges dans le Top 100. Seul petit bémol, l’absence totale de juniores dans le Top 500.

Si, en profondeur, le tennis belge en fauteuil n’a pas à rougir, il compte aussi deux fers de lance exceptionnels. Je parle évidemment de Joachim Gérard, vainqueur du Masters et médaille de bronze aux Paralympiques de Rio, et Jef Van Dorpe, actuel deuxième mondial en juniors et déjà 79eme en seniors.

Jef Van Dorpe et Joachim Gérard qui se sont d’ailleurs rencontrés lors du dernier Ethias Trophy (voir photo). Nul doute que ces deux-là, ainsi que, sans doute dans une moindre mesure car sa morphologie est plus frêle, Mike Denayer nous offriront au cours des prochaines années de nouvelles très belles émotions. De superbes émotions comme celles que l’on a pu vivre en finale du dernier masters (le deuxième de rang remporté par Joachim) mais surtout lors de ce fabuleux match pour la médaille de bronze à Rio.

Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de vous (re)-proposer ce texte écrit à l’occasion.

« Rio. Vendredi 16 septembre. Il ne fait pas très beau.

Sur le terrain, à un changement de côté, un homme. Il ferme les yeux. Sa tête dodeline. Il pratique une sorte d’hypnose intérieure qui le fait « voir » ce qui va se passer.

Cet exercice mental est surtout là, en fait, pour ne penser à rien d’autres qu’à son tennis.

Il est à deux ou trois jeux de la médaille olympique, son graal de toujours, son rêve si proche.

Il ne faut pas penser.

Surtout pas.

Dans les tribunes, un autre homme.

Pas d’exercice mental pour celui-ci. Non, Marc Grandjean prend des notes, des notes et encore des notes. Il n’en n’a pas besoin. Mais il doit le faire pour ne penser à rien d’autres qu’à la routine.

Cette fameuse routine qui vous permet, comme coach, de mener votre joueur vers son graal.

Rio.

Un peu plus tard.

La tête a cessé de dodeliner.

Joachim Gérard est sur le court. Deux jeux Jo. Jo comme J.O.

Deux jeux, c’est peu.

Mais c’est tellement.

Il ne pense pas Jo. Sauf à son tennis.

Il ne pense pas aux efforts consentis.

Il ne pense pas aux heures de travail dans ce fauteuil qui doit parfois peser si lourd.

Il ne pense pas aux JO de Pékin, ni, surtout, à ceux de Londres, dont il aurait aimé revenir avec, déjà, une médaille.

Il ne pense pas à cette maladie qui l’a surpris quand il avait neuf mois.

Il ne pense pas qu’il a souffert, qu’il a travaillé comme un forcené.

Qu’il a dû se battre pour que son entraîneur puisse le suivre un peu plus.

Il ne pense pas, qu’à force de conviction, on l’a enfin reconnu, comme ses amis athlètes paralympiques, comme étant des sportifs professionnels de haut niveau.

Il ne pense pas…..

Enfin, si, c’est dans un coin de sa tête. Mais, surtout, surtout, ne pas laisser venir l’émotion.

Pas trop tôt, pas maintenant. La balle de match, c’est dans quelques minutes, dans quelques secondes.

Peut-être.

Car si la tête lâche, le bras lâchera aussi.

Rio.

Le dernier jeu des Jeux.

Le dernier jeu de JO.

La dernière balle.

La dernière balle des JO pour JO.

Il la gagne.

Non, s’il vous plaît, ne lisez pas cette dernière ligne aussi vite, comme s’il s’agissait d’une formalité.

Il la gagne.

Vous savez ce que cela veut dire: il la gagne?

Cela veut dire que le graal est atteint. Que le rêve est réalité.

Le temps s’arrête.

Les larmes coulent.

Deux hommes.

Dans les bras l’un de l’autre.

Joachim et Marc.

Dieu sait pourtant que cet Ardennais qui peut être bourru n’aime pas montrer ses sentiments. Mais c’en est trop.

Ils pleurent, les deux.

Marc et Joachim.

Des minutes durant.

Pendant lesquelles défilent toutes les images de leur duo.

J’ai les larmes aux yeux en les regardant. Je les ai encore en l’écrivant.

Marc et Joachim.

Le bronze. La médaille. La vie.

La récompense.

Pas ultime, magnifique.

Ils pleurent.

Marc et Joachim.

Joachim, l’homme debout.

Debout face aux obstacles de la vie. »

Pour suivre: le début des bilan individuels. 

 

 

 

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