Aux larmes, citoyens

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26/11/2017 - Lille - France - Davis Cup Final France vs Belgium - France win his 10th Davis Cup © IMAGELLAN

Des larmes.

Des yeux qui brillent.

De bonheur.

On est en Allemagne, en début d’année. Privés de leur pote David Goffin, Joris De Loore et Ruben Bemelmans battent les frères Zverev 6-3 au dernier set d’un match improbable dont l’issue était quasi vouée aux Allemands. La Belgique mène 2-1 lors de ce premier tour de Coupe Davis.

Des yeux humides.

De bonheur, de fierté.

On est en Allemagne, en début d’année. Privé de son pote David Goffin, Steve Darcis vient de qualifier la Belgique pour le deuxième tour de la Coupe Davis. Il a battu un certain Alexander Zverev en quatre sets. Oui, ce Zverev qui livrera une saison incroyable pour entrer dans le Top 3 mondial.

La Belgique, privée de David Goffin, est au deuxième tour de la Vieille Dame. Un exploit quasi sans précédent pour cette équipe dont certains se plaisaient à dire qu’elle ne battait jamais de grosses formations.

Des larmes.

De joie, de fierté.

On est à Bruxelles, en demi-finale. David Goffin vient de livrer un match exceptionnel face à un Nick Kyrgios qui avait pourtant servi le feu au premier set. Mais, déjà en route pour sa fin de saison exceptionnelle, le Liégeois a damé le pion à cet étonnant Australien qui se perdra das les méandres des diagonales tissées par son rival du jour.

Des larmes. De joie.

D’une équipe, d’un staff, de tout un pays tennistique.

On est à Bruxelles, toujours.

Steve Darcis, pour la deuxième fois en trois ans, propulse l’équipe belge en finale de la Coupe Davis. Une performance sidérante pour un pays comme le nôtre.

A Gand, dans l’incompréhension amusée de quasi tout son auditoire, Johan Van Herck avait promis de refaire le coup de 2015, rapidement, très rapidement.

Il a tenu parole.

Des larmes.

De tristesse, d’effondrement.

On est à Lille.

Samedi.

Ruben Bemelmans s’effondre à l’issue de son double qu’il a a livré avec son amis Joris. Il a servi à un set partout, 5 jeux à quatre.

A ce moment, les joueurs, le staff, le public, croyaient toucher le Saladier du bout des doigts.

La pression a été trop grande pour Ruben. Qui ne passera pas une première balle.

5-5 pour Gasquet et Herbert.

Et ensuite 2-1 pour la France car la paire belge, courageuse, volontaire, complémentaire, ne se remettra jamais de ce jeu de service perdu.

Des larmes.

D’acier.

On est à Lille, toujours, bien entendu.

Le finaliste du Masters poursuit sur sa lancée. Face à un Jo-Wilfried Tsonga époustouflant dans le premier set, le Liégeois ne s’en laissera pas conter. Il bombe le torse, perce son regard, accélère sa course, retourne comme un dieu et trouve, encore, toujours, des trajectoires inouïes de précision.

Comme Kyrgios deux mois plus tôt, Tsonga s’englue dans la toile habilement dessinée par son adversaire du jour. La puissance ne sert à rien face à la précision et la détermination. Et aussi l’intelligence tactique.

Des larmes d’acier coulent virtuellement sur les joues de David Goffin qui vient de mettre un terme à sa saison somptueuse.

Des larmes.

Encore et toujours.

On est à Lille.

C’est le dernier match.

Il n’a pas duré longtemps.

Le Gladiateur est pris à la gorge dès le début de la rencontre.

Très vite, il sait, on sait, tout le monde sait, qu’il ne pourra pas le faire.

Les jeux défilent.

Les regards sont tristes et désespérés.

Le capitaine harangue son banc, son joueur, le public.

Mais il n’y a pas de doute.

Le Saladier, poussé vers la frontière par David Goffin, ne la franchira pas.

Le Saladier va rester en France.

Steve le sait.

Darcis s’en veut.

Le Gladiateur souffre.

Ce match, c’était le match d’une vie.

Mister Coupe Davis mange, boit, respire pour son équipe nationale.

Il voulait tout donner.

Il a tout donné, mais ce n’était pas suffisant.

Il se bat de l’intérieur mais cela ne se voit pas de l’extérieur.

Des larmes, déjà, encore, coulent dans la tribune belge. Les femmes pleurent.

La maman de Steve pleure.

Le papa de Steve pleure.

La femme du capitaine pleure.

L’épouse du Gladiateur pleure.

Tout le staff ne peut cacher sa tristesse.

Il y a la défaite, bien entendu.

Mais ce n’est pas le pire. Loin de là.

Le tennis n’est que tu tennis.

Non, s’ils pleurent, si elles pleurent, c’est parce qu’ils savent, elles savent que Steve Darcis la voulait cette victoire.

Ils savent, elles savent que c’est injuste pour ce grand monsieur du tennis belge de n’avoir pas réussi à relever le défi.

Ils savent, elles savent, qu’il va s’en vouloir.

Des jours entiers, des mois entiers.

Alors, ils et elles pleurent.

Pour cet être si cher, cet homme si bon, si généreux.

Ce joueur de tennis si souvent blessé mais qui, toujours, se relève.

Ils pleurent.

Elles pleurent.

Et je pleure aussi.

Pas parce que l’on a perdu.

Non on a le droit de perdre.

Je pleure devant tant de tristesse.

Sur son banc, Steve a le regard vide.

Il souffre dans sa chair.

Il sait que, sans doute, cela n’arrivera plus.

Il sait, Steve, qu’il ne va pas en rajeunissant.

Il sait Steve, que le Saladier n’a jamais été aussi proche.

Alors, il s’en va.

Vers le vestiaire.

Dévasté.

Mais entouré des siens.

Qui le regardent s’éloigner, l’échine courbée, la tête basse, le corps meurtri.

Ils et elles pleurent.

Mais qu’ils et elles se disent que ce n’est que du tennis.

Que du tennis.

Du sport.

Rien que du sport.

Des larmes.

Encore, toujours.

Des larmes.

 

PS: je ferai une analyse plus tactique plus tard, bien plus tard.

 

10 COMMENTS

  1. Patrick,
    En dehors de ton analyse tennistique ultérieure, dont l’intérêt n’échappera à personne :-), il me semble important d’insister sur l’émotion positive et le rassemblement que ce type de campagne peut engendrer. Dans mon cas, je joue au tennis, pas assez souvent, c’est prendre des billets avec mes collègues-amis, initialement plus ou moins concernés par le tennis. On attend la date (contre la Grande Bretagne, on n’avait pas réussi à avoir des billets…), on commande, on part tôt, on va manger un bout ensemble, on choisit un super resto, des fois étoilé, on essaie d’arriver pour les hymnes… On n’est pas des acharnés, mais on veut être là, ensemble, avec les Belges, et les « Adversaires » (boire un coup et discuter avec les Australiens, c’est quelque chose, être avec les Italiens, à Charleroi, c’est aussi quelque chose). Regarder le tennis, ensemble, dans une ambiance positive et sportive. On va découvrir le tennis hongrois, à Liège en février 2018. Pas de problème, on va trouver un resto, et fêter ça… Et puis, à Lille, on a vu une équipe, et un coach, et un public formidables. Ça fait plusieurs années qu’on approuve cette ambiance. Le vendredi, après un très bon resto (Rouge Barre http://www.rougebarre.fr/, plein de Belges qui allaient à la Finale), on sentait la ferveur et la sportivité, même si le tennis me semblait dépassé par cette enceinte trop grande (on a eu de la chance avec nos places à 25€, mais ceux qui étaient tout en haut des tribunes de foot ne devaient rien voir…). Pour moi/nous, le résultat n’a aucune importance, ou presque (c’est ce que je défend, et je ne suis pas le seul, modestement lors de nos interclubs amateurs), la manière a été parfaite. Des choix ont été faits, a posteriori, les commentaires n’ont que peu de valeur. Ceux qui sont montés sur le terrain ont été irréprochables (ici, et avant), et ont parfois fait des choix contraires à leur carrière individuelle, si prégnante au tennis. On a assisté à l’éclosion, à la confirmation de David, d’un très grand champion, Steve a été le pilier de l’équipe, ce qu’il est depuis de nombreuses années (si jamais quelqu’un oublie l’exploit en Allemagne, ne pas oublier de lui rappeler…), nos joueurs de double ont quasi gagné contre Gasquet-Herbert (perso, j’y ai cru, alors que je n’y croyais pas, a priori, vous avez vu le niveau de Gasquet, qui est un magnifique joueur de tennis, depuis 15 ans) ? L’équipe rouge sur le banc fait plaisir à voir… Passer d’un sport individuel à un sport collectif, on y est arrivés. La Belgique a perdu. La France a gagné. Et alors ? On se voit en 2018…
    Et toi, Patrick, si tu veux bien, tu continues à nous amener des émotions, même si on n’est pas là, en direct. Ca sert à quoi le sport ? A amener de l’émotion 🙂 C’est mon point de vue…

    • Bienfaisant point de vue, merci !
      Oui, c’est toujours beau ce qui permet d’unir… au sein d’une nation, au sein de groupes d’amateurs et même entre supporters de différentes nations.

  2. Pour le possible intérêt de quelque fidèle lecteur, voici une copie de ma lettre à Johan Van Herck, postée grâce à Patrick sur sa page Facebook (merci, Patrick!)

    Cher Johan,

    Voici un message pour vous et toute l’équipe belge de Coupe Davis.

    Ce que j’ai tout d’abord envie de vous dire, c’est « Merci » !… Merci du fond du cœur… Lorsque nous chantons « Merci, Johan ! », ce n’est pas du tout pour la forme, c’est pleinement ressenti. Nous vous sommes profondément reconnaissants pour tout ce que vous donnez – et à travers vous, chaque membre de l’équipe et du staff – d’efforts, de professionnalisme, de talent, de persévérance, de solidarité, d’éthique, de chaleur humaine,… à ces rencontres de Coupe Davis.

    J’ai eu la chance cette année, avec le groupe des Belgian Tennis Fans, de vivre les quatre rencontres – contre l’Allemagne, l’Italie, l’Australie, la France… Que d’émotions, que de moments magiques, que de victoires improbables, quasi impossibles (mais « impossible is nothing  »), que de suspenses à couper au couteau, que de matchs dont l’issue est suspendue à quelques points, que de rires, que de joies, que de tensions, que de moments d’émerveillement, que de larmes aussi… Nous avons vécu plusieurs vies cette année avec la Coupe Davis !

    Tout cela a encore été amplifié à Lille, avec la tristesse au bout mais avec aussi une immense fierté.

    Comme c’est dur de perdre une finale… beaucoup plus dur encore que de perdre au premier tour ou en quart de finale… car on est si près, si près… et la victoire finale se dérobe… J’ai déjà entendu Roger Federer, après une défaite en quart de finale de Grand Chelem, déclarer avec un soupir qu’après tout c’était encore préférable que de perdre la finale et de devoir – horreur suprême – faire bonne figure pendant la cérémonie ! Votre équipe n’a pas été épargnée par cette épreuve… échouer au tout dernier échelon avant la victoire suprême et devoir voir l’autre équipe soulever le trophée… Mais c’est une épreuve qui n’est réservée qu’aux tout grands, à ceux qui ont conquis avec audace, vaillance et talent tous les obstacles menant jusque-là… Bien peu d’équipes peuvent se vanter d’être arrivées en finale de la Coupe Davis et encore moins deux fois en trois ans… Votre chagrin est la rançon de vos exploits de cette année…

    Et notre chagrin de supporters est la rançon de notre affection pour votre équipe et chacun de ses membres. Je vous ai entendu dire que vous souhaitiez un jour « nous offrir la Coupe » mais, cher Johan, elle n’est pas pour les supporters, cette coupe…vous ne nous devez rien… !!! La Coupe que vous gagnerez un jour vous procurera une joie intense et nous partagerons cette joie mais nous ne vous soutenons pas dans l’espoir de vous voir un jour soulever cette coupe… Nous vous soutenons parce que nous aimons le tennis, nous aimons l’équipe de tennis belge, nous aimons le sens de la fête pendant ces rencontres et nous souhaitons apporter notre minime contribution de supporters à tous les efforts que vous déployez sur le terrain et en dehors du terrain… quel que soit le résultat…

    Nous avons cette chance actuellement en Belgique d’avoir de tout grands Messieurs qui donnent tout pour cette belle équipe… notre David, de classe mondiale, avec sa tranquille assurance que rien ne semble plus pouvoir freiner, notre Steve, un Mister Coupe Davis hors norme, qui nous sort si souvent des matchs d’extra-terrestre, qui va au-delà de ses forces, des limitations physiques, de son talent pour aller décrocher l’impossible, qui donne à chaque match tout ce qu’il peut donner, nos Ruben et Joris, qui trouvent cette alchimie qui préside aux meilleures équipes de double et qui tiennent miraculeusement tête aux plus grands spécialistes, tout en développant l’assurance de jouer calmement tous les gros points, … notre relève qui fourbit ses armes dans l’antichambre – Arthur, Kimmer, Christophe, Germain, Sander, Joran, Zizou, bien d’autres… -, notre Johan, le capitaine que tout joueur rêve d’avoir, concentré avec son œil d’aigle sur l’objectif final, attentif au moindre détail qui y mène, soutien, mentor, inspirateur incomparable pour chacun de ses joueurs… notre staff exceptionnel au service de chacun et de l’équipe…Et chacun d’entre vous restant prêt à continuer à se remettre en question, à s’améliorer, à se renforcer, à donner plus encore… Quelle équipe !!! Comme la Belgique a de la chance, comme notre pays peut être fier !!!

    Votre grandeur, en cette fin d’année, à la fin de cet extraordinaire weekend à Lille, vous avez dû la manifester dans la défaite… et, avec quelle grâce, quelle dignité, quel stoïcisme, quelle humilité, quelle honnêteté, quelle générosité… Vraiment, lorsqu’une équipe peut démontrer ces qualités de cœur et d’authenticité dans la défaite, elle a gagné tous ses galons pour pouvoir un jour triomphalement soulever la Coupe de la victoire sans risquer d’y perdre son âme…

    Cela nous rappelle bien sûr les sages paroles à l’entrée du court central de Wimbledon : « If you can meet with triumph and disaster and treat those two impostors just the same »… Cela me rappelle aussi le parcours émouvant à Wimbledon de Jana Novotna – qui nous a quittés hélas récemment. Après une première finale perdue en 1993, alors qu’elle avait été si proche de l’emporter, puis une deuxième finale perdue, elle s’est enfin imposée lors de sa troisième finale en 1998 – comme quoi c’est souvent la troisième fois qui est la bonne  !

    Si jamais l’équipe a encore un peu le blues la prochaine fois que vous vous retrouvez, je me permets de vous suggérer de regarder l’émouvante vidéo montrant en raccourci le parcours de Jana du désespoir à la délivrance à travers quelques images des cérémonies de Wimbledon de 1993 et 1998 :

    https://www.youtube.com/watch?v=b7EBio9jAm8

    Je veux espérer qu’aucun d’entre vous, dans l’équipe ou le staff, n’a de regret ou ne s’en veut… car on ne peut s’en vouloir lorsque l’on a tout donné, tout son talent, toute son énergie, tous ses efforts, toute sa foi, tout son découragement, tout son engagement, toute sa lucidité, tout son enthousiasme, toutes ses larmes, toute sa voix, toute sa détermination pour le présent et pour le futur… On peut juste être triste bien sûr… et puis, le plus vite possible, dépasser la tristesse pour retrouver la fierté de l’extraordinaire parcours accompli et la confiance dans les prouesses à venir.

    Et, nous, supporters, sommes des témoins privilégiés… nous savons que vous avez tous tout donné… Nous avons été tristes avec vous et fiers à la fois… Aujourd’hui déjà, nous ne sommes plus tristes, seulement immensément fiers de vous et aussi enthousiastes et confiants pour les prochaines saisons… Et nous sommes pleins de gratitude de pouvoir vivre avec vous ces rencontres intenses et ces grands moments de tennis et de belgitude.

    Nous vous remercions aussi des attentions et de la gentillesse que vous avez toujours pour vos supporters.

    Merci, Johan, merci. Merci, équipe belge, merci. Merci, membres du staff, merci.

    Avec tendresse, admiration et gratitude,

    Eva

  3. La désolation. On déteste ça.
    Il y a un travail à faire pour comprendre comment et pourquoi l’équipe belge s’est enfoncée dans l’éloignement de son objectif qui était de ramener le Saladier  à la maison.
    Steve, tu n’as pas à prendre sur toi le fait que La Coupe est restée en France.

    Après la victoire de David sur Federer, Yves Simon, journaliste sportif au Soir, n’a pas hésité le jour suivant à écrire un papier qui avait pour titre « Pardon, David » : « On ne te voyait pas déplacer cette énorme montagne à Londres. Tu l’as fait en ‪1h45‬… C’est vraiment un plaisir, aujourd’hui de te demander pardon.

    On aurait aussi aimé  voir écrire le même papier à ton sujet : « Pardon Steve ». On a entendu à la place des tas de : « Il ne méritait pas ça « . Mais qu’ont-ils fait ? Qu’avons-nous fait? Tout le monde avait vu vendredi que ce n’ était pas le Steve de d’habitude. La LLB écrivait : «  Steve n’a pas revêtu son costume d’apparat ».
    Encore le soir du vendredi, la presse suisse croyait que nous allions l’imiter en prenant le même chemin qu’elle, il y a trois ans; la presse anglaise, pareil, le même parcours que son équipe à Gand.
    Le coach fédéral savait, David savait que ç’était t’amener dans une impasse que de te faire jouer le 5ème Match et, logiquement, David propose de t’emmener avec lui. Nous sommes plusieurs à soutenir cette perspective.
    Et, puis les choses s’enchainent : Van Cleemput dit ne pas souhaiter voir son joueur jouer le double et vouloir se ranger derrière l’avis du coach qui déclare vouloir choisir la paire la plus forte. Et il tranche en faveur de Ruben et Joris. Ce choix a eu pour conséquence de t’envoyer dans le mur.

    Pardon, Steve.
    Notre team a préféré aligner tout le monde quelle que soit son état de forme ou la spirale dans laquelle il se trouvait en perdant de vue que l’objectif était de gagner la coupe Davis. Ce fut une décision prise à l’image de ce qui se fait dans tous les clubs sportifs de nos provinces tous les week-ends, à savoir aligner tout le monde. Ce qui est bien le job du sport amateur. Steve, tu as été victime de cette idéologie de l’Equipe à tout prix qui confond moyen et objectif. Tu en paies le prix fort parce que quoi qu’en dise l’adage, l’important n’était pas de participer même de la plus belle des manières mais de gagner.

    Pardon, Steve.
    On aurait pu croire qu’au sortir d’une telle déception, il y aurait eu un peu de retenue.
    À la question de la LLB posée au président de la fédération francophone de tennis, à savoir: « En finale, Van Herck aurait pu ou dû aligner David Goffin en double. A-t-il manqué de cran ? »
    André Stein conclut … «Tout le monde voit l’apport de Van Herck et en est content ».
    Dans le même ordre d’idée et de logique, Van Herck enfonce le clou : « Si on devait recommencer la rencontre, je ne changerais strictement rien aux choix que j’ai opérés ».

    Pardon , Steve.
    Le team Belgique n’a pas su reconnaître l’élégance et la volonté de David qui désirait t’emporter avec lui dans cette finale. Ce sont des motivations obscures qui ont guidé le choix du double qui ne te concernent pas, ni David. Tu n’as pas été respecté. Et, donc, tu n’as pas à prendre la tache sur toi.
    Sébastien Grosjean, ancien 4ème mondial, a déclaré ne pas comprendre pourquoi la Belgique s’est privée , dans le double, des services du 7ième mondial. Nous, non plus.

    L’équipe de France fait ses choix stratégiques en amont, les choses sont claires avant de démarrer. Ici, on a eu l’impression que c’était la politique du match après match. En France, Noah décide des orientations en s’entourant des avis de Loïc Courteau et de Cédric Pioline. Ici, faute d’entourage à haut niveau, c’est toi et David qui aviez le plus d’expertise dans le team pour ce qui est des finales. Bien sûr, notre équipe a d’excellents médecin, kinésithérapeute, entraîneur, ostéopathe, accordeur. Mais personne, à part toi et David, n’avait fréquenté les hauts plateaux des finales, en tant que joueur et savait ce que cela signifie.

    Paradoxalement, te voilà, au moment où tu es le plus déforcé, en position de force pour la suite pour faire comprendre que si une équipe en coupe Davis doit perdurer, elle doit se faire autour de David, et avec toi dans une autre position que le joueur de simple devant gagner le 5ème match. Cette pression-là, c’est terminé. Étant donné ton engagement dans le cadre de cette compétition, tu es bien placé et tu as la légitimité pour faire entendre que c’est la seule manière de ramener le Saladier à la maison. Mais pour cela, il faut mettre un frein à l’idéologie de L’équipe à tout prix : « on gagne ensemble, on perd ensemble ». Si les cadres belges veulent être en accord avec leurs paroles (« Steve ne méritait pas ça ») alors ils doivent pouvoir changer de point de vue et en revenir à des choix guidés par la raison.

    Et, encore merci pour tout et aux tiens.

  4. Merci, cher Patrick, il n’y a que vous pour trouver si bien les mots de la tristesse, de la fierté, et de l’amour et la gratitude que nous éprouvons pour chaque membre de l’équipe belge de Coupe Davis et pour son capitaine…

    Ils ont chacun donné tout ce qu’ils avaient et Johan a eu la classe de regretter de ne pas avoir pu « offrir » la Coupe aux supporters… comme s’ils nous devaient quelque chose!… C’est pour eux, pour leur joie, que nous la souhaitions! C’est pour eux que nous continuerons à les soutenir partout et toujours… Quel que soit le résultat, on est là! 🙂

    Puissent les familles, les proches, la vie adoucir l’amertume… Puissent les vacances offrir un lavage de cerveau… Puissent la confiance et l’insouciance rejaillir… et réémerger les raisons d’être immensément fiers.

    Merci de ce bel article, Patrick. Et merci de votre belle présence à Lille.

  5. Aucun regret. Même pas le moindre.
    Notre équipe belge a tout donné. TOUT DONNE.
    Bravo à David, notre orfèvre-miroitier. De par son talent, son infime précision, il est monté sur le court en véritable patron. Il a assaini ses coups face à Pouille … mais surtout face à Tsonga. David était une vitre d’1m80 sur 8m23, sans rien laisser passer, sans faire miroiter l’ombre d’un espoir dans la tête des français, sans rien laisser paraître sur son visage malgré son épuisement après cette incroyable année 2017.
    Bravo à Steve, parce que notre gladiateur a tout donné. Sur papier, la tâche s’annonçait compliquée, mais la finale est là : au diable le classements ATP. Steve avait toutes ses chances parce qu’il est notre coupeur de tête. Dans son arène, le public belge dicte et l’homme exécute. La pression sur ses épaules, il y est allé. Il s’est battu. Aucun regret. Vraiment aucun. Sans lui, nous aurions même eu la chance d’aller jusqu’en finale : ne l’oublions pas. Merci Steve de te battre, de nous offrir ta rage de vaincre sur le terrain. C’était un jour compliqué ce dimanche. Qu’importe, tout ce que tu nous a montré cette année (tant en Coupe Davis que lors des tournois ATP), ta belle remontée dans le classement, … Quel mental d’acier !
    Bravo à notre paire de double Bemelmans/De Loore, qui eux aussi étaient aucunement les favoris … et pourtant ils ont fait plus que semer le doute dans la tête des français. Le second set en poche, le troisième presque acquis : vous nous avez déjà démontré que cette compétition efface tout classement. Votre rage de vaincre et votre patriotisme seuls comptaient. Merci de nous avoir offert ces moments de suspense. Nous avons une paire de double ! Encore faut-il que leur calendrier respectif puisse leur permettre de jouer plus de tournois ensemble. Mais nous l’avons cette paire !
    Bravo à notre capitaine Johan Van Erck, qui a fait son boulot. Il a toujours trouvé les mots justes pour ses joueurs, les encourageaient sur le terrain sur CHAQUE POINT. La justesse de ses choix durant tout le week-end. Il mérite lui aussi un énorme bravo.
    Alors, alors, …
    Certes, nous n’avons pas gagné. Nous ne repartons pas avec le Saladier d’argent …
    Mais, j’estime que d’une certaine manière … nous l’avons gagné pour ceci :

    Le jusqu’au-boutisme, la rage de vaincre et la détermination de nos joueurs,
    Leur courage de monter sur le terrain et de tenir tête aux favoris,
    Le talent, l’impassibilité de notre leader sur le court,
    La sportivité et le fair-play du public belge (contrairement à l’adversaire …),
    Le boulot du capitaine sur le banc,
    L’équipe belge qui fait bloc, aucune individualité dans ce noyau belge,

    Bref : 0 % de déception. 100 % de fierté. Respect.
    Merci les gars pour cette belle année !

  6. Ca ne va sans doute pas consoler Steve Darcis, mais il doit se dire qu’il est rare pour un joueur si mal classé de briller en finale de la Coupe Davis.
    Selon les statistiques, 158 joueurs ont disputé au moins un simple en finale de la Coupe Davis depuis la création du Groupe Mondial en 1981. Parmi eux, 19 seulement (moins de 1 sur 8 !) n’étaient pas classés dans le Top 50.
    Ces 19 joueurs ont disputé 22 matchs de simple (puisque comme Steve, certains ont pu jouer 2 fois). 18 se sont soldés par des défaites dont 13 en trois sets.

    Les 4 qui ont gagné ne sont pas des inconnus :
    – Carl-Uwe Steeb, 74e en 1988 (mais futur 14e mondial) lorsqu’il bat le n°1 mondial Mats Wilander en 5 sets
    – Henri Leconte, 159e en 1991 (mais ancien n°5 qui avait chuté en raison d’une blessure) lorsqu’il bat le jeune Pete Sampras en 3 sets.
    – Magnus Norman, 52e en 1998 (mais futur n°2) qui bat Andrea Gaudenzi sur abandon à 6/6 au 5e set
    – Rafael Nadal, 51e en 2004 alors qu’il n’avait que 18 ans. Il bat le n°2 Andy Roddick en 4 sets.

    • Fred, tu mets en chiffres exactement ce que j’avais comme impression. Certes c’est dur de perdre en finale et on rêve tous d’un exploit. Mais une victoire aurait tenu quand même d’une énorme surprise, comme le suggèrent ces statistiques si éloquentes. Il n’y a pas de honte pour Steve d’avoir perdu contre 2 top 20. C’étaient des tops 20 ne l’oublions pas, qui plus est sur une surface et un environnement qui leur étaient favorables. Nous avons été battus par l’énorme réservoir français de bons joueurs. Nous avions le meilleur joueur de la finale, mais ils avaient tellement d’options. Cette caractéristique fait qu’ils méritent de gagner. C’était une très belle finale et nous pouvons repartir la tête haute, on a vendu notre peau très chèrement et on a fait clairement douter les français. Mais gagner aurait été un très grand exploit.

  7. Pour moi ce n’est pas uniquement de la faute de Steve si on a perdu la finale, il y avait aussi un double qui pouvait s’annoncer crucial en 3ème match et, si les nerfs de Ruben ne l’avaient pas trahi je pense que nous aurions pu remporter ce point, les français n’étaient pas à la fête dans ce double mais les erreurs de Ruben leur ont permis de revenir et de remporter le point de la rencontre. Il faut aussi féliciter Joris parce qu’il a vraiment très bien joué dans ce match, il a remporté des jeux blancs, ce qui a tout de même permis à la Belgique d’avoir des jeux dans tous les sets… Alors il ne faut pas rejeter toute la faute uniquement sur les épaules de Steve parce que c’est oublier tout ce qu’il a fait pour la Coupe et pour la Belgique, 5 matchs qui ont permis à la Belgique d’atteindre la finale, il fallait les faire, la victoire acquise en Allemagne, sans David comme fer de lance, c’est Steve qui l’a obtenue… Alors moi je dis « Chapeau Messieurs » pour tout ce qu’ils ont fait cette saison…

  8. Je pleure, je pleure en lisant un billet aussi émouvant.
    Et avec le recul d’une nuit, je dis également merci. Merci Steve! Merci à toute l’équipe, joueurs et staff! Merci pour votre engagement et les rêves que vous nous procurez depuis quelques années.
    Et déjà, je regarde vers l’avant, et le plaisir de vous revoir bientôt contre la Hongrie.
    Portez vous tous bien!

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